Les voisins d’à côté, de Linwood Barclay ***

barclayVoisinsJusqu’à quel point connaît-on ses voisins ?

La petite ville de Promise Falls est sous le choc : les Langley viennent d’être sauvagement assassinés. Qui pouvait en vouloir à cette famille apparemment tranquille ? Qui a bien pu commettre cet acte aussi barbare que gratuit ? Les rues de cette banlieur réputée paisible sont-elles encore sûres ?
Seul témoin du drame : Derek Cutter, disx-sept ans, qui n’aurait jamais dû se trouver là.
Alors que tous les regards se tournent vers cet ado déjà connu pour quelques méfaits, Jim Cutter, bien décidé à prouver l’innocence de son fils, va mener sa propre enquête et découvrir que certains sont prêts à aller très loin pour préserver les apparences…

Une famille ordinaire, une vie assez simple, des héros sympathiques, d’autres personnages qui le sont moins, une écriture facile, une dose de suspense, et la série de rebondissements nécessaires à toute bonne histoire. Une recette qui marche. Les voisins d’à côté était le deuxième roman de Linwood Barclay traduit en français en 2010. Son succès a fait qu’il y a maintenant toute une série de livres de Barclay traduits. L’embarras du choix.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Adultère, de Paulo Coelho °

adultereÀ éviter absolument. C’est nul. Et j’ai laissé tomber avant la fin. Paulo Coelho écrit au féminin. “Je” est une journaliste genevoise de 31 ans, mariée, deux enfants, qui décide de s’envoyer en l’air à tout prix avec un ami d’enfance en guise de thérapie contre son petit ennui du moment. C’est long comme un jour sans pain. En plus des longueurs, Coelho a appris la Suisse chez Wikipedia et nous la récite. Avec des horreurs. Si vous avez déjà rencontré un suisse qui, dans un restaurant, commande en même temps une raclette, de la viande crue et un rösti (la liste des spécialités suisses chez Wikipedia?), vous pouvez sauter dans le lac de Genève directement en sortant de la gare – bon il faut marcher un peu – son eau est au moins à 32°. Les leçons de psychologie féminine, les grandes réflexions politoco-philosophico-religieuses qui s’éternisent, on peut allègrement sauter tout ça sans rien perdre… Heureusement que je ne l’avais pas acheté mais seulement emprunté à ma médiathèque. Pas nul. Nullissime.

On ne voyait que le bonheur, de Grégoire de Delacourt ***

COUV On ne voyait que le bonheurJ’ai aimé ses autres livres. Je ne change pas d’avis sur Delacourt avec celui-ci, même s’il est beaucoup moins “léger” que les précédants. Le titre est éloquent. Ce n’est pas une histoire heureuse, même si elle se termine sur un espoir de bonheur. Mais c’est encore, certainement, une “belle” histoire. Et puis on se laisse entrainer par le language Delacourt. Cela court, vraiment, à certains moments. Sujet, verbe, complément. Sujet, verbe, complément. De toutes petites phrases, qui s’enchaînent à toute allure. On se croirait dans une voiture de course, décapotable. On se laisse donc entrainer, cheveux au vent. Et puis, tout à coup, moteur coupé. On passe à une phrase de vingt lignes! Il écrit comme personne, Delacourt. Et ça scotche. Ça se lit vite aussi.

Je ne l’ai pas su. Je l’ai senti.

J’ai senti les mains rôder, les lèvres goûter, les yeux caresser. J’ai senti les mots nouveaux qui s’étaient insinués. J’ai senti le geste plus lourd pour remettre une mèche. Un geste sans ambiguïté possible. J’ai senti le mal. J’ai senti l’abîme. J’ai senti mon coeur s’ouvrir, se déchirer. J’ai senti les larmes. Les brûlures. J’ai senti le fauve se réveiller. La colère gronder. L’orage, tous les orages. J’ai senti le sens du mot chagrin. La douleur immémoriale des femmes. J’ai senti l’âcre, le sale. J’ai senti les doigts qui sentaient le mensonge. La trahison. Le regard qui coulait. Se posait deux millimètres plus loin que d’habitude. J’ai senti les grammes de sucre en trop dans le café. L’odeur nouvelle du shampooing. Les amandes douces dans le savon. J’ai senti les phrases plus courtes, plus évasives, plus floues. J’ai senti la pression des bras plus forte autour de notre petite fille. Les baisers humides. J’ai senti les pardons qui ne s’exprimaient pas. Les poupées soudain deux fois plus chères: les petites indulgences. J’ai senti la peur. J’ai senti les souffles courts, la nuit. Les talons plus haut au réveil. Le rouge à lèvres légèrement plus rouge. Les ongles plus longs. Les griffes. J’ai senti un dos. Des os. Une peau pâle. J’ai senti l’abandon. L’extase. Les petits paradis. L’odeur de foutre. J’ai senti le froid. Le vent. L’orage, tous les orages. J’ai senti mon sang se glacer. J’ai senti l’eau froide. Le nénuphar chaud de mon sang. J’ai senti le monde s’écrouler quand Nathalie m’a trompé.”

