Assas

C’était en des temps très lointains et heureusement révolus, où les compétences importaient peu pour occuper un siège de ministre. Et donc un de ceux-ci pouvait, sans faire rire, passer d’un jour à l’autre de l’agriculture à la culture. Raymond Devos était l’homme idéal pour mettre une telle nouvelle en musique. Il arrivait sur scène conduisant une petit tracteur, pout pout pout, arrêtait l’engin, se tournait vers les spectateurs pour annoncer de sa voix forte “et maintenant, je vais passer de l’agriculture à la culture”… il faisait alors pivoter le siège du tracteur pour se retrouver face à la remorque sur laquelle se trouvait sa harpe, et il nous régalait d’un morceau. Avec le même bonheur, les joyeux randonneurs Saussinois du dimanche sont passés aujourd’hui de l’agriculture – amandiers en fleurs, chênes truffiers, vignes, prairies traversées d’un bon pas (le chemin était plat) – à la culture, avec la visite, en fin de parcours, du chateau d’Assas et sa collection de claviers, dont le très fameux clavecin du XVIIIème siècle, dont certains disent qu’il est hanté par le souvenir de Scott Ross. Un grand merci à Madame Demangel qui nous a fait visiter les lieux et au professeur de musique de Montpellier, dont je n’ai pas entendu le nom, qui nous a si gentiment expliqué le fonctionnement du bel instrument et nous a interprété quelques unes des variations Goldberg de Jean Sebastien Bach.

Photos:

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C’est une randonnée… de printemps.
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… qui nous conduit à Saint Vincent de Barbeyrargues, où nous visitons l’église romane du XIIème siècle, et admirons la vue.
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Bon… la vue… il y en a dans le groupe qui ont autre chose à faire que d’admirer la vue…
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Tiens, les sangliers sont passés avant nous !
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de retour à Assas d’où nous étions partis. A droite l’église, ancienne chapelle du chateau.
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Les randonneurs du dimanche marchent trop vite… on doit donc attendre l’arrivée de Madame Demangel.
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J’en profite pour faire une photo d’une des tours médiévales du village.
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et on entre dans les lieux. Ici la salle qui sert pour les petits concerts, tapissées… de toiles peintes représentant les “sciences”.
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“LE” clavecin.
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… avant notre mini concert, offert pas ce professeur de musique de Montpellier, quelques explications.
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Madame Demangel, ravie de recevoir des visiteurs ravis de l’écouter, nous raconte l’histoire de son chateau.
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Ce qui suit est en hommage à Scott Ross…
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arrivé à 18 ans, et quand il ne jouait pas sur le clavecin…
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S. Ross et le fameux clavecin sur lequel il joua 556 sonates de Scarlatti (qui n’en a écrit que 555) sans que personne n’y trouve à redire.
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couverture de CD…
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Couperin, Rameau, Bach, Händel, Scarlatti…

Sormiou, Morgiou, Sugiton, trois calanques au menu

Malgré quelques petites erreurs comme (1) utiliser le topo du site http://www.eskapad.info ou (2) penser que la signalisation dans les calanques est aussi bien faite que pour toutes les randonnées du Gard ou de l’Hérault et donc (3) partir sans GPS… la journée fut à la hauteur de nos espérances. Ces calanques sont vraiment belles. On a quand même eu un petit faible pour la troisième, le Sugiton, moins profonde, mais plus sauvage (et pas habitée). Seul bémol: elle est très près de l’université et donc assez fréquentée le weekend, même en hiver.

Je reviens sur le topo: dans les grandes lignes, pas trop mal. Mais nous nous sommes quend même perdus deux fois, et la première fois, c’est clairement le topo qui nous a mis dans la m… (=mouise): quand on arrive sur la crête de Morgiou, il y a un gros cairn (rajoutez une pierre) et le topo dit “tournez à gauche sur l’itinéraire 1 bleu”. Ne cherchez pas les numéros (1 bleu, 4 noir, 5 rouge, etc.), il n’y a aucun numéro nullepart. Le coup du bleu à gauche nous emmène à 180° de la destination souhaitée, à savoir la calanque de Morgiou. Après quelques centaines de mètres, c’est assez évident et nous devons faire demi-tour. Pour continuer sur le tracé rouge (le 5?) qui lui, va bien à la calanque.

