La porte, de Magda Szabó ****

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« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tout les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

Merci d’abord à ma nièce, qui avait suggéré cette lecture-découverte. C’est l’histoire incroyable d’une femme “qui aurait pu être ministre”, mais qui a choisi de servir les autres, intensément, comme aucune autre domestique. Elle écrase de sa personnalité tous ceux qui l’entourent. On ne l’engage pas, c’est elle qui choisit chez qui elle travaille et comment elle travaille. On ne l’engueule pas, c’est elle qui se fâche et qui disparaît jusqu’à ce qu’on lui fasse des excuses. parce qu’elle devient indispensable, et pire: une amie dont on ne peut plus se passer et qui pourtant vous harcèle de ses jugements intempestifs de femme pratique. Selon Emergence, on n’existe que par ce qu’on fait avec ses mains, pas avec sa tête… et elle se lit à deux patrons qui sont des intellectuels, attention ça chauffe !

Magda Szabó a publié ce roman alors qu’elle avait 70 ans. Elle n’a jamais quitté son pays, la Hongrie, malgré le silence qui lui était imposé sous l’ère communiste. Une dizaine de ses livres, en dehors de “La porte”, sont traduits en français.

The wrong side of goodbye, de Michael Connelly ***

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De journaliste spécialisé dans les affaires criminelles à écrivain de romans policiers, il n’y a qu’un pas, franchi avec succès. M. Connelly a écrit plus de trente romans dont il vit très bien merci, entre les états de Californie et de Floride, on a de la peine pour lui. Beaucoup de ses romans mettent en scène le même Harry Bosch… depuis le temps, pas étonnant que celui-ci arrive maintenant à l’âge de la pré-retraite. On l’a un peu poussé de ce côté-là apparemment, ce qu’il a osé contester en justice, et depuis ses relations avec le LAPD sont, disons, tendues. Il partage son temps, depuis cette mésaventure, entre un job bénévole dans un commissariat de banlieue et des enquêtes personnelles. L’expérience aidant, il est toujours aussi efficace et recherché, y compris par les plus riches californiens ayant besoin d’un enquêteur privé, performant et discret. L’un d’eux l’engage, sur la fin de sa vie et avant de passer sa fortune à son entreprise faute d’héritier, pour savoir si une erreur de jeunesse vite oubliée mais qui pourrait lui valoir des ennuis au moment de passer devant Saint Pierre, n’aurait pas finalement donné lieu à une naissance, et donc potentiellement une lignée illégitime d’héritiers. Quand on vaut plusieurs milliards, les requins sont partout qui attendent, gueule ouverte. Malgré mille et une précautions sécuritaires, le vieil homme décède un peu vite, mais Bosch reçoit une lettre de lui, écrite juste avant sa mort, qui le pousse à continuer ses recherches jusqu’au bout. Au bout de ses surprises.

Je l’ai lu vite, comprenez que c’est un dur-à-lâcher, bien ficelé, personnages crédibles et plus si affinités, etc. Un bon policier.

… mais il faut attendre un peu pour la traduction en français, qui n’est pas encore sortie.

 

A place called freedom, de Ken Follett ***

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“Le pays de la liberté”, en français, est un roman historique de Ken Follett qui date un peu, puisque sorti en 1995. Je suis paresseux, évidence, mais si je n’ai rien écrit sur ce blog depuis un moment, c’est que je n’ai rien trouvé à lire qui me plaise vraiment. Le Ken Follett fait – un peu – figure d’exception, parce que s’il est fait d’une bonne dose de “roman à l’eau de rose”, il est aussi fait d’une sacré dose de roman historique, entre la misère des mineurs britanniques (écossais dans le livre), véritables esclaves blancs (plutôt noirs en fait) de grands propriétaires qui règnent en maîtres absolus, au-dessus des lois… et beaucoup d’autres choses, comme la vie de ces riches-là, la vie du port de Londres, l’immigration aux Etats-Unis (la Virginie) et donc la confrontation avec l’autre esclavage, encore une histoire d’hommes traités moins bien que les chiens, le courage de la fuite, l’espoir d’une vie meilleure et tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes après quand même mille et une péripéties. On ne s’ennuie pas. Donc c’est une bonne lecture.

un ebook lu sur mon Kindle.