Une place à prendre, de J.K. Rowling ***

aa casual vacancy

Imaginez deux communes adjacentes, une qui a poussé comme une boite de pleurotes “prêtes à pousser”, Yarvil, et l’autre, juste à côté, qui est restée le petit village de caractère qui entend bien le rester, Pagford. Magouille de politiques (si, ça existe!) ou hasard de l’histoire, la commune devenue petite ville a besoin de s’étendre et obtient la permission de construire un nouveau lotissement de logements sociaux sur un terrain inoccupé de la commune rurale. C’est le quartier qu’on ne veut pas voir quand on est un “bien pensant” de Pagford. De même qu’on aimerait bien se débarrasser, c’est à dire vendre à bon prix, un immeuble qui appartient à la commune et situé dans Yarvil. Il est loué à une  association qui soigne les drogués et le bail arrive à l’heure du renouvellement. C’est le moment. Oui, mais c’est aussi le moment que Barry Fairbrother, un membre éminent et réputé du conseil local, choisit pour passer de vie à trépas, victime d’une hémorragie cérébrale. Le jour où il s’apprêtait à célébrer son anniversaire de mariage.

Le conseil local en question se trouve déséquilibré par cette mort subite, et ceux qui veulent se débarrasser du quartier malfamé en même temps que de la clinique pour drogués pourraient bien se trouver majoritaires s’ils parviennent à faire élire l’homme de leur choix à la place laissée vacante par le défunt.

Tout cela se passe en Angleterre, et c’est une histoire d’une telle banalité, anglaise de surcroît, que nos valeureux critiques franchouillards ont démonté l’ouvrage, le décrivant comme nul et sans intérêt. Le public a suivi. Un avis posté sur un site de vente en ligne contient ce très beau résumé, relatif aux personnages du roman: “impossible d’éprouver une quelconque forme d’empathie pour ces esprits étriqués, centrés sur leur propre intérêt”.

Ciel, c’est donc qu’un village anglais peut ressembler, à s’y méprendre, à un petit village gaulois !

Combien de fois, en cours de lecture, me suis-je dit: “on pourrait transposer aisément cette partie de l’histoire dans le village où j’habite”, ou: “tel personnage, mais c’est M. Machin tout craché”?…

Ce roman, il est vrai était le premier roman pour adultes de J.K. Rowling, publié juste après la série EXTRAORDINAIRE des Harry Potter. Quel contraste, de cet extraordinaire, révolutionnaire roman pour ados, à ce roman de village, où tout est si terriblement ordinaire. Lu cinq ans après sa parution (2012), et presque lu de l’intérieur tant les parallèles sont évidents… je trouve que c’est vraiment “bien vu”. Ce n’est pas un roman facile. Il y a beaucoup de personnages, comme dans tout village, et bien peu sont très sympathiques en dehors du mort.

Le quotidien de mon petit village gaulois existe ailleurs !!!

Lu en anglais sous le titre “The casual Vacance“.

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