Trois livres…

 

Angor, de Frank Thilliez **

angor_thilliez Je suis toujours perturbé par le fait que les bons polars sont écrits par des gens de partout mais très peu dans l’hexagone. Bon… je sais qu’il y a des gens qui encensent Musso et ils sont nombreux si on en juge les tirages des livres de ce monsieur. Reste que je n’ai encore rien lu de lui qui soit comparable à ce que produisent les bons auteurs de polars anglo-saxons ou scandinaves.

D’ailleurs, à en juger par le nombre de ces bons auteurs qui sont des auteures, on devrait s’interroger sur la dangerosité de toutes ces dames. Combien de crimes parfaits, de meurtres irrésolus, ont-ils été commis par des écrivaines de ces pays ? Leurs esprits machiavéliques les prédisposent sans doute à de brillantes carrières de serial killers.

Et parlant de serial killers, le livre de Thilliez n’en contient pas un, mais une bande, bien gratinée. Si vous aimé le gore, le saignant, les têtes coupées et les tripes au petit déjeuner, ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin. Trop, c’est trop. Jusqu’à cette superbe gendarmette, comme il se doit charmante et sexy – le bouquin est écrit par un mec sympa, pas de coucherie une page sur deux – qui va se faire greffer deux cœurs coup sur coup, qui plus est compatibles avec son groupe sanguin hyper rare… parce qu’elle a de la chance, figurez-vous ! Ou bien parce que c’est l’époque des soldes dans le magasin U des implants.

Oublions. Il y a eu pire…

 

L’esprit d’hiver, de Laura Kasische °

espritdhiverJe lis le premier avis, d’une certaine Sandrine : « Ce devait être un Noël comme les autres pour Holly et sa famille : la préparation du repas, l’arrivée des invités, l’impatience d’ouvrir les cadeaux. Mais ce matin-là, tout va mal. Holly se lève trop tard. Alors que son mari file en râlant récupérer ses vieux parents à l’aéroport, Holly reste seule avec sa fille adoptive Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Elle essaie de rattraper son retard mais un malaise sourd l’empêche d’avancer dans ses taches. Et puis, Tatiana n’est pas comme d’habitude, elle ne fait rien pour l’aider, multiplie les reproches et les remarques acerbes. Dehors, le blizzard se renforce. Effrayés par la tempête de neige, les invités se décommandent, laissant Holly seule avec une inquiétude lancinante et une adolescente revêche.

Une situation banale qui insidieusement devient cauchemardesque, un huis-clos angoissant, un suspense psychologique…tout le talent de Laura Kasischke qui sait si bien distiller des touches de noirceur dans une ambiance froide et aseptisée.
De l’histoire, il ne faut rien dire sous peine de déflorer l’intrigue mais la tension monte tout au long des pages, il est quasiment impossible de lâcher le livre et ce n’est qu’à la toute dernière page que tout prend sens.
Oscillant entre conte de Noël et thriller psychologique, entre banalité et folie, l’Esprit d’hiver ne finira de hanter ceux qui s’y frotteront. A lire absolument!! »

J’aurais plutôt dû commencer par celui de Canel : « Qui aime les jours de Noël en famille ? Pas Holly, en tout cas. Elle s’est levée trop tard, elle a un tas de préparatifs en perspective pour la dizaine d’invités attendus, son mari est allé chercher ses parents à l’aéroport. Elle est seule avec Tatiana, sa fille de quinze ans, d’humeur maussade et belliqueuse. Mais Holly (cette gourde), au lieu de rattraper le temps perdu, traînasse, se dispute avec son adolescente, la laisse s’enfermer dans sa chambre, y revient, se perd dans ses souvenirs et y englue son lecteur. Elle ressasse en particulier le Noël où ils sont allés chercher Tatiana dans un orphelinat sibérien pour l’adopter, treize années plus tôt.

Voilà tout ce qui se passe sur près de deux cents pages. On suit les pensées creuses et banales de cette femme, des faits sont racontés plusieurs fois de manière quasi-identique. On peut s’y ennuyer comme un rat mort (ce que j’ai fait copieusement), avoir envie de secouer tout ce petit monde-là… On attend (espère ?) vaguement un drame, sinon tout ça pour quoi ? Ah on va l’avoir, faisons confiance à Laura Kasischke pour cela.

Alors bien sûr, quand on apprend à la fin que… , tout ce que je viens de reprocher à l’ouvrage n’a plus lieu d’être, mais le lecteur subit quand même ce vide dilué sur les deux premiers tiers du roman (ou sont-ce les trois premiers quarts ?). Il me semble aussi que certains éléments demeurent complètement invraisemblables (l’attitude passive du père et des proches, notamment…). Et je n’ai vraiment pas le courage de tout relire à la lumière des explications finales. »

C’était tellement vide, comme le dit ce lecteur, que (a) tout d’abord j’ai voulu arrêter plusieurs fois – mais j’ai des principes – et (b) j’ai quand même finit par lire en diagonale tant je m’emmerdais, jusqu’à la conclusion qui surprend une minute, mais ne rachète rien. Puisqu’on sait depuis la page 2 que l’héroïne est fêlée. Ce livre est mauvais, M-A-U-V-A-I-S. Et si Sandrine ne pouvait pas le lâcher, elle devrait consulter un dermato ou arrêter de lire en mangeant le miel à la cuillère.