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick Modiano **

ModianoPourqueDerrière l’écriture précise, fluide d’un Rufin, celle du dernier Modiano c’est flou, brumeux, et terriblement parisien. Mais ce n’est pas mauvais. Le débobinage des fils – quelques uns – d’un passé oublié, cela manque de crédibilité (pourquoi si tard, après si longtemps?) mais pas d’intérêt. Si je ne mets pas trois étoiles, c’est parce qu’au final on n’en sait pas beaucoup plus qu’au début. C’est un peu frustrant.

Sur la quatrième, un tout petit extrait:

« – Et l’enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l’enfant?
– Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu’il était devenu… Quel drôle de départ dans la vie…
– Ils l’avaient certainement inscrit à une école…
– Oui. À l’école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d’une grippe.
– Et à l’école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage…
– Non, malheureusement. Ils ont détruit l’école de la Forêt il y a deux ans. C’était une toute petite école, vous savez…»

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Le collier rouge, de Jean-Christophe Rufin****

collier-rougeJe n’aime pas – pas du tout – trouver un livre, dans ma médiathèque préférée, affublé d’un petit coeur rose sur la couverture sur lequel une main a écrit “coup de coeur!”… Comme si le lecteur ne devait pas se faire sa propre idée et/ou comme si tous les lecteurs devaient approuver ce choix. J’ai massacré un de ces “coups de coeur” plus tôt dans l’année, qui plus est primé par une auguste académie, parce qu’il ne valait pas tripette à côté d’autres romans du même auteur. Bref… je démarre maintenant ma lecture de ces “coups de coeur” avec un à priori défavorable.

Pas du tout justifié dans ce cas-là, et il ne me faut pas longtemps pour m’en apercevoir. Qui peut raconter si bien une si petite histoire? Au sortir de la première guerre mondiale, quand il est encore très loin d’être l’heure de critiquer les héros, un petit soldat décorré de la légion d’honneur se permet de perturber le défilé du 14 juillet en faisant un geste inadmissible pour les autorités. Il est arrêté, et le jeune juge militaire chargé de l’affaire mène sa petite enquête. Pourquoi a-t-il fait cela?

Et quelle est l’histoire de ce chien, autre héros de la petite histoire et du livre, qui passe sa journée dans la cour de la prison, ne s’arrêtant d’aboyer que lorsque le juge est dans la cellule de l’accusé?

Un très court, très bon moment.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Huntress Moon ***, et Blood Moon***, d’Alexandra Sokoloff

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Comme elle le raconte elle même sur son site, Alexandra Sokoloff a trouvé l’inspiration pour sa dernière série – the Huntress/FBI, n°1-Huntress Moon, n°2-Blood Moon, n°3-Cold Moon (à paraître en mai 2015) – lors d’une conférence sur le roman policier à San Francisco. Elle a particulièrement accroché à une remarque de Val McDermid, auteure écossaise de policiers, affirmant que le roman policier était sans doute la meilleure manière d’aborder les questions sociétales, Denise Mina, autre auteure écossaise de policiers, qu’elle interrogeait, rétorquant qu’elle-même trouvait une forte inspiration à écrire sur tout ce qui la rendait furieuse.

« Ecrire sur ce qui vous rend furieuse ? Je n’ai pas eu besoin de plus d’une milliseconde pour faire ma liste. Les abus sexuels sur enfants viennent en tête, sans aucun doute. La violence contre les femmes et les enfants. Les discriminations de toutes sortes. L’intolérance religieuse. Les crimes de guerre. Les génocides. La torture. »

J’étais en panne de livre, un jour de fermeture de ma médiathèque préférée. Et pas envie de replonger dans un livre déjà lu de la maison (même si depuis longtemps oublié). J’ai donc ressorti mon Kindle. Et cherché. Alexandra Sokoloff ? Connais pas. Erreur.

