La délicatesse, de David Foenkinos ****

la délicatesse

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… – Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. » La délicatesse a obtenu dix prix littéraires et a été traduit dans plus de quinze langues.

Encore une (toute) petite histoire d’amour – banale diront les grincheux – pas de quoi en faire un film (dommage pour Audrey Tautou) – superbement bien écrite. 200 pages qui se lisent donc très vite. J’oublierai sans doute très vite aussi les personnages, mais l’écriture de Foenkinos… si elle ne lui a pas valu le Goncourt ce midi, encourage surement à lire d’autres de ses romans, dont Charlotte, le prix Renaulot (de consolation).

Emprunté à la médiathèque du Pays de Lunel

Je vais mieux, de David Foenkinos ***

je-vais-mieux-foenkinos

Les goûts et les couleurs… Bénévole à la médiathèque du village, j’échange souvent mes impressions de lecture avec mes collègues. Pour constater l’évidence : nous ne partageons que rarement la même opinion sur le même livre. Sauf s’il est vraiment mauvais. Et encore. Donc… prendre la recommandation d’une charmante nièce dont je ne connais pas les goûts en matière de lecture était prendre un risque certain. J’ai suivi le conseil – « très bon livre ! » – de son mur (Facebook of course) et regardé sur le site de notre réseau-médiathèque pour trouver que ce roman était disponible à Lunel. Aussitôt réservé. Aussitôt reçu. Aussitôt lu. Pas déçu.

Foenkinos, ce n’est pas de la grande littérature. Personnage ordinaire. Menant une petite vie ordinaire. Avec un problème ordinaire, « c’est à la mode » : il a mal au dos ! De là à en faire un roman… on sort de l’ordinaire. Bien sûr on commence par le tour des « spécialistes » des médecines officielles ou non, puis le narrateur se laisse convaincre du prévisible « vous n’avez rien ». Il finit donc, peu à peu, par comprendre que son mal est la somme (et la somatisation) de tous les « nœuds » de sa vie ordinaire. Et il commencera à les dénouer, l’un après l’autre, dans la deuxième partie du livre, pour faire disparaître son mal de dos et réapparaitre son bonheur de vivre.

C’est sans prétention. Avec pas mal de pointes d’humour-dérision – les petits travers de ces messieurs. Et une bonne dose d’imagination aussi. Une bonne lecture. Et une bonne recommandation. Merci.

Emprunté à la Médiathèque de Lunel