A dangerous fortune, de Ken Follett ****

la-marque-de-windfield-432817

L’auteur du Code Rebecca et de l’inoubliable fresque des Piliers de la Terre nous emmène ici, avec sa prodigieuse science de l’intrigue, au cœur de l’Angleterre victorienne.
En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d’Edward, riche héritier d’une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d’un richissime Sud-Américain.
Autour d’eux, des dizaines d’autres figures s’agitent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité…

Ken Follett est un remarquable conteur. Dès le premier chapitre on est scotché par les personnages, l’ambiance, l’intrigue compliquée, le contexte historique. C’est peu Dallas dans la city à la fin du XIXème siècle – pas étonnant que nombre de textes de Follett aient inspiré les cinéastes – avec toute une séries de rebondissements, jusqu’à la fin tragique des vilains et la fin heureuse espérée pour les gentils de l’histoire. Bref, s’il n’y avait que la petite histoire je n’aurais pas mis plus de trois étoiles, mais il y a aussi la manière, le savoir-faire qui scotchent, et le bon moment passé justifie amplement la quatrième (étoile).

Titre français: la marque de Windfield (Laffont, 1994)

lu en anglais comme Kindle ebook

Aux portes de l’éternité (Le siècle, tome3), de Ken Follett *****

KFollett

J’ai osé. J’ai mis cinq étoiles. Je ne connais pas un autre livre qui m’ait autant captivé et qui, après 1200 pages (sans compter les deux premiers tomes, de taille presque équivalente), ait été en plus capable de m’arracher une larme. Je ne connais pas un autre livre – dites-moi vite si vous en connaissez un – capable de faire aimer l’histoire, l’histoire de nos grands parents, de nos parents, notre histoire, comme aucun livre d’histoire écrit par un grand historien ne saura jamais le faire (et j’en ai lu beaucoup). Il faut le faire lire. A tout le monde. Aux jeunes. C’est un roman. Et c’est une belle histoire. Il commence en 1911 (avec le premier tome). Il s’achève avec la chute du mur de Berlin, il y a tout juste 25 ans. Un petit épilogue lors de l’investiture de Barak Obama a été ajouté, mais l’histoire culmine (avec ma larme) et s’achève lorsqu’une famille allemande, déchirée par l’histoire, se retrouve, au soir du 9 novembre 1989.

Les esprits grincheux diront que c’est du roman, ajoutant peut-être que les gentils et les méchants ressemblent un peu aux caricatures de gentils et de méchants des dessins animés. Les personnages de Ken Follett ne sont pas Mr ou Mme tout-le-monde, mais des acteurs de cette histoire. Ces personnages, même s’ils n’ont que des rôles secondaires dans la grande histoire, constitue un échantillon qui éclaire merveilleusement bien la vie et la politique des époques traversées, de quelque côté qu’on se trouve. Sans concession. Les horreurs de la pseudo-démocratie américaine et des paradis communistes s’équilibrent assez bien dans ce 3ème et dernier tome, entre autres choses. Et on ne peut que mesurer la chance que l’on a d’être né ici, après tout ça. Une lecture sans doute bien plus efficace qu’une commémoration devant un monument aux morts un 11 novembre. Un formidable bouquin.

Ken Follett est gallois. Pendant très longtemps il n’a écrit que des thrillers et des romans d’espionnage. Et puis il a osé “les piliers de la terre” et “un monde sans fin”, ses deux premiers romans historiques qui ont connu un énorme succès, avec plus de 20 millions d’exemplaires vendus. Avec son histoire du siècle, il s’est encore bonifié !