Agatha Raisin enquête: la quiche fatale, de M.C.Beaton ***

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Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.
Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Trouvé sur le site de Babelio:

Marion Gibbons, née McChesney, est écrivain depuis 1979.
Elle publie ses romances historiques sous le nom de Marion Chesney.
Elle a commencé à travailler comme libraire au département fiction de John Smith & Sons Ltd. Le Scottish Daily Mail lui propose à la même période d’écrire des critiques de théâtre : elle accepte et diversifie peu à peu ses articles pour eux.
Après son mariage avec Harry Scott Gibbons et la naissance de leur fils Charles, ils déménagent aux États-Unis pour la carrière de Harry. C’est là que Marion commence à écrire, se consacrant d’abord aux romances historiques, avant de s’intéresser à la littérature policière suite à un voyage dans le Sutherland qui lui inspirera le cadre des aventures de son héros Hamish Macbeth.
La famille reviendra ensuite s’installer à nouveau en Grande-Bretagne, déménageant dans le Sutherland, passant par Londres, avant de finalement s’établir dans les Cotswolds, où Marion créera le personnage d’Agatha Raisin.
Marion Chesney utilise le pseudonyme de M.C. Beaton pour signer ses romans policiers (les séries “Agatha Raisin” (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde) et “Hamish Macbeth”).
Ses romans de type romances sont quant à eux publiés sous les pseudonymes d’Ann Fairfax, Jennie Tremaine, Helen Crampton, Charlotte Ward et Sarah Chester.
son site : http://www.mcbeaton.com/uk/author/marionchesney

La dame a aujourd’hui 81 ans.

15 millions d’exemplaires d’Agatha Raisin vendus dans le monde !!! Et la première traduction française qui sort en 2016, celle du tome 1 d’une série qui en compte déjà 28 ! C’est presque comme d’imaginer qu’on découvre maintenant Agatha Christie en France… stupéfiant.

Agatha Raisin, c’est la comédie policière à l’anglaise. Du bon humour, second degré. Le petit village et ses habitants, bien caricaturaux. Même s’ils ne sont qu’à une heure et un peu plus de Londres. Le pub, les soirées entre dames, les ventes de charité, le sermon du pasteur, la voisine acariâtre, le bon bobby du village, etc. dans la campagne anglaise, les petits cottages et leurs jardins fleuris. Histoire sans prétention. Lecture hygiénique. Vite fait, bien fait, vite lu. Un bon moment.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

A dangerous fortune, de Ken Follett ****

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L’auteur du Code Rebecca et de l’inoubliable fresque des Piliers de la Terre nous emmène ici, avec sa prodigieuse science de l’intrigue, au cœur de l’Angleterre victorienne.
En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d’Edward, riche héritier d’une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d’un richissime Sud-Américain.
Autour d’eux, des dizaines d’autres figures s’agitent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité…

Ken Follett est un remarquable conteur. Dès le premier chapitre on est scotché par les personnages, l’ambiance, l’intrigue compliquée, le contexte historique. C’est peu Dallas dans la city à la fin du XIXème siècle – pas étonnant que nombre de textes de Follett aient inspiré les cinéastes – avec toute une séries de rebondissements, jusqu’à la fin tragique des vilains et la fin heureuse espérée pour les gentils de l’histoire. Bref, s’il n’y avait que la petite histoire je n’aurais pas mis plus de trois étoiles, mais il y a aussi la manière, le savoir-faire qui scotchent, et le bon moment passé justifie amplement la quatrième (étoile).

