Les voisins d’à côté, de Linwood Barclay ***

barclayVoisinsJusqu’à quel point connaît-on ses voisins ?

La petite ville de Promise Falls est sous le choc : les Langley viennent d’être sauvagement assassinés. Qui pouvait en vouloir à cette famille apparemment tranquille ? Qui a bien pu commettre cet acte aussi barbare que gratuit ? Les rues de cette banlieur réputée paisible sont-elles encore sûres ?
Seul témoin du drame : Derek Cutter, disx-sept ans, qui n’aurait jamais dû se trouver là.
Alors que tous les regards se tournent vers cet ado déjà connu pour quelques méfaits, Jim Cutter, bien décidé à prouver l’innocence de son fils, va mener sa propre enquête et découvrir que certains sont prêts à aller très loin pour préserver les apparences…

Une famille ordinaire, une vie assez simple, des héros sympathiques, d’autres personnages qui le sont moins, une écriture facile, une dose de suspense, et la série de rebondissements nécessaires à toute bonne histoire. Une recette qui marche. Les voisins d’à côté était le deuxième roman de Linwood Barclay traduit en français en 2010. Son succès a fait qu’il y a maintenant toute une série de livres de Barclay traduits. L’embarras du choix.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Trois livres…

 

Angor, de Frank Thilliez **

angor_thilliez Je suis toujours perturbé par le fait que les bons polars sont écrits par des gens de partout mais très peu dans l’hexagone. Bon… je sais qu’il y a des gens qui encensent Musso et ils sont nombreux si on en juge les tirages des livres de ce monsieur. Reste que je n’ai encore rien lu de lui qui soit comparable à ce que produisent les bons auteurs de polars anglo-saxons ou scandinaves.

D’ailleurs, à en juger par le nombre de ces bons auteurs qui sont des auteures, on devrait s’interroger sur la dangerosité de toutes ces dames. Combien de crimes parfaits, de meurtres irrésolus, ont-ils été commis par des écrivaines de ces pays ? Leurs esprits machiavéliques les prédisposent sans doute à de brillantes carrières de serial killers.

Et parlant de serial killers, le livre de Thilliez n’en contient pas un, mais une bande, bien gratinée. Si vous aimé le gore, le saignant, les têtes coupées et les tripes au petit déjeuner, ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin. Trop, c’est trop. Jusqu’à cette superbe gendarmette, comme il se doit charmante et sexy – le bouquin est écrit par un mec sympa, pas de coucherie une page sur deux – qui va se faire greffer deux cœurs coup sur coup, qui plus est compatibles avec son groupe sanguin hyper rare… parce qu’elle a de la chance, figurez-vous ! Ou bien parce que c’est l’époque des soldes dans le magasin U des implants.

Oublions. Il y a eu pire…

 

L’esprit d’hiver, de Laura Kasische °

espritdhiverJe lis le premier avis, d’une certaine Sandrine : « Ce devait être un Noël comme les autres pour Holly et sa famille : la préparation du repas, l’arrivée des invités, l’impatience d’ouvrir les cadeaux. Mais ce matin-là, tout va mal. Holly se lève trop tard. Alors que son mari file en râlant récupérer ses vieux parents à l’aéroport, Holly reste seule avec sa fille adoptive Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Elle essaie de rattraper son retard mais un malaise sourd l’empêche d’avancer dans ses taches. Et puis, Tatiana n’est pas comme d’habitude, elle ne fait rien pour l’aider, multiplie les reproches et les remarques acerbes. Dehors, le blizzard se renforce. Effrayés par la tempête de neige, les invités se décommandent, laissant Holly seule avec une inquiétude lancinante et une adolescente revêche.