Dans les calanques, il n’y a aucun panneau d’information indiquant où vous êtes. Des tonnes de panneaux pour signaler qu’on est dans une zone protégée et donc qu’il ne faut pas faire de feu ni camper ni cultiver du cannabis (ces panneaux sont le seul bénéfice bien visible de l’adoption du statut de Parc National en 2012), mais pas un panneau pour vous dire que vous êtes bien au col de machin ou au col de truc. Et le balisage… vous en trouvez de toutes les couleurs. Ne nous a manqué que le rose bonbon. Aucune pancarte de direction comme on en voit partout sur nos PR. Donc le GPS aurait vraiment été utile. Vous croyez que c’est parce qu’il y a déjà trop de visiteurs dans ce parc qu’ils ne font aucun investissement dans la signalisation?

Mais comme je disais, la nature est si belle en cet endroit que malgré tous les pièges pour randonneurs “étrangers”, on en a pleinement profité comme le montrent les photos ci-dessous:

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La calanque de Sormiou (dans la montée vers la crête de Morgiou)
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La même calanque, vue de plus haut… (ne vous méprenez pas sur la qualité du chemin: par endroits, on a carrément fait de l’escalade!)
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Celle-ci, c’est Morgiou.
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Des falaises jusqu’à l’horizon.
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Et beaucoup de massifs pour faire le bonheur des amateurs de varape. On en verra dans plusieurs endroits.
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Descente vers une perle: la calanque de Sugiton.
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au-dessus de Sugiton, en regardant vers le large.
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Il y a un excellent chemin qui mène de l’université à la calanque de Sugiton. Venant de Morgiou, par contre, c’est plus sportif. L’échelle se fait en descente, après un passage où l’on doit s’accrocher à des chaines.
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Juste avant, j’avais dû ranger les batons…
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Fin d’après-midi à Cassis.
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Le coucher de soleil sur les falaises de Cassis…
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… et sur le port.

Je n’ai pas encore calculé le kilométrage vraiment parcouru, mais on a marché quelque 5h30 (partis de Saussines à 7h30). Avec pas mal de dénivelé. Quelques passages franchement “délicats”. Une rando classée difficile, mais vraiment très belle. La prochaine fois, on ira explorer les autres “petites” calanques plus près de Cassis.

Mort à la Fenice, de Donna Leon ***

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Les amateurs d’opéra sont réunis à la fenice de Venise où ce soir-là, Wellauer, le célébrissime chef d’orchestre allemand, dirige La Traviata.
La sonnerie annonçant la fin de l’entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place, les musiciens s’installent, les brouhahas cessent, tout le monde attend le retour du maestro. Les minutes passent, le silence devient pesant, Wellauer n’est toujours pas là… il gît dans sa loge, mort. Le commissaire Guido Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure.
Le très respecté musicien avait-il des ennemis ? Dans les coulisses de l’opéra, Guido Brunetti découvre l’envers du décor.

Comme c’est le péplussekuième roman de Donna Leon mentionné sur ce blog, toutes les choses dites auparavant s’appliquent encore. On peut en lire un et le trouver amusant. Si on aime Venise en plus, alors on peut devenir accro, attention danger. Mes lecteurs et lectrices assidues savent que nous sommes allés jusqu’à la Questura par nous-mêmes, pour rencontrer l’inspecteur Brunetti, il y a près de deux ans de cela. Comme il était absent, nous avons filé jusque chez lui de l’autre côté du Rialto. Mais comme les noms de rues à Venise et les numéros d’immeubles sont tout sauf quelque chose de compréhensible pour quelqu’un qui n’est pas né à Venise, nous ne sommes pas tout à fait sûrs d’avoir sonné à la bonne porte. Et nous n’avons pas rencontré Brunetti. Mais ça ne fait rien, il nous amuse toujours autant. Et se ballader dans Venise avec lui, sur les caneaux ou en sautant d’un pont à l’autre, c’est toujours aussi divertissant.

Le jardin de bronze, de Gustavo Malajovich ***

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Deux mois sans un seul article dans la catégorie “livres”… un gros coup de paresse, pas un arrêt de lecture. J’ai croqué plein de bouquins, comme à mon habitude. Des trucs pas mal, des trucs bof, rien d’extraordinaire vraiment, qui me fasse sortir de cette torpeur claviéristique. Jusqu’au livre de cet argentin. On peut écrire des policiers partout, du grand Nord au grand Sud, c’est une évidence. Quand on lit un nouvel auteur, d’un pays lointain, il y a une petite touche de curiosité supplémentaire. Pas déçue. Continue reading “Le jardin de bronze, de Gustavo Malajovich ***”

Le chateau de Monlaur

À la fin d’une belle randonnée un peu fraiche sous un grand ciel bleu, et avant la galette des rois dans les locaux bien chauffés de la mairie de Saussines, nous avons eu le plaisir d’une page culturelle avec une charmante archéologue de l’association Montaud Patrimoine (voir lien ci-dessous) participant au projet de consolidation/sécurisation des ruines du chateau de Monlaur.

