L’étrange disparition d’Esme Lennox, de Maggie O’Farrell **

EsmeLennox

Entre l’Inde et l’Écosse, des années 1930 à nos jours, l’histoire déchirante d’une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens. Un roman d’une beauté troublante, où s’entremêlent des voix aussi profondes qu’élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l’amour à la trahison. 
À Édimbourg, l’asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d’enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n’avait jamais entendu parler d’elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ? 
Toutes ces années, les mêmes souvenirs ont hanté Esme : la douceur de son enfance en Inde, le choc de son arrivée en Écosse, le froid, les règles de la haute bourgeoisie et, soudain, l’exclusion… Comment sa propre soeur, Kitty, a-t-elle pu cacher son existence à ses proches ? Et pourquoi Iris se reconnaît-elle tant dans Esme ? 
Peu à peu, de paroles confuses en pensées refoulées, vont ressurgir les terribles drames d’une vie volée…

Deuxième roman de Maggie O’Farrell et deuxième déception. En fait, c’est une superbe histoire, gâchée par le style déplorable de l’auteur qui saute d’une narratrice à l’autre, d’un espace dans le temps à un autre, le tout sans même une marque de chapitre ou tout autre signe, et vous laisse toujours plusieurs lignes comme un suspend avant de vous donner de quoi entrevoir qu’on a sans doute changé d’époque et/ou de narratrice. C’est exaspérant. Comme dans l’autre roman lu récemment, si l’histoire se passe en Ecosse elle aurait tout aussi bien pu se passer à Madrid ou à Paris. L’histoire, du moins le fond, est pourtant extraordinaire. C’est l’histoire de la toute puissance des pères de la petite bourgeoisie universelle au début du XXème siècle. De connivence avec le médecin de famille, ils pouvaient d’un simple geste décider de l’internement à vie d’un parent dérangeant. Esme ne veut pas se plier au carcan des convenances de ces petites gens qui se croient si grands, et elle en est cruellement punie.  Il est vrai qu’elle va pousser l’inconvenance jusqu’a se faire violer et en tomber enceinte. C’est donc bien une criminelle, n’est-ce pas? Sa famille la condamne à une mort légale, la perte de son enfant, l’enfermement à vie. Invraisemblable? Pas vraiment. Une histoire formidable, dont un bon écrivain aurait tiré un grand roman. Qu’on ne me propose plus de lire un Maggie O’Farrell.

 

Emprunté à la médiathèque de Lunel

Cette main qui a pris la mienne, de Maggie O’Farrell *

O'Farrell

Récompensé par le très prestigieux Costa Book Award, un somptueux roman, bouleversant et sensible, où s’entremêlent des voix aussi émouvantes que troublantes pour évoquer les relations maternelles, la force des liens du sang et le pouvoir destructeur des non-dits.

J’arrête-là ma copie du texte de la quatrième de couverture. J’ai failli m’arrêter tout court, après les 50 premières pages du livre. C’est mal écrit, sans contexte (ça portait aussi bien se passer sur la lune), les personnages sont totalement inintéressants, et il ne se passe rien. Bref, c’est pas émouvant du tout, c’est seulement nul.

Dans le goût des livres j’avais lu: “L’histoire démarre lentement (euphémisme !), le style est toujours fluide et agréable, il ne se passe pas grand chose (tiens donc!), et puis insensiblement les liens se devinent, une vérité se fait jour peu à peu, avec de fausses pistes et le récit s’enrichit, s’étoffe, jusqu’à devenir plein de tensions et d’émotions. Des personnages à l’apparence lisse ou monolithique révèlent toutes leurs facettes et la profondeur de leurs abîmes.

Juste un regret. L’auteur annonce trop tôt des évènements que j’aurais préféré ignorer. J’ai ressenti le même déplaisir qu’en lisant une quatrième de couverture trop bavarde. Mais rassurez-vous, pas de quoi gâcher une belle lecture. Le roman vaut mieux que sa couverture et son titre.”

A peine.

Emprunté à la bibliothèque de Saussines