Une situation banale qui insidieusement devient cauchemardesque, un huis-clos angoissant, un suspense psychologique…tout le talent de Laura Kasischke qui sait si bien distiller des touches de noirceur dans une ambiance froide et aseptisée.
De l’histoire, il ne faut rien dire sous peine de déflorer l’intrigue mais la tension monte tout au long des pages, il est quasiment impossible de lâcher le livre et ce n’est qu’à la toute dernière page que tout prend sens.
Oscillant entre conte de Noël et thriller psychologique, entre banalité et folie, l’Esprit d’hiver ne finira de hanter ceux qui s’y frotteront. A lire absolument!! »

J’aurais plutôt dû commencer par celui de Canel : « Qui aime les jours de Noël en famille ? Pas Holly, en tout cas. Elle s’est levée trop tard, elle a un tas de préparatifs en perspective pour la dizaine d’invités attendus, son mari est allé chercher ses parents à l’aéroport. Elle est seule avec Tatiana, sa fille de quinze ans, d’humeur maussade et belliqueuse. Mais Holly (cette gourde), au lieu de rattraper le temps perdu, traînasse, se dispute avec son adolescente, la laisse s’enfermer dans sa chambre, y revient, se perd dans ses souvenirs et y englue son lecteur. Elle ressasse en particulier le Noël où ils sont allés chercher Tatiana dans un orphelinat sibérien pour l’adopter, treize années plus tôt.

Voilà tout ce qui se passe sur près de deux cents pages. On suit les pensées creuses et banales de cette femme, des faits sont racontés plusieurs fois de manière quasi-identique. On peut s’y ennuyer comme un rat mort (ce que j’ai fait copieusement), avoir envie de secouer tout ce petit monde-là… On attend (espère ?) vaguement un drame, sinon tout ça pour quoi ? Ah on va l’avoir, faisons confiance à Laura Kasischke pour cela.

Alors bien sûr, quand on apprend à la fin que… , tout ce que je viens de reprocher à l’ouvrage n’a plus lieu d’être, mais le lecteur subit quand même ce vide dilué sur les deux premiers tiers du roman (ou sont-ce les trois premiers quarts ?). Il me semble aussi que certains éléments demeurent complètement invraisemblables (l’attitude passive du père et des proches, notamment…). Et je n’ai vraiment pas le courage de tout relire à la lumière des explications finales. »

C’était tellement vide, comme le dit ce lecteur, que (a) tout d’abord j’ai voulu arrêter plusieurs fois – mais j’ai des principes – et (b) j’ai quand même finit par lire en diagonale tant je m’emmerdais, jusqu’à la conclusion qui surprend une minute, mais ne rachète rien. Puisqu’on sait depuis la page 2 que l’héroïne est fêlée. Ce livre est mauvais, M-A-U-V-A-I-S. Et si Sandrine ne pouvait pas le lâcher, elle devrait consulter un dermato ou arrêter de lire en mangeant le miel à la cuillère.

Un détail me direz-vous, mais la traductrice qui transforme la sweet potato en pomme de terre douce devrait changer de métier et l’éditeur changer de traductrice. Quand on trouve une perle comme celle-là, on se met à douter de ce qu’on lit : la version originale raconte-t-elle la même histoire, ou bien c’est aussi môvais en V.O. qu’en V.F. ?

 

Ça peut pas rater, de Gilles Legardinier ***

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(…) Je crois que nous nous débattons toutes avec ces trois questions fondamentales : Où se cachent les hommes bien ? Pourquoi ne sont-ils pas en couple avec nous, surtout le week-end ? Et quand, par miracle, ils nous sont livrés – parfois abîmés dans le transport -, pourquoi ne le sont-ils pas avec le mode d’emploi ?

(…) Chaque jour vous faites un pas de plus vers l’âge où le futur n’en est plus vraiment un.

(…) Pour les repas aussi, c’est plus compliqué quand on est seule. On ne cuisine jamais vraiment pour soi-même. On oscille entre ce qui nous est nécessaire pour vivre et ce qui nous fait compulsivement envie. Mais le fait est qu’on ne se nourrit pas correctement. On survit en attendant les autres.