Je n’ai pas pris de risque, ne connaissant pas la dame. Mon investissement, sur Amazon, n’a été que de 3 dollars – 3 euros. Mais j’avais à peine terminé le premier livre que déjà j’avais commandé le second. Au même prix. Et si je n’ai pas encore lu le troisième (et dernier ?), c’est qu’il n’est pas encore sorti. Francophones-only, désolé pour vous, mais ces livres ne sont pas encore traduits en français. Comme les livres plus anciens d’Alexandra Sokoloff le sont déjà, je ne doute pas que ceux-là le seront aussi bientôt. Les héros forment « un couple » inhabituel. D’un côté un agent du FBI étonnamment humain. De l’autre l’unique survivante d’une famille massacrée quelque 25 ans plus tôt, qui s’est transformée en « justiciaire », traquant les pervers impunis et leur tranchant purement et simplement la gorge sans état d’âme. Bien sûr, s’ériger en justicier est interdit dans tous les pays du monde, mais la belle est assez belle, assez intelligente et assez forte pour gagner plus que le respect de notre bel agent fédéral et échapper à tous les pièges qui lui sont tendus. Jusqu’à quand ?

Lus sur Kindle

La diligence ****

Une randonnée estivale un 12 avril, après plusieurs dimanches gris ou pluvieux, humm, quel plaisir. 18kms, 700m de dénivelé cumulé, un peu beaucoup pour un ou deux grincheux. Mais un bel environnement, la nature qui s’éveille, le vent aux abonnés absents, la bonne compagnie, tous les ingrédients étaient là, et sous les ordres d’un chef étoilé, la cuisine s’est avérée excellente.

Photos !

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Vue du Gardon, sous le parking.
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Gardon traversé, préparez-vous, ça va grimper…
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Pique-nique au sommet, vue 360° (ou presque), pastis et Pic Saint Loup. N’a manqué que la sieste, mais la rando était trop longue.
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Opération séduction?
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Joli chemin.
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On saute le ruisseau…
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au même endroit, quelques années plus tôt, il y a avait beaucoup plus d’eau (photo envoyée par Jean)
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Sans souci (pour ceux qui n’étaient pas des notres: Souci est le nom de l’endroit).
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Le pont des soucis ?
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Maire 7/7, 24/24, toujours à la recherche d’un nouvel équipement pour son village !

 

A confissão da leoa, de Mia Couto ****

Confession-de-la-lionne-HDLorsque le chasseur Arcanjo Baleiro arrive à Kulumani pour tuer les lions mangeurs d’hommes qui ravagent la région, il se trouve pris dans des relations complexes et énigmatiques, où se mêlent faits, légendes et mythes. Une jeune femme du village, Mariamar, a sa théorie sur l’origine et la nature des attaques des bêtes. Sa sœur, Silência, en a été la dernière victime. L’aventure est racontée par ces deux voix, le chasseur et la jeune fille, au fil des pages on découvre leurs histoires respectives. La rencontre avec les bêtes sauvages amène tous les personnages à se confronter avec eux-mêmes, avec leurs fantasmes et leurs fautes. La crise met à nu les contradictions de la communauté, les rapports de pouvoir, tout autant que la force, parfois libératrice, parfois oppressive, de leurs traditions et de leurs croyances. L’auteur a vécu cette situation de très près lors d’un de ses chantiers. Ses fréquentes visites sur le théâtre du drame lui ont suggéré l’histoire inspirée de faits et de personnages réels qu’il rapporte ici. Clair, rapide, déconcertant, Mia Couto montre à travers ses personnages forts et complexes la domination impitoyable sur les femmes, la misère des hommes, la dureté de la pénurie et des paysages. Un grand roman dans la lignée de L’Accordeur de silences.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas utilisé mon Kindle. 99,9% des livres de la médiathèque de Saussines sont en français, et celui-là je voulais le lire dans sa version originale. Sur Amazon.com, j’ai trouvé: a confissão da leoa, de Mia Couto. Je n’avais jamais rien lu de cet auteur. Je vais maintenant chercher à lire autre chose.

Très au-delà du fait divers, Mia Couto dessine une histoire à la frontière du réel. Bien sûr il y a ce qui décrit la vie loin de la capitale, dans un arrière pays très arrière (ou arriéré) où le seul droit qui s’applique est le droit du plus fort, donc de l’homme. Ou de la bête. Parce qu’à voyager entre imaginaire et folie, rêve et réalité, on ne sait plus trop bien qui sont les bêtes qu’il faut tuer. Pour que chacun ait le droit de vivre dignement, et tout particulièrement chacune. En portugais, le texte est comme la nature, riche, exhubérant, haut en couleurs. Une lecture attachante.

Lu sur Kindle