Une Antigone à Kandahar, de Joydeep Roy-Bhattacharya ****

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  1. Interdiction aux femmes de sortir de la maison sans être accompagnées par un mahram (membre mâle de la famille proche, comme un père, un frère ou un mari).
  2. Interdiction aux femmes de faire des achats auprès de vendeurs mâles.
  3. Les femmes doivent porter la burqa en permanence.
  4. Une femme qui montrera ses chevilles sera fouettée.
  5. Les femmes ne doivent ni parler aux hommes ni leur serrer la main. Aucun étranger ne devrait entendre la voix d’une femme.
  6. Interdiction de rire en public.
  7. Interdiction aux femmes de porter des chaussures à talon car aucun étranger ne devrait entendre les pas d’une femme.
  8. Interdiction du maquillage. Une femme qui se vernirait les ongles aurait les doigts coupés.
  9. Interdiction aux femmes de pratiquer le sport ou de faire partie d’un club de sport.
  10. Interdiction aux femmes de porter des vêtements de “couleurs sexuellement attirantes”.
  11. Interdiction aux femmes de laver leurs vêtements dans des endroits publics.
  12. Interdiction aux femmes d’apparaître au balcon de leur maison. Toutes les fenêtres seront peintes pour que les femmes ne puissent pas être vues de l’extérieur.
  13. Aucune rue ou place ne pourra porter le nom d’une femme ou évoquant une référence à une femme (…).

Le premier grand roman sur la guerre d’Afghanistan” (The Wall Street Journal)

Je ne lis jamais de livre sur la guerre, où que ce soit, à quelque époque que ce soit. Et comme toutes les règles ont leur exception, j’ai fini par emprunter à la médiathèque ce livre dont j’avais déjà regardé la quatrième de couv au cours de plusieurs visites antérieures, faute de trouver autre chaussure à mon pied.

Pour moi il y a deux critères pour le bon bouquin: (1) je le lis très vite (je n’arrive pas à le lâcher) et (2) j’ai envie d’en parler. Ce sera donc le bouquin dont je parlerai lors de notre prochaine “soirée Millefeuilles”, le petit club de lecture de notre médiathèque (le 18 novembre à 19h).

Le livre n’est écrit ni par un afghan ni par un américain, mais par un auteur indien qui vit, certes, aux Etats-Unis. C’est sans doute ce qui explique, au moins en partie, que ce livre n’apparaisse jamais comme un livre “à charge”, contre les uns, ou pour justifier les autres. Dans cette guerre il n’y a guère que des victimes. Les populations afghanes d’abord, tiraillées entre les fanatiques religieux et les bonnes âmes qui veulent les sauver de cet extrémisme pour les conduire vers une démocratie qui n’a pas grand chose à voir avec leur culture, aidés par des dirigeants afghans corrompus et incompétents. Et les soldats américains de la petite garnison perdue au milieu du désert, dont le chef n’a pas trente ans, et qui sont tous de la bonne graine de soldats américains – traduisez: des noirs des banlieues ou des fils de fermiers blancs, pauvres, et largement illettrés, incapable de comprendre quelque chose du monde au-delà des frontières de leur petit comté.

Le livre raconte un épisode – assez probable – de cette guerre improbable. La rencontre entre les petits soldats de la grande Amérique et une situation dont on ne trouve la solution décrite dans aucun manuel de guerre. Une femme handicapée, enveloppée d’une burqa, se présente à l’entrée de la base américaine. Elle vient réclamer le corps de son frère, tué dans une attaque contre cette base quelques jours auparavant. Un homme qui, assure-t-elle, n’était pas un taliban.

En donnant la parole, à tour de rôle, aux différents protagonistes, l’auteur nous fait découvrir toutes les faces de l’absurdité du conflit. Les américains impuissants à résoudre quoi que ce soit. Le calvaire des jeunes soldats déracinés dans un monde hostile dont ils ne comprennent rien. La juste fureur des afghans, chez eux, dans un pays occupé par une puissance étrangère qui soutient un régime incapable, et qui encourage, par là, le départ des jeunes des villages vers le fanatisme religieux des talibans, seule force semblant capable de libérer le pays…

Un livre qui frappe les esprits.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

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