Titre français: la marque de Windfield (Laffont, 1994)

lu en anglais comme Kindle ebook

Lady Robert Galbraith

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Lady Robert Galbraith, alias J.K. Rowling, ou la nouvelle recette du roman policier anglais à succès… On commence par les ingrédients : le héros est un détective privé. Pourquoi ? Parce que New Scotland Yard, c’est bien connu, comme les polices belge ou française, n’engage que de petits inspecteurs sans cervelle. Après, et contrairement à Sherlock ou Hercule, le nouveau héros – Cormoran Strike, retenez bien ce nom – n’est pas asexué. C’est carrément le beau mec, baraqué, sportif, bronzé, qui fait trembler les tasses dès qu’il entre dans un salon de thé (et celles qui sont déjà levées terminent leur course à côté de la bouche, un désastre). Comme la cerise sur gâteau ou la mouche sur le visage de Cindy Crawford, le petit plus de charme est une légère claudication. Héros malheureux d’une guerre imbécile, Cormoran a perdu une jambe en Afghanistan, ce qui peut expliquer qu’il ne soit pas policier. En plus du neurone, qu’il a surdimensionné comme ceux de Sherlock ou Hercule, bien sûr. Si ce dernier travaillait seul, Sherlock avait un assistant, médecin de son état. Un faire-valoir, tout juste bon à raconter les histoires fantastiques de ce bon Sherlock. Comme si le neurone des médecins anglais leur permettait seulement d’apprendre la médecine, mais pas de réfléchir. L’assistant de Cormoran est d’un tout autre calibre. Et c’est une assistante, jeune, assez jolie, tout a fait charmante, et dotée elle aussi d’un neurone fonctionnel et décidé. Bref, la nouvelle recette de Lady Robert est basée sur un binôme de neurones, un couple improbable de héros imparfaits, dont on suivra les aventures autant que l’aventure elle-même. Parce que si le détective est un beau mec, il est seul. Et si la belle Robin est fiancée depuis toute petite au premier mec qu’elle a croisé, son Matthew a tout du bœuf bouilli petits pois. Vous m’avez compris : il ne peut pas ne pas se passer quelque chose entre ces deux-là, tôt ou tard. Le reste, les intrigues, faites confiance à Lady Robert. Si elle a su imaginer quelques milliers de pages fantastiques autour du petit Potter, l’intrigue policière n’est pour elle que pipi de chat. Mais ça je ne vais pas vous raconter en détails. Sachez seulement que vous serez scotché. Savoir-faire anglais, ou anglaise (on dit UN savoir faire, sauf dans le roman policier anglais).

Les Cormoran Strike (avec leurs petits résumés de 4ème de couv):

L’appel du coucou (2013)

Une nuit d’hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l’Internet, Strike est chargé d’enquêter sur la mort de Lula. De boîtes de nuit branchées en hôtels pour rock-stars assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et le manoir où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manoeuvres inspirées par la vengeance.

Le ver à soie (2014)

Quand l’écrivain Owen Quine disparaît dans la nature, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike. Au début, pensant qu’il est simplement parti s’isoler quelques jours – comme cela lui est déjà arrivé par le passé -, elle ne demande à Strike qu’une seule chose : qu’il le retrouve et le lui ramène.

Mais, sitôt lancée l’enquête, Strike comprend que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme. Le romancier vient en effet d’achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Nombreux sont ceux qui préféreraient voir Quine réduit au silence.

La carrière du mal (2015)

Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.
Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.
Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants…

Miniaturiste, de Jessie Burton ***

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Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.
S’inspirant d’une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIe siècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Encore un roman historique intéressant, bien écrit, avec des personnages qui sortent de l’ordinaire (jusqu’à ne jamais apparaitre, comme la miniaturiste), à une époque où il ne vaut mieux pas (sortir de l’ordinaire), le puritanisme régnant dans un arbitraire absolu. La religion des fous ne date pas d’aujourd’hui. J’ai aimé.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Mort à la Fenice, de Donna Leon ***

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Les amateurs d’opéra sont réunis à la fenice de Venise où ce soir-là, Wellauer, le célébrissime chef d’orchestre allemand, dirige La Traviata.
La sonnerie annonçant la fin de l’entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place, les musiciens s’installent, les brouhahas cessent, tout le monde attend le retour du maestro. Les minutes passent, le silence devient pesant, Wellauer n’est toujours pas là… il gît dans sa loge, mort. Le commissaire Guido Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure.
Le très respecté musicien avait-il des ennemis ? Dans les coulisses de l’opéra, Guido Brunetti découvre l’envers du décor.

