Le temps de la sorcière, d’Arni Thorarinsson ***

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La vie est difficile quand on est alcoolique “en pause” et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l’Islande. Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l’arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît…
Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l’ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrenée par la corruption, le drogue, et la “politique des cousins”. Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.
Un roman noir plein d’humour, de vivacité et de suspense.

Pas une histoire extraordinaire – le monde de la drogue, etc. – mais une ambiance et des personnages intéressants et attachants. Un “détective-journaliste” un peu loufoque, qui vit avec une perruche, un ancien rédacteur en chef placardés, une photographe stagiaire amoureuse, et “au milieu de nulle part ” qu’on sent désertique, sombre et très froid. On ajoute un zeste de suspense, et on a une bonne lecture. Pas de quoi mériter quatre étoiles quand même.

Emprunté à la BDP de l’Hérault