Chemin de Compostelle, étape n°30

L’instinct grégaire chez le pèlerin se traduit par un empilement dans les bars, restaurants et auberges qui sont sur le chemin, et une relative tranquillité dans ceux qui s’en éloignent, ne serait-ce que d’une centaine de mètres. Trois heures après mon arrivée à la pension O Meson de Brea, à 100m du chemin de Compostelle, un deuxième pèlerin vient de s’y installer… mais je ne crois pas que ce sera la foule ce soir au diner. Et on est pourtant pile poil à 25 km de Santiago ! Dernière étape demain ! Mais que vais-je faire après ?

On n’en est pas là. Serez-vous surpris si je vous dit qu’on a eu de la pluie ce matin? Non, la surprise, c’est qu’elle s’est arrêtée vers 9h ½ et que j’ai pu retirer ma cape de pluie lors de ma pause tortilla. À la pause petit déjeuner, deux heures plus tôt, c’était encore assez tranquille sur le chemin, ce qui m’a permis d’interroger le patron du bar sur ces fameux greniers à maïs qui me plaisent tant que vous en aurez encore quelques uns dans les photos du jours. D’abord, ce sont des horreos, c’est comme ça qu’ils s’appellent par ici. Ensuite, dans leur grande majorité, ils ne servent plus mais sont (souvent) bien conservés comme “petit patrimoine local” (c’est l’appellation utilisée chez nous pour nos capitelles, par exemple). Et quand ils servent, le patron du bar m’assure que c’est sans charançon dans les grains ni problème d’humidité… les gallegos, ils sont connus pour raconter des bêtises, non?

La rencontre du jour? Pas des japonaises, ni des allemandes, encore moins des françaises ou des anglaises. Non, des espagnoles. À quatre pattes. Non, ce n’est pas une façon de faire le chemin de Compostelle. Je dis des espagnoles à quatre pattes parce qu’il s’agit de vaches. En face de moi, prenant tout le chemin. Elles m’ont vu, se sont arrêtées. Je les ai vues, je me suis arrêté aussi. Comme je n’ai pas lu dans leurs yeux qu’elles étaient pressées de décider de quoi que ce soit, j’ai pris les choses en main et me suis délicatement avancé en restant bien sur le côté à droite. La vache qui était là à reculé, les autres, voyant un espace s’ouvrir devant elles, ont avancé. Et tout le troupeau à suivi. Quand je vous disait que le chemin de Compostelle, c’est aussi ça… les rencontres…

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s