Comme c’est le péplussekuième roman de Donna Leon mentionné sur ce blog, toutes les choses dites auparavant s’appliquent encore. On peut en lire un et le trouver amusant. Si on aime Venise en plus, alors on peut devenir accro, attention danger. Mes lecteurs et lectrices assidues savent que nous sommes allés jusqu’à la Questura par nous-mêmes, pour rencontrer l’inspecteur Brunetti, il y a près de deux ans de cela. Comme il était absent, nous avons filé jusque chez lui de l’autre côté du Rialto. Mais comme les noms de rues à Venise et les numéros d’immeubles sont tout sauf quelque chose de compréhensible pour quelqu’un qui n’est pas né à Venise, nous ne sommes pas tout à fait sûrs d’avoir sonné à la bonne porte. Et nous n’avons pas rencontré Brunetti. Mais ça ne fait rien, il nous amuse toujours autant. Et se ballader dans Venise avec lui, sur les caneaux ou en sautant d’un pont à l’autre, c’est toujours aussi divertissant.

L’Oubli, de Emma Healey ****

loubliQu’est-ce que c’est que ce livre? Un policier? Si peu. Un roman? Sans doute, largement. Un témoignage? Je le crois. Et un peu de tout ça. Une interface inhabituelle. Une histoire impressionnante. Un voyage au pays de l’Alzheimer. Avec de l’humour. Et avec beaucoup de tendresse. Le premier roman d’une petite anglaise qui promet. J’ai adoré.

Elizabeth a disparu. Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message. Elizabeth a disparu. Le plus troublant : c’est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d’ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l’heure, ni si elle a mangé ni si sa fille est venue la voir. Ce qu’elle sait, en revanche, c’est qu’elle n’a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Lorsqu’elle tente d’alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux, elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de 4 ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé, cinquante ans plus tôt, à sa propre sœur aînée, Sakey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n’y a-t-il pas tout autant de mystères autour d’elle aujourd’hui qu’à l’époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Huit lectures d’été

delacourt Les quatre saisons de l’été, de Grégoire Delacourt**

Quatre histoires de couples, d’âges différents, quatre histoires d’amour, tout ça autour d’une plage glaciale de la Manche. Delacourt se lit en un jour. C’est simple, certains diront « presque simplet ». Moi je trouve ça assez « hygiénique » comme lecture. Pas de la Grande Littérature. C’est facile à lire, on passe un bon petit moment. On y trouve quelques clins d’œil, comme l’amour dans le langage des fleurs. L’amour par les actes plus que par les mots. Assez banal finalement. Un auteur peut s’améliorer avec le temps, d’un roman à l’autre, à condition d’y travailler. Delacourt tomberait-il dans l’alimentaire ?

manoukianYeruldelgger, de Ian Manook (Patrick Manoukian)***

A une époque où auteures anglosaxonnes et auteurs nordiques inondent le marché du bon polar, un livre qui nous plonge en Mongolie détonne. Dans le cas de Manoukian, il montre aussi qu’il n’y a pas d’âge pour commencer à écrire et que l’expérience de vie peut positivement impacter une aventure littéraire. Le succès de ce premier roman (2013) a entrainé une suite (Les temps sauvages, 2015)… que j’ai failli acheter et me faire dédicacer aux « Livres sur les quais » de Morge, le premier weekend de septembre. Quand je suis arrivé sur son stand, Manoukian était malheureusement parti déjeuner. Mais je vais l’acheter quand même : ambiance, personnages, décors, tout est très typé chez Manoukian, et tout est attachant. Yeruldelgger est là pour rester… apprenez son nom !

parotL’année du volcan, de Jean-François Parot****

Ça c’est un policier aussi… qui se passe sous Louis XVI, à quelques années de la révolution. Le volcan islandais qui crache son venin ne perturbe pas encore le trafic aérien, mais la production des vaches laitières. On s’y croit. On y est. On entend les personnages parler comme on parlait alors. Et les intrigues de cours sont imaginées mais des plus plausibles. Bref, un bon roman historique croisé d’un roman policier pas si mal que ça, et le résultat est assez décoiffant, mais puisqu’on porte perruque, ce n’est pas si grave que cela. La corruption à tous les étages du royaume, un roman d’actualité ?