Ouf ! Je lis une série de bons livres et puis paf… je tombe sur deux que je n’aime pas, dont un exécrable. Ça ne pouvait pas durer. Ça ne devait pas durer. Après deux ratés, le livre de Legardinier arrive comme une lecture hygiénique. Une vie de femme. Beaucoup d’humour, et j’aime les livres qui me font rire aux éclats. Ecrit par un homme. Et on ne se fie pas à la quatrième de couv, qui est vraiment un énorme ton en dessous et un mauvais reflet du bouquin. Pourquoi les auteurs ne lui accordent-ils pas plus d’importance ? C’est pourtant ce qu’on regarde, essentiellement, avant d’acheter un bouquin.

« – J’en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !

Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier de Hugues. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.
La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c’est la méchante Marie qui est aux commandes. À partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde.

La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume. »

Et… j’ai trouvé tout ça à la médiathèqye de Saussines, mais si, mais si.

Strange Affair, de Peter Robinson***

aarobinsonEn lisant ce livre, trouvé – j’avais épuisé mon stock – dans la bibliothèque de l’Hotel Valmer (Seychelles), je découvre un écrivain plus que prolifique que j’ignorais totalement, et son héro, le détective Alan Banks. L’intro me révèle que c’est la 15ème de la série, et Wikipedia ce matin m’informe que sept autres volumes ont été publiés depuis ! Strange Affair a été pblié en français sous le titre Etrange affaire, comme c’est étrange (Le Livre de poche no 31101, 2008).

Sur le répondeur de l’inspecteur Banks, un message de son frère : « Rappelle-moi vite… C’est une question de vie ou de mort…» Mais Roy est injoignable et Banks décide de partir pour Londres à la recherche de ce frère businessman qu’il connaît peu. Parallèlement, dans le Yorkshire, sa collègue Annie Cabbot, chargée d’élucider le meurtre d’une jeune femme, découvre dans la poche du cadavre un papier portant le nom et l’adresse de Banks : pour Annie et pour Banks, qui n’a trouvé à Londres qu’un appartement vide, les deux affaires sont évidemment liées…
Avec son personnage de flic déprimé, amateur de jazz et de bon whisky, Robinson s’impose comme un des auteurs majeurs du polar contemporain.

C’est bien fait. Bien qu’il ait aujourd’hui la nationalité canadienne, pays où il a émigré après ses études, Robinson fait partie de la grande famille du roman policier British. Rien d’équivalent chez nous, mais on s’en f… , la diversité et le nombre de bons écrivains outre-manche (et plus au nord) suffit amplement pour remplir les rayons des passionnés de cette littérature.

Dans le grand cercle du monde, de Joseph Boyden **

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Après Le Chemin des âmes et Les Saisons de la solitude qui l’ont imposé parmi les grands écrivains canadiens contemporains, Joseph Boyden poursuit une œuvre ambitieuse. Situé dans les espaces sauvages du Canada du XVIIe siècle, ce roman épique, empreint tout à la fois de beauté et de violence, est d’ores et déjà considéré comme un chef-d’œuvre.

Trois voix tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron, et d’une captive iroquoise. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour s’allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.

Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d’une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l’absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d’une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent. » 

J’aime les romans historiques. Je n’aime pas quand on me dit que le livre que je vais lire est un chef-d’oeuvre. C’est bien construit – trois personnages principaux, trois narrateurs qui nous racontent l’histoire chacun à leur tour de leur perspective – mais il y a beaucoup trop de pages de violence primitive (la rencontre fréquente du crâne et du casse-tête le bien nommé) et surtout de descriptions détaillées de tortures, comme si l’auteur s’en délectait. Je n’ai pu m’empêcher de penser, tout au long de la lecture, que James Michener aurait tiré tout autre profit de la même base historique. Un coup d’oeil sur internet me montre que les avis des lecteurs sont très positifs, comme si afficher en quatrième de couverture qu’on va lire un chef d’oeuvre les avait convaincus. Bon, ce n’est pas mauvais, mais un chef d’oeuvre, fichtre !