Daddy’s gone a-hunting, de Mary Higgins Clark ***

MHC-daddy

“Une chanson douce”, c’est le titre en français de ce n-ième roman de celle qui est, depuis cinquante ans, la grande dame du roman policier (et de suspense, souvent) américain.

Kate gît, inconsciente et grièvement brûlée, sur un lit d’hôpital. La jeune femme a réussi à échapper aux flammes qui ont ravagé, en pleine nuit, la manufacture familiale de meubles anciens et le bâtiment attenant où étaient stockées de précieuses antiquités. Simple accident ? Pour la police qui enquête sur la l’explosion à l’origine de l’incendie, Kate est suspecte : que faisait-elle là à une heure si tardive, elle qui travaille aujourd’hui pour une des plus grandes sociétés d’audit ? Pour innocenter sa sœur, Hannah est décidée à aller chercher sous les cendres la clé de cette inquiétante énigme. Au risque de découvrir un dangereux secret… La douce mélodie du passé devient vite entêtante quand la reine du suspense nous entraîne au cœur d’un fascinant mystère familial, hanté par un tueur sans scrupules.

Pas grand chose à en dire. MHC connait toutes les ficelles pour écrire un livre facile à lire. Si elle avait fait du suspense une spécialité, ici il n’y en a pas. Ni de grande surprise, non plus, quant à savoir qui est le méchant de l’histoire. Mais bon, ça se lit vite, c’est gentil… après tout, elle a fêté ses 90 ans, la dame, il ne faut plus lui demander de danser le rock !

Lire à Saussines


” Les gens qui lisent sont moins cons que les autres” (Bernard Pivot dans Le Figaro de ce matin)

On s’en réjouit. Et à Saussines, ce vendredi soir comme une fois tous les deux mois, on est une bande de moins cons que les autres qui avons partagé gaiement un autre de nos apéros-lecture, les “millefeuilles”. Au programme du jour Norek, Bussi, Ferrante, Ledig, Jablonka… et Almudena Grandes. J’en oublie sans doute.

La guerre d’Espagne ne s’est pas arrêtée en 1939. Le quatrième roman de la série des “épisodes d’une guerre interminable”*, Los patientes del doctor Garcia, raconte le combat de ceux qui ont cru que, faute de pouvoir le faire tomber par les armes, le régime de Franco pourrait être ébranlé par la diplomatie. Les héros du roman prennent des risques énormes pour constituer un dossier accablant sur l’aide apporté par Franco (et Peron en Argentine) aux criminels de guerre nazis, quand le monde occidental, américains en tête, a déjà les yeux ailleurs, vers l’URSS de Staline et les dangers qu’elle représente. L’Espagne est abandonnée à son sort. Il est vrai qu’elle sera loin d’être l’unique dictature de l’après-guerre…

Almudena Grandes écrit un roman historique remarquable. L’histoire écrite par les historiens est tout aussi peu lisible que la science des revues scientifiques peut l’être pour l’homme de la rue. Le roman historique est souvent une belle histoire racontée dans un contexte historique rigoureux. Grandes réussit une fusion plus importante en faisant se mélanger, dialoguer, agir ensemble ses personnages de fiction et les personnages réels. Plusieurs fois je me suis plongé dans Google pour savoir si tel ou tel personnage était réel ou inventé. Il y a beaucoup (trop?) de personnages, et quelques longueurs, c’est vrai, mais l’histoire et ses acteurs, comme racontée et présentés par Grandes, impressionnent beaucoup. C’est sans doute ma meilleure lecture cette année.

 

* Inès y la Algeria publié en 2010 (chez Lattes: Inès et la joie)
El lector de Julio Verne en 2012 (id: Le lecteur de Jules Verne)
Las tres bodas de Manolita en 2014 (id: Les trois mariages de Manolita)