Buried Angels, de Camilla Lackberg *

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La dernière fois, j’écrivais: “Too much? C’est compliqué à souhait, un zeste de suspense, des personnages sympathiques et des vilains un peu caricaturaux… justement, ces vilains !… Il semble que tous les vilains suédois (voire scandinaves) se soient concentrés en un seul point de la carte: Fjällbacka. Mme Läckberg exagère. Et pas seulement sur les vilains. Aussi sur les difficultés de ses personnages préférés dans leur vie de tous les jours. Bref, je commence à trouver que toute cette prose manque un peu trop de réalisme.”

Et comme je comprends vite, mais en prenant mon temps, je viens d’en lire un autre! La vérité, c’est que c’est ma très chère qui l’avait acheté, un jour en attendant son train. STOP ! Il faut que j’arrête de lire cette auteure. Vous avez déjà lu un Läckberg? Alors, vous avez TOUS lus! Le même bla-bla-bla autour des personnages, une gangue dans laquelle on se demande si on finira par trouver une intrigue, la concentration de tous les maux de la terre à Fjällbacka, 800 habitants… imaginez un peu ce que cette femme aurait écrit si elle était née à Saussines (34160) avec ses 1000 habitants ! On ne sait pas si c’est les longues nuits d’hiver, mais ils sont presque tous fous, dans ce bled. Et ceux qui ne le sont pas ont de graves problèmes familiaux. Une caricature !

Le tailleur de pierre, de Camilla Läckberg **

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“La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l’avoir esquintée. Il jeta un coup d’oeil par-dessus bord mais ce qu’il vit n’était pas le casier. C’était une main blanche qui fendit la surface agitée de l’eau et sembla montrer le ciel l’espace d’un instant.
Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs…” Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une pe tite fille ?
Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tran quilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

Too much? C’est compliqué à souhait, un zeste de suspense, des personnages sympathiques et des vilains un peu caricaturaux… justement, ces vilains !… Il semble que tous les vilains suédois (voire scandinaves) se soient concentrés en un seul point de la carte: Fjällbacka. Mme Läckberg exagère. Et pas seulement sur les vilains. Aussi sur les difficultés de ses personnages préférés dans leur vie de tous les jours. Bref, je commence à trouver que toute cette prose manque un peu trop de réalisme.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

L’oiseau de mauvais augure, de Camilla Läckberg ***

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L’inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun.
La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s’empare de l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge…

Comme prévu je n’ai pas tardé à “retomber” dans un livre de Camilla Läckberg. Encore un bon policier, bien construit, bien compliqué, et palpitant jusqu’à la fin.

Emprunté à la bibliothèque de Saussines

Le gardien de phare, de Camilla Läckberg ****

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Le Gardien de Phare, de Camilla Läckberg, Actes Sud (2013)

Le livre publié en 2009 est sorti en français l’an dernier, chez Actes Sud. Pour ceux qui lisent en anglais, ce que je viens de faire, le titre n’a rien à voir (comme souvent): The Lost Boy a été publié chez Harper, également en 2013. Le gardien de phare est le septième roman de la jeune suédoise. Bien noir. Bien froid. Bien fait.

Un soir d’été, une jeune femme saute dans sa voiture. Nathalie a du sang sur les mains. Elle emmène avec elle son petit garçon de 5 ans, Sam, pour aller dans son “refuge”, la maisonnette du gardien de phare et seule construction de l’ile de Gråskär, aussi appelée l’île aux fantômes. Une petite île à quelques encablures de Fjällbacka, le village ou est née Camilla Läckberg, sur la côte ouest de la Suède. Son héros, le détective Patrick Hedström, est chargé d’enquêter sur la mort d’un homme bien mystérieux, Mats, ami d’enfance de Nathalie. Celui-ci a longtemps travaillé pour une organisation venant en aide aux femmes battues, appelée Le Refuge. Jusqu’à ce qu’il arrête brusquement, pour retourner à Fjällbacka, village de son enfance, où il s’implique dans la rénovation d’un grand hôtel de la petite station balnéaire. Jusqu’à l’agression, dans son appartement.

Qui croit encore aux fantômes? Et pourtant ils sont bien présents, sur l’ile de Gråskär. Le refuge est au coeur de l’histoire, et on découvre que Nathalie est une parmi trois femmes battues dont les destins se croisent, l’une d’entre elles ayant vécu sur la même ile, deux siècles plus tôt. On sent le vent, le brouillard, l’iode et le froid. Le seul petit défaut, à mon goût, est la légèreté du contexte. On effleure à peine le travail de cette organisation qui s’occupe d’une trentaine de femmes chaque année. Que font-ils exactement pour les aider à sortir la tête de l’eau et apprendre à nager, seules, dans un monde qui les a abandonnées? Sinon… je me suis encore couché bien tard, incapable de m’arrêter avant de connaître la fin de l’histoire, que je ne vous raconterai pas.

On n’a pas fini de lire des livres de Camilla Läckberg.