La cour des secrets, de Tana French ***

la-cour-des-secretsJe ne connaissais pas encore Tana French, présentée comme “la star du polar irlandais”. La cour des secrets (The secret Place) est son cinquième roman. J’ai aimé. C’est le polar bien construit, une intrigue assez compliquée mais crédible – cette crédibilité qui fait trop souvent défaut dans le polar français – avec des personnages attachants. Un peu long (plus de 500 pages) donc j’ai un peu survolé vers la fin, mais on a quand même du mal à le lâcher… jusqu’au moment où l’on sait.

Stephen Moran, présent dans Les Lieux infidèles, est un flic ambitieux affecté
aux affaires non classées. Il rêve d’intégrer la Brigade criminelle quand il
reçoit la visite de Holly Mackey, fille d’un collègue. Un an auparavant, dans
un lycée huppé pour filles de Dublin, le corps de Chris Harper, 16 ans, avait
été découvert. Or Holly a trouvé sur le tableau d’affichage du lycée une photo
de Chris assortie d’un mot dont les lettres ont été découpées dans les pages
d’un livre : « JE SAIS QUI L’A TUÉ. »
Grâce à cet indice, Moran s’impose aussitôt au côté de l’inspectrice chargée
de l’enquête, Antoinette Conway. Issus du milieu ouvrier, les deux flics
sont mal à l’aise parmi ces jeunes privilégiés. Et il leur est difficile
de démêler l’écheveau des secrets et des mensonges propres à l’adolescence.
Les drames se produisent aussi dans les cages dorées…
Déroulant son roman sur une seule journée d’interrogatoires, Tana French
excelle dans la finesse de ses portraits psychologiques, et dans la tension
implacable qui domine. Jamais plus vous ne regarderez les jeunes filles
de bonne famille de la même manière.

L’étrange disparition d’Esme Lennox, de Maggie O’Farrell **

EsmeLennox

Entre l’Inde et l’Écosse, des années 1930 à nos jours, l’histoire déchirante d’une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens. Un roman d’une beauté troublante, où s’entremêlent des voix aussi profondes qu’élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l’amour à la trahison. 
À Édimbourg, l’asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d’enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n’avait jamais entendu parler d’elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ? 
Toutes ces années, les mêmes souvenirs ont hanté Esme : la douceur de son enfance en Inde, le choc de son arrivée en Écosse, le froid, les règles de la haute bourgeoisie et, soudain, l’exclusion… Comment sa propre soeur, Kitty, a-t-elle pu cacher son existence à ses proches ? Et pourquoi Iris se reconnaît-elle tant dans Esme ? 
Peu à peu, de paroles confuses en pensées refoulées, vont ressurgir les terribles drames d’une vie volée…

Deuxième roman de Maggie O’Farrell et deuxième déception. En fait, c’est une superbe histoire, gâchée par le style déplorable de l’auteur qui saute d’une narratrice à l’autre, d’un espace dans le temps à un autre, le tout sans même une marque de chapitre ou tout autre signe, et vous laisse toujours plusieurs lignes comme un suspend avant de vous donner de quoi entrevoir qu’on a sans doute changé d’époque et/ou de narratrice. C’est exaspérant. Comme dans l’autre roman lu récemment, si l’histoire se passe en Ecosse elle aurait tout aussi bien pu se passer à Madrid ou à Paris. L’histoire, du moins le fond, est pourtant extraordinaire. C’est l’histoire de la toute puissance des pères de la petite bourgeoisie universelle au début du XXème siècle. De connivence avec le médecin de famille, ils pouvaient d’un simple geste décider de l’internement à vie d’un parent dérangeant. Esme ne veut pas se plier au carcan des convenances de ces petites gens qui se croient si grands, et elle en est cruellement punie.  Il est vrai qu’elle va pousser l’inconvenance jusqu’a se faire violer et en tomber enceinte. C’est donc bien une criminelle, n’est-ce pas? Sa famille la condamne à une mort légale, la perte de son enfant, l’enfermement à vie. Invraisemblable? Pas vraiment. Une histoire formidable, dont un bon écrivain aurait tiré un grand roman. Qu’on ne me propose plus de lire un Maggie O’Farrell.

 

Emprunté à la médiathèque de Lunel

Cette main qui a pris la mienne, de Maggie O’Farrell *

O'Farrell

Récompensé par le très prestigieux Costa Book Award, un somptueux roman, bouleversant et sensible, où s’entremêlent des voix aussi émouvantes que troublantes pour évoquer les relations maternelles, la force des liens du sang et le pouvoir destructeur des non-dits.

J’arrête-là ma copie du texte de la quatrième de couverture. J’ai failli m’arrêter tout court, après les 50 premières pages du livre. C’est mal écrit, sans contexte (ça portait aussi bien se passer sur la lune), les personnages sont totalement inintéressants, et il ne se passe rien. Bref, c’est pas émouvant du tout, c’est seulement nul.

Dans le goût des livres j’avais lu: “L’histoire démarre lentement (euphémisme !), le style est toujours fluide et agréable, il ne se passe pas grand chose (tiens donc!), et puis insensiblement les liens se devinent, une vérité se fait jour peu à peu, avec de fausses pistes et le récit s’enrichit, s’étoffe, jusqu’à devenir plein de tensions et d’émotions. Des personnages à l’apparence lisse ou monolithique révèlent toutes leurs facettes et la profondeur de leurs abîmes.

Juste un regret. L’auteur annonce trop tôt des évènements que j’aurais préféré ignorer. J’ai ressenti le même déplaisir qu’en lisant une quatrième de couverture trop bavarde. Mais rassurez-vous, pas de quoi gâcher une belle lecture. Le roman vaut mieux que sa couverture et son titre.”

A peine.

Emprunté à la bibliothèque de Saussines

à travers les champs bleus, de Claire Keegan **

champsbleusJe trouve souvent mes inspirations de lectures en parcourant les blogs et parmi ceux-ci je suis un lecteur assidu de “Mille et une lectures“. Son auteur a suffisamment souvent produit des avis que je partageais pour me laisser tenter une fois de plus. A propos d’avis partagé, le dernier concernait le petit livre qui a donné le nom à mon blog: affligeante lecture.

Voici le troisième ouvrage de Claire Keegan publié en France, l’an dernier. J’avais beaucoup aimé son premier recueil de nouvelles, L’antarctique et le court roman Les trois lumières. Mais A travers les champs bleus m’a subjuguée !

Claire Keegan revient au genre de la nouvelle, dont les écrivains irlandais excellent et en ont fait un genre littéraire majeur dans l’île.

Il m’est difficile de parler avec une grande précision de ces huit nouvelles car j’ai lu ce recueil il y a quelques semaines et la multiplicité des histoires n’aide pas la mémoire, surtout quand on a pris peu de notes en cours de lecture, préférant se laisser emporter par l’ambiance !

J’aurais du m’arrêter là et ne pas lire la suite. Une histoire qui me subjugue n’est pas quelque chose que j’oublie à peine la couverture refermée. C’est un livre à jeter. Pas à recommander. Je m’interroge tout de même, n’étant pas un habitué des nouvelles, pour savoir si je suis allergique au genre ou seulement à ce livre-là. Bon, allergique est un peu fort. Ca ne m’a pas emballé c’est tout, vraiment pas. Et j’aurai tout oublié dès demain, même la dernière nouvelle où un homme-ours vit seul avec sa chèvre, sur une petite île irlandaise perdue autant que lui.

(emprunté à la Mediathèque de Lunel)