Inès et la joie, d’Almudena Grandes ****

ineselaalegriaEn 1944, alors que le Débarquement approche, Monzon et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Pas très loin de là vit Inès.
Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué provincial de la Phalange de Lerida, qui la tient à l’œil.
Inès écoute Radio Pyrénées en cachette et capte un jour l’annonce de l’Opération Reconquête. Pleine de courage, elle décide de rejoindre cette armée. Une vie aventureuse et un grand amour l’y attendent.

Je recopie le résumé de l’édition en français. Et je me demande bien pourquoi: il est nul à pleurer. Inès et la joie (Inès y la alegria) c’est, d’abord, un modèle de roman historique. Almudena Grandes connait son histoire de la guerre civile espagnole et des années de dictature comme sa poche. On peut se fier à toutes les dates, tous les événements qu’elle mentionne. Donc le contexte historique est excellent. L’épisode central, l’invasion de la vallée d’Aran en 44, c’est un événement qui a vraiment eu lieu et qui n’existe dans pratiquement aucun livre d’histoire en Espagne ou ailleurs parce que “l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs”. Inès et la joie, c’est ensuite un roman sur la femme, les femmes, pendant la guerre, et après, pendant la dictature. C’est aussi l’histoire du communisme espagnol, chassé d’Espagne en 39, qui nous aide à chasser les allemands du sud de la France en 44, et que la France remercie (comme les autres démocratie victorieuses)… en acceptant bien gentiment la dictature de Franco et tout ce qu’elle comporte de violation des droits de l’homme, puis en interdisant toute activité du parti communiste espagnol en France, et en donnant finalement à beaucoup d’exilés politiques le choix entre l’expulsion vers l’Espagne (donc très probablement la torture et la mort), où l’enrollement dans notre bonne vieille légion étrangère pour aller se faire tuer en Indochine. Ou l’exil vers l’est, comme pour la Passionaria et beaucoup d’autres dirigeants – le bloc soviétique voulant bien accueillir l’élite du communisme espagnol mais pas ses milliers de bons militants-soldats. Inès et la joie n’est pas un livre d’Histoire, mais un livre d’histoires, surtout de la petite histoire d’un couple de héros – Inès et Galan – qui témoigne surtout de la vie de ces femmes militantes ou compagnes de militant pendant la grande Histoire. Je me suis dit que 700 et quelques pages sur une histoire qui pour nous (les français) est assez étrangère, ce serait long, mais ça ne l’est pas du tout.

Merci à Ghislaine pour son conseil de lecture.

ebook en espagnol (v.o.: un des avantages d’Amazon.com!)

Notre rando corse

En visite chez les parents de notre prince Charles, un mois et demi, accompagnés des arrière-grands-parents suisses, on a trouvé une journée pour s’extraire du petit paradis où ils nous avaient installés et aller marcher avec les copains randonneurs Saussinois (pour le plus grand nombre: Saussinois d’adoption, un dimanche sur deux). Un petit bout de GR20, entre le col de Bavella et le petit refuge de Paliri, à quelque deux heures de là. Et d’où l’on a, tu as bien raison Jean, une superbe vue sur les aiguilles de Bavella.

Un très joli chemin dans la forêt, assez fréquenté bien sûr mais beaucoup moins que d’autres tronçons du même GR, même si trouver une place de stationnement au col n’est pas si simple. Et on n’est qu’en juin!

Au risque de me faire traiter de tous les noms – je prends le risque en songeant que la saison des randos “officielles” est terminée et que d’ici la rentrée ils auront tous oublié ce mauvais coup… bref, ayant entendu certains réclamer quelque peu de la qualité de la cuisine de leur hébergement (“une semaine en Corse sans manger du poisson”, etc.) j’ai craqué le soir même, le diner ayant été préparé par mon gendre et ses associés de la Paillotte du Rupione (une bonne adresse, le midi, sur une très belle plage). D’où les dernières photos.

Aïe, aïe, aïe, ils vont me tuer !

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Départ du col de Bavella, 1218m
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Les aiguilles du même nom.
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2h15 plus tard, le refuge de Paliri
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Derrière le refuge, vue vers la mer.
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Fenêtre au-dessus du refuge. On peut y monter en 2h, avec un minimum d’équipement, par une petite via ferrata.
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Dure la vie des arbres par ici…
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Elle fonce en tête, sur le chemin du retour…
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Arrivés! Jean applique le sacro-saint principe “après l’effort…”
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En entrée: chapons et langoustes.
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Dur de se décider…
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le plat de résistance: des corbs.