Entre Saussines et Boisseron

Randonnée courte aujourd’hui – 2h15, moins de 10kms – partant de la maison et y revenant (heureusement) sous le soleil… juste avant le gros orage de pluie et grêle de l’après-midi. Pourquoi chercher trop loin quand on a tout ça à portée de main:

Retour au Mas de la Barque

Randonnée en raquettes aujourd’hui, essentiellement sous le soleil, seul le Mont Cassini nous faisant supporter nuages et vent glacial pendant un bref instant. On s’est ensuite un peu perdu pour redescendre sur Bellecoste, atterrissant 200m trop à gauche, mais qu’importe, le hameau est toujours aussi beau. 4h30 et 12kms en raquettes qui en valent bien 18 à pied… l’aventure se termine à la terrasse du café restaurant du Mas, au milieu de la foule, mais toujours sous le soleil.

Petit pays, de Gaël Faye ****

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«Au temps d’avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c’était le bonheur, la vie sans se l’expliquer. Si l’on me demandait “Comment ça va ?” je répondais toujours “Ça va !”. du tac au tac. Le bonheur, ça t’évite de réfléchir. C’est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D’ailleurs, tout le pays s’y était mis. Les gens ne répondaient plus que par “Ça va un peu”. Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé.»

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire.
Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur … L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Un petit livre très vite lu. Si la quatrième de couverture m’avait annoncé le génocide au Rwanda et ses débordements au delà des frontières voisines, sans doute n’aurais-je pas pris ce livre sur l’étagère de la médiathèque. Et j’aurais fait une erreur. Il faut le lire. La violence, l’horreur décrites comme ordinaires, l’extrême des conflits entre races qui ne s’expliquent pas, qui nous renvoie comme un miroir l’image de la violence, l’horreur en gestation chez nous… où on ne coupe pas des têtes à la machette, où on ne fait pas la chasse aux musulmans de maison en maison pour tous les égorger avant qu’ils ne nous égorgent, mais où certains demandent quand même qu’on les renvoie “chez eux” ou à minima qu’on arrête d’en accueillir, et tant pis s’ils se font tuer en restant là où ils sont… et tant pis pour les valeurs républiquaines. Ce vieux conflit longtemps ignoré puis très vite oublié (chez nous) entre Tutsis et Hutus, aussi absurde que tous les autres conflits de la planète jusqu’à aujourd’hui. Ce ne serait rien qu’un autre récit de la bêtise ordinaire si le récit n’était raconté par un enfant métis qui vit tout à coup cet absurde dans sa peau, sa maison, sa famille, sa rue, sa ville et ne peut éviter de s’y trouver plongé. Et tout cela au milieu de la beauté magique de la nature africaine. Le récit d’un survivant privilégié. Une très belle lecture.

Prix Goncourt des lycéens 2016 (et plusieurs autres prix)

Emprunté à la médiathèque de Saussines