Les gens heureux… **

gensheureux
Les gens heureux lisent et boivent du café, de Agnès Martin-Lugand, Lafon (2013).

Bon, comme le titre de ce blog a été inspiré par un petit livre, je commence par celui-ci.  Nouvellement arrivé dans ma bibliothèque, qui l’a sans doute acheté 15 euros pour être fait de papier et édité chez Lafon au lieu d’être électronique et vendu 3 euros par Amazon, je me suis laissé attirer par la 4ème de couv. “Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier (…) J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.” Attiré aussi par le fait que le livre a connu son succès par le bouche à oreille façon internet avant de bien marcher en version papier, j’ai bien aimé le démarrage et ses promesses.
Malheureusement à peine l’héroïne a-t-elle mis les pieds en Irlande terre d’exil que le bouquin tourne à la caricature. La veuve inconsolable qui ne lavait plus ses draps depuis un an parce qu’ils exhalaient encore l’odeur masculine de feu son mari (tu parles!) tombe soudainement amoureuse de l’ours tête à claque irlandais son voisin et réciproquement. Ce beau célibataire a une ex improbable qui surgit au moment où on va enfin se régaler de quelques lignes coquines après un wagon de pages où on s’ennuyait gentiment, entre promenade du chien sur la plage et cuites au pub de l’endroit. On se fâche, on s’aime encore, et quand on croit que tout est réglé, la belle se touche le front et joue l’effarouchée “ah non je n’peux pas encore, oublie-moi”… Le moins qu’on puisse dire est que tout ça manque de finesse et de crédibilité. Je ne parle pas de l’Irlande puisque l’auteur n’en écrit pas un mot, en dehors de quelques clichés du style les mecs, c’est tous des rugbymen qui boivent de la bière brune dès le petit déjeuner. Bref, c’est raté. Reste le titre. Qui me plait toujours.