Alma, de Manuel Alegre ***

Alma

Les souvenirs d’enfance. Les odeurs, les voix, les émotions d’un temps ou le temps n’a pas de fin et où l’important est présent dans les plus petites choses. Ils sont là pour toujours, comme des cicatrices de l’âme, comme des principes qui guident nos premiers pas dans la vie. La nostalgie des endroits magiques de l’enfance. D’Alma, la ville enchantée ou coexistent la tradition et la subversion, la mélancolie et l’audace, les croyances, l’idéologie et le football… A travers la voix audacieuse de l’enfant qui n’a jamais peur de se dénoncer nous parvient l’écho d’un Portugal divisé entre République et Monarchie, un pays qui était, à l’époque, le monde d’un enfant plein d’espoir et d’attention. Toute sa vie est née d’Alma. (traduction très approximative de la quatrième de couverture)

Pas de traduction française, malheureusement, pour l’oeuvre de Manuel Alegre. Mobilisé et envoyé en Angola, il prend part à une révolte interne des forces armées portugaise et passe six mois en prison à Luanda, où il commence à écrire des poèmes. Opposant à la dictature de Salazar, il travaille pour une radio en exil, depuis l’Algérie et revient au Portugal après le printemps des oeillets, en 1974. Manuel Alegre passera son temps entre écriture et politique. Député de gauche au parlement, il sera deux fois candidat à l’élection présidentielle, en 2006 et en 2011, où il est second avec près de 20% des voix.

Certains de ses poèmes ont été chanté par Amalia Rodriguez. Alma, l’un de ses nombreux ouvrages en prose, raconte une enfance haute en couleurs, dans les années 1940, ponctuée par les matchs de foot d’une médiocre équipe locale, les passions politiques des adultes, l’éveil de tous les sens, et les inondations. C’est écrit avec humour. Et c’est peut-être parce qu’il est bien difficile de traduire odeurs, couleurs, poésie et humour mélangés que ce beau petit livre ne peut encore être lu qu’en portugais.

Prêté par une amie brésilienne. 1000 mercis.