Grande famille catholique vivant au milieu d’un pays d’hérétiques, les Monlaur avaient beau dominer la plaine et voir leurs ennemis arriver de très loin, les troupes de Rohan ne mirent pas plus de trois jours pour venir à bout de la résistance de la très catholique et royale troupe du marquis de Monlaur. Et comme en ce temps-là le monde se divisait entre des nobles dont la vie n’avait pas de prix et des gueux dont la vie ne valait rien, tous les hommes de Monlaur furent passés par les armes quand la famille de Monlaur pu s’exiler vers des terres plus respectueuses. Le chateau, lui, fut pillé, brulé, en grande partie détruit. On était en 1622. Et quatre siècles plus tard, si les ruines ne fument plus elles sont encore à peu près en l’état ou Rohan les a laissées, à quelques renforcements près réalisés par une association locale (Montaud patrimoine).

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Les randonneurs Saussinois ont pu apprécier la vue (imprenable, elle) depuis le “bureau” du marquis, au premier étage de ce qui reste du chateau. Et ils ont certainement tous eu une pensée émue pour les habitant(e)s de l’époque, qui devaient vivre sinon au moins dormir dans des chambres glaciales non chauffées. D’aucuns esprits malins y auront sans doute deviné l’origine de l’expression “rester couvert”. Quelques chercheurs, parmi eux, auront peut-être été vérifier dans la généalogie des Monlaur que, pendant des siècles, les marquis sont tous nés au printemps…

… avec quelques photos d’aujourd’hui:

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Le printemps en janvier, jusque chez les orchidées sauvages.
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l’entrée principale et, à droite, le “bureau” du marquis
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Notre guide et archéologue nous ouvre les portes…
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…et ensuite on regarde bien où on met les pieds.
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Le bureau local de la poste royale
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Du “bureau” du marquis, et dans les courants d’air, les randonneurs entendent l’histoire de Monlaur
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La chapelle à droite, avait été partiellement restaurée par les Monlaur à la fin du 17ème siècle.
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La cuisine (sous la voute) devait contribuer à chauffer la salle à manger juste au-dessus…
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Nos marcheuses, la tête dans le four, regarde sans doute si la cuisson du chevreuil chassé ce matin avance bien…
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Et là on s’étonne peut-être de la présence constante d’eau, au sommet d’une colline, et en pays sec, dans le puits du chateau (“même au mois d’août” nous dira notre sympathique guide)

 

 

Aspères et fils

Bon, c’est presque un lendemain de fêtes, je me donne des excuses pour ce titre “zéro pour cent humoristique” comme diraient mes enfants… On était donc 18 ou 19 exactement, on n’a jamais su, et on a randonné quelque 12kms (ah quand même) autour du petit village d’Aspères, dans le Gard voisin, peuplé de 534 Aspèrois. On a rencontré pas mal de cailloux, pas mal de flaques d’eau, mais aussi pas mal de ciel presque bleu dans une semaine qui n’en verra pas beaucoup. Avec toutes les gateries apportées par les uns et les autres et l’excellente bouteille de vin de Ghyslaine, la journée de reprise était presque parfaite: manquait Jean-Luc, qui nous avait annoncé la veille sa bonne résolution de nouvelle année: marcher enfin sérieusement avec nous… pour nous envoyer un second message le matin même annonçant qu’il ne la tiendrait pas !!!

Tant pis pour lui. Voilà les photos:

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Les Aspèrois nous informent…
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À l’angle du vieux cimetière…
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La félicité ne durait pas toujours bien longtemps à l’époque de Félicie SICARD… une des nombreuses tombes ornées d’un coeur dans le cimetière abandonné du vieux prieuré.
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Une des belles arches de l’ancienne bergerie.
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Poussez-vous, j’veux voir la vue aussi !!!
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Et que voilà un joli groupe de joyeux randonneurs du dimanche !
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mais qui a laissé ses tongs au pied de l’arbre un 3 janvier ?
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On notera l’esprit de grande tolérance de notre association: tous les couvre-chefs sont permis !