rendellThe vault, de Ruth Rendell***

La très britannique baronne Ruth Rendell vient de mourir, à l’âge de 85 ans, après avoir écrit quelque 60 romans bien dans la ligne du policier anglais de son époque. Depuis son entrée à la Chambre des Lords en qualité de représentante du parti travailliste, elle a notamment fait parlé d’elle par l’introduction d’une loi sur la mutilation féminine, adoptée en 2003.

Le chef inspecteur Wexford a pris sa retraite (on en est quand même au 23ème et avant dernier roman de la série, publié en 2011) mais quand on trouve par hasard un corps dans un sac en plastique dans une sombre cave à charbon abandonnée, puis un autre, puis un autre, puis encore un autre… il est gentiment invité à venir éclairer de ses lumières l’inspecteur en charge. Un classique du genre policier. Publié en français sous le titre La Cave à charbon, aux éditions des Deux Terres (2013).

entry-mayEntry Island, de Peter May ***

Encore un très bon auteur anglo-saxon de polars. Celui-ci se passe essentiellement sur « l’île d’entrée » du golfe du fleuve St Laurent au Canada. 3kms de long pour 2 de large et une centaine d’habitants. L’élucidation d’un crime sur cette toute petite terre semble une « piece of cake ». S’entremêlent une histoire d’un passé écossais et le présent canadien. Alors que tout désigne la femme de la victime, le policier héros de l’histoire est persuadé qu’il a déjà rencontré cette femme et qu’elle est innocente.

48248_ExtraordinaryPeople_MMP_2.inddExtraordinary people, de Peter May***

Parce que Entry Island s’est avérée une très bonne lecture, j’ai cherché un ebook du même auteur. L’histoire est un « cold case », un crime irrésolu, et la source d’un pari du héros détective un soir de beuverie. Parce que Peter May vit en France, cette histoire-là se passe chez nous, où Enzo enseigne la médecine légale à l’université de Toulouse. C’est compliqué, mystérieux à souhait et les personnages centraux sont assez sympathiques. Une autre bonne lecture.

badaniTrails of broken wings, de Sejal Badani****

Lu sur kindle, et apparemment pas encore traduit en français, ce livre est une forte illustration des maltraitances faites aux femmes dans une société qui, même si elle s’est exportée dans un monde plus égalitaire, a gardé nombre de ses travers originels. Et les victimes n’ont pas toutes la capacité de se libérer et de reconstruire, comme la très étonnante mère de Sonya.

Quand son père tombe dans le coma, Sonya, photographe américaine d’origine indienne revient dans une famille qu’elle a quittée depuis des années. Depuis son départ elle n’a pas arrêté de bouger, libre de tout lien, alors que sa sœur la plus calme, Trisha, s’est créée une parfaite vie de banlieusarde, et que l’ambitieuse de la famille, Marin, a construit une carrière à succès. Quand elles se retrouvent, les différences dans la façon de gérer leur terrible passé ne permettent pas d’éviter que les souvenirs resurgissent.

Les secrets bien cachés reviennent à la surface pendant que leur père – victime d’un racisme humiliant et lui-même coupable de terribles violences familiales – reste inconscient. Quand sa condition empire, mère et filles de débattent entre leurs espoirs de le voir survivre ou mourir, et leurs propres démons et secrets cachés.

Bien sûr le livre n’explique ni ne justifie les excès dont on entend parler au quotidien dans une société indienne archaïque même si éduquée, mais il illustre de l’intérieur, avec une écriture simple et forte, le drame quotidien que vivent de trop nombreuses femmes du continent. Une très bonne lecture.

IndridasonLes nuits de Reykjavik, d’Arnaldur Indridason***

Lu en anglais (Reykjavik nights), ce livre a été traduit et publié en français en 2015.

Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques… Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d’un clochard qu’il croisait régulièrement dans ses rondes. On conclut à l’accident et l’affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville. On découvre ici ce qui va faire l’essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commissaire Marion Briem. En racontant la première affaire d’Erlendur, le policier que les lecteurs connaissent depuis les premiers livres de l’auteur, Arnaldur Indridason dépasse le thriller et écrit aussi un excellent roman contemporain sur la douleur et la nostalgie.

Retour en arrière, donc, dans « l’historique » du commissaire islandais, puisqu’on se retrouve à ses débuts, mais le livre est en fait le 13ème de la série des Erlendur, publié en islandais en 2012. Un très bon Indridason.

Trois livres…

 

Angor, de Frank Thilliez **

angor_thilliez Je suis toujours perturbé par le fait que les bons polars sont écrits par des gens de partout mais très peu dans l’hexagone. Bon… je sais qu’il y a des gens qui encensent Musso et ils sont nombreux si on en juge les tirages des livres de ce monsieur. Reste que je n’ai encore rien lu de lui qui soit comparable à ce que produisent les bons auteurs de polars anglo-saxons ou scandinaves.

D’ailleurs, à en juger par le nombre de ces bons auteurs qui sont des auteures, on devrait s’interroger sur la dangerosité de toutes ces dames. Combien de crimes parfaits, de meurtres irrésolus, ont-ils été commis par des écrivaines de ces pays ? Leurs esprits machiavéliques les prédisposent sans doute à de brillantes carrières de serial killers.

Et parlant de serial killers, le livre de Thilliez n’en contient pas un, mais une bande, bien gratinée. Si vous aimé le gore, le saignant, les têtes coupées et les tripes au petit déjeuner, ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin. Trop, c’est trop. Jusqu’à cette superbe gendarmette, comme il se doit charmante et sexy – le bouquin est écrit par un mec sympa, pas de coucherie une page sur deux – qui va se faire greffer deux cœurs coup sur coup, qui plus est compatibles avec son groupe sanguin hyper rare… parce qu’elle a de la chance, figurez-vous ! Ou bien parce que c’est l’époque des soldes dans le magasin U des implants.

Oublions. Il y a eu pire…

 

L’esprit d’hiver, de Laura Kasische °

espritdhiverJe lis le premier avis, d’une certaine Sandrine : « Ce devait être un Noël comme les autres pour Holly et sa famille : la préparation du repas, l’arrivée des invités, l’impatience d’ouvrir les cadeaux. Mais ce matin-là, tout va mal. Holly se lève trop tard. Alors que son mari file en râlant récupérer ses vieux parents à l’aéroport, Holly reste seule avec sa fille adoptive Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Elle essaie de rattraper son retard mais un malaise sourd l’empêche d’avancer dans ses taches. Et puis, Tatiana n’est pas comme d’habitude, elle ne fait rien pour l’aider, multiplie les reproches et les remarques acerbes. Dehors, le blizzard se renforce. Effrayés par la tempête de neige, les invités se décommandent, laissant Holly seule avec une inquiétude lancinante et une adolescente revêche.

Une situation banale qui insidieusement devient cauchemardesque, un huis-clos angoissant, un suspense psychologique…tout le talent de Laura Kasischke qui sait si bien distiller des touches de noirceur dans une ambiance froide et aseptisée.
De l’histoire, il ne faut rien dire sous peine de déflorer l’intrigue mais la tension monte tout au long des pages, il est quasiment impossible de lâcher le livre et ce n’est qu’à la toute dernière page que tout prend sens.
Oscillant entre conte de Noël et thriller psychologique, entre banalité et folie, l’Esprit d’hiver ne finira de hanter ceux qui s’y frotteront. A lire absolument!! »

J’aurais plutôt dû commencer par celui de Canel : « Qui aime les jours de Noël en famille ? Pas Holly, en tout cas. Elle s’est levée trop tard, elle a un tas de préparatifs en perspective pour la dizaine d’invités attendus, son mari est allé chercher ses parents à l’aéroport. Elle est seule avec Tatiana, sa fille de quinze ans, d’humeur maussade et belliqueuse. Mais Holly (cette gourde), au lieu de rattraper le temps perdu, traînasse, se dispute avec son adolescente, la laisse s’enfermer dans sa chambre, y revient, se perd dans ses souvenirs et y englue son lecteur. Elle ressasse en particulier le Noël où ils sont allés chercher Tatiana dans un orphelinat sibérien pour l’adopter, treize années plus tôt.