Un détail me direz-vous, mais la traductrice qui transforme la sweet potato en pomme de terre douce devrait changer de métier et l’éditeur changer de traductrice. Quand on trouve une perle comme celle-là, on se met à douter de ce qu’on lit : la version originale raconte-t-elle la même histoire, ou bien c’est aussi môvais en V.O. qu’en V.F. ?

 

Ça peut pas rater, de Gilles Legardinier ***

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(…) Je crois que nous nous débattons toutes avec ces trois questions fondamentales : Où se cachent les hommes bien ? Pourquoi ne sont-ils pas en couple avec nous, surtout le week-end ? Et quand, par miracle, ils nous sont livrés – parfois abîmés dans le transport -, pourquoi ne le sont-ils pas avec le mode d’emploi ?

(…) Chaque jour vous faites un pas de plus vers l’âge où le futur n’en est plus vraiment un.

(…) Pour les repas aussi, c’est plus compliqué quand on est seule. On ne cuisine jamais vraiment pour soi-même. On oscille entre ce qui nous est nécessaire pour vivre et ce qui nous fait compulsivement envie. Mais le fait est qu’on ne se nourrit pas correctement. On survit en attendant les autres.

Ouf ! Je lis une série de bons livres et puis paf… je tombe sur deux que je n’aime pas, dont un exécrable. Ça ne pouvait pas durer. Ça ne devait pas durer. Après deux ratés, le livre de Legardinier arrive comme une lecture hygiénique. Une vie de femme. Beaucoup d’humour, et j’aime les livres qui me font rire aux éclats. Ecrit par un homme. Et on ne se fie pas à la quatrième de couv, qui est vraiment un énorme ton en dessous et un mauvais reflet du bouquin. Pourquoi les auteurs ne lui accordent-ils pas plus d’importance ? C’est pourtant ce qu’on regarde, essentiellement, avant d’acheter un bouquin.

« – J’en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !

Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier de Hugues. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.
La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c’est la méchante Marie qui est aux commandes. À partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde.

La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume. »

Et… j’ai trouvé tout ça à la médiathèqye de Saussines, mais si, mais si.

La boucle du pont des camisards ***

La randonnée se fait généralement à partir de Mialet, et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. La formule choisie par notre GO partait du Mas Soubeyran, et du parking du Musée du désert, pour tourner dans le sens inverse des aiguilles de la montre. Dans la formule générale on finit par la vue sur, puis la traversée du pont… et une collation au bistrot à Mialet. Dans notre formule, on peut faire suivre la randonnée – assez courte – d’une visite au musée du désert. Pour la collation, par contre, tintin, rien d’ouvert à cette époque de l’année.

Une seule remarque: les mémoires de deux GO valent mieux que la mémoire d’un seul. Côté positif… on a exploré un diverticule sympathique passant en sous bois avec une ou deux belles vues. Et une seule parmi nous a fait remarquer qu’on tournait en rond… bien avant qu’on ne se retrouve exactement au point de départ du diverticule, à la grande surprise du GO et des autres messieurs présents.

Les photos:

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Départ du Mas Soubeyran (Musée du Désert)
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Youpie, c’est le printemps!
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Trail Art
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Un dolmen, donc une ancienne tombe vieille de plus de 3000 ans.
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De longs morceaux “pavés” à la descente.
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Caractéristique de l’endroit: les terrasses «bancels» ou «faïsses» étagées sur les collines avec escaliers insérés dans les murs,
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Le pont des camisards, à Mialet.

 

Une vie de lumière et de vent, de Christian Signol ****

SignolJean, l’enfant trouvé, a été élevé par un couple de bergers analphabètes. Des gens frustes et superstitieux, qui traitent le garçon comme leurs bêtes. Le service militaire va le sauver de cet enfer.

Avec l’ aide d’un instituteur, il apprend enfin à lire et écrire, découvre la chaleur d’un vrai foyer. Puis ce sera la « drôle de guerre » aux frontières de l’Est, et la débâcle. Le début d’une longue errance qui ramène Jean vers le Sud, jusqu’ à sa rencontre avec Joseph, son ami, son double, et Dorine, un cœur simple, tombée éperdument amoureuse du jeune homme. Mais alors que la guerre se rapproche, Jean pourra-t-il échapper à son destin ?

Ancrée dans la beauté sauvage des hauts plateaux balayés par les vents du Midi, l’histoire de ce garçon sans famille, sans repère, en quête d’ un peu de chaleur humaine et d’ amour, est absolument bouleversante. Jean Dolin restera probablement comme un des personnages les plus purs et les plus attachants de l’oeuvre de Christian Signol.

Un petit livre et pourtant le livre de toute une vie. Une vie de malchance. On passe assez vite sur les années d’enfance, à une époque où l’assistance publique n’y regarde pas trop. Il faut une guerre pour que Jean soit tiré de cet enfer. Pour un autre, qui ne dure pas. Le reste est intense, par le Causse et le contexte – la guerre, la résistance – et les personnages, à la fois simples et attachants. C’est bien écrit puisqu’on y est, Découverte de Christian Signol, un homme très imprégnée de nature sauvage.

 

Emprunté à la médiathèque de Saussines