Voilà tout ce qui se passe sur près de deux cents pages. On suit les pensées creuses et banales de cette femme, des faits sont racontés plusieurs fois de manière quasi-identique. On peut s’y ennuyer comme un rat mort (ce que j’ai fait copieusement), avoir envie de secouer tout ce petit monde-là… On attend (espère ?) vaguement un drame, sinon tout ça pour quoi ? Ah on va l’avoir, faisons confiance à Laura Kasischke pour cela.

Alors bien sûr, quand on apprend à la fin que… , tout ce que je viens de reprocher à l’ouvrage n’a plus lieu d’être, mais le lecteur subit quand même ce vide dilué sur les deux premiers tiers du roman (ou sont-ce les trois premiers quarts ?). Il me semble aussi que certains éléments demeurent complètement invraisemblables (l’attitude passive du père et des proches, notamment…). Et je n’ai vraiment pas le courage de tout relire à la lumière des explications finales. »

C’était tellement vide, comme le dit ce lecteur, que (a) tout d’abord j’ai voulu arrêter plusieurs fois – mais j’ai des principes – et (b) j’ai quand même finit par lire en diagonale tant je m’emmerdais, jusqu’à la conclusion qui surprend une minute, mais ne rachète rien. Puisqu’on sait depuis la page 2 que l’héroïne est fêlée. Ce livre est mauvais, M-A-U-V-A-I-S. Et si Sandrine ne pouvait pas le lâcher, elle devrait consulter un dermato ou arrêter de lire en mangeant le miel à la cuillère.

Un détail me direz-vous, mais la traductrice qui transforme la sweet potato en pomme de terre douce devrait changer de métier et l’éditeur changer de traductrice. Quand on trouve une perle comme celle-là, on se met à douter de ce qu’on lit : la version originale raconte-t-elle la même histoire, ou bien c’est aussi môvais en V.O. qu’en V.F. ?

 

Ça peut pas rater, de Gilles Legardinier ***

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(…) Je crois que nous nous débattons toutes avec ces trois questions fondamentales : Où se cachent les hommes bien ? Pourquoi ne sont-ils pas en couple avec nous, surtout le week-end ? Et quand, par miracle, ils nous sont livrés – parfois abîmés dans le transport -, pourquoi ne le sont-ils pas avec le mode d’emploi ?

(…) Chaque jour vous faites un pas de plus vers l’âge où le futur n’en est plus vraiment un.

(…) Pour les repas aussi, c’est plus compliqué quand on est seule. On ne cuisine jamais vraiment pour soi-même. On oscille entre ce qui nous est nécessaire pour vivre et ce qui nous fait compulsivement envie. Mais le fait est qu’on ne se nourrit pas correctement. On survit en attendant les autres.

Ouf ! Je lis une série de bons livres et puis paf… je tombe sur deux que je n’aime pas, dont un exécrable. Ça ne pouvait pas durer. Ça ne devait pas durer. Après deux ratés, le livre de Legardinier arrive comme une lecture hygiénique. Une vie de femme. Beaucoup d’humour, et j’aime les livres qui me font rire aux éclats. Ecrit par un homme. Et on ne se fie pas à la quatrième de couv, qui est vraiment un énorme ton en dessous et un mauvais reflet du bouquin. Pourquoi les auteurs ne lui accordent-ils pas plus d’importance ? C’est pourtant ce qu’on regarde, essentiellement, avant d’acheter un bouquin.

« – J’en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !

Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier de Hugues. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.
La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c’est la méchante Marie qui est aux commandes. À partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde.

La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume. »

Et… j’ai trouvé tout ça à la médiathèqye de Saussines, mais si, mais si.