Jack l’épate et Mary pleine de grâce, de Joseph Connolly °

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Lire est un moment agréable, un moment de détente, un moment où on s’envole dans un autre monde. Quand il n’y a pas d’histoire mais seulement la description, répétitive, d’une vie misérable entre un paresseux chômeur/malfaiteur machiste, alcoolique et violent, et une jeune femme qui subit et supporte tout, dans un contexte d’avant-guerre puis de début de guerre et de bombardements, dans le Londres toujours gris de 1938-39… alors on lit 80 pages, puis on craque. 540 pages du même médicament, je n’y arriverai pas ! J’arrête. “Un magnifique roman, qui vient encore confirmer que Joseph Connolly est un grand écrivain”… Pas pour moi.

Créole Belle, de James Lee Burke ***

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Dave Robicheaux se remet de ses blessures dans une unité de soins de La Nouvelle-Orléans, où il reçoit la visite d’une jeune femme, Tee Jolie Melton. Cette dernière lui laisse, sur un iPod, le blues « My Creole Belle ». Une chanson qui finit par l’obséder. Mais dans cette atmosphère languissante baignée de morphine, et avec tous les démons qui plus que jamais l’accompagnent, Dave nourrit des doutes : sa rencontre avec Tee Jolie est-elle bien réelle ou l’a-t-il rêvée ? Car Dave découvre que Tee Jolie est censée avoir disparu depuis des mois. Aussi, lorsque sa jeune sœur Blue est retrouvée morte, Dave décide de partir à sa recherche. Une enquête éprouvante, au point que son vieil ami Clete Purcel, lui-même à la limite de la rupture, se met à craindre pour sa santé mentale…

C’est un thriller. Recette *** = des méchants très méchants, une grosse dose d’hémoglobine, un zeste de crime sexuel, deux flics pas orthodoxes – la principale héroïne se réfère sans cesse au cinéma américain alors je ne résiste pas – un peu façon Clint Eastwood dans le rôle du vilain inspecteur Harry Callahan… et surtout, surtout, un amour évident pour le milieu, la Louisiane et ses bayous, ses joueurs de jazz et sa cuisine. On s’y croirait presque. Et s’il n’y avait pas tant de vilains au mètre carré, on filerait à l’agence de voyage la plus proche. Il est vrai que le nettoyage opéré par nos deux “gentils” flics (ou ex-flics) est tellement efficace qu’à la fin le coin est “sécurisé”… on peut repenser à l’agence de voyage. Bonne lecture. Un peu long quand même (620 pages). Manque un peu du français d’Acadie.

Emprunté à la médiathèque du département de l’Hérault.

Chrysis, de Jim Fergus ****

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Paris, 1925. Gabrielle “Chrysis” Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à L’Atelier de Peinture des Élèves Femmes de L’École des Beaux-Arts, pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de George Braque. Exigeant, colérique, cassant, Humbert, âgé de 83 ans, règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes. Mais malgré toute son expérience, il va vite se rendre compte que Chrysis n’est pas une élève comme les autres.
Précoce, volontaire, passionnée et douée d’un véritable talent, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu privilégié et un monde de l’art où les hommes jouissent de tous les privilèges. Elle ne tardera pas à se perdre dans les plaisirs désinvoltes et à devenir l’une des grandes figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des années folles. C’est là qu’elle va rencontrer Bogey Lambert, un cow-boy américain sorti de la légion étrangère, avec qui elle va vivre une folle histoire d’amour.

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L’orgie, de Gabrielle Jungbluth (Paris, 1925).

Dans un préambule émouvant, Jim Fergus nous raconte une histoire personnelle très forte liée à l’une des œuvres de Chrysis Jungbluth, peintre tombée à tort dans l’oubli. C’est cette histoire qui l’a mené à s’intéresser à la vie de cette artiste. Après de longs mois d’enquête, il a réuni un bon nombre d’éléments biographiques qui lui ont permis de romancer le destin bouleversant de cette héroïne passionnée et passionnante, à une époque unique de l’Histoire du XXe siècle, où tout semblait permis.

Bien sûr je ne suis pas allergique à la lecture d’une belle histoire d’amour, de temps en temps. Mais le livre de Fergus est beaucoup plus que cela. C’est une très belle peinture d’une époque difficile à imaginer aujourd’hui où, après les contraintes et sacrifices de la grande guerre, la jeunesse ne pense qu’à vivre intensément l’instant présent dans un Paris de la nuit et de la fête. Fergus écrit bien. Ses personnages sont attachants. Il faut maintenant que je lise le livre qui l’a lancé en France: Mille femmes blanches (2000).

Emprunté à ma médiathèque de Saussines

Deception Point, de Dan Brown ***

danbrown Quand un satellite de la NASA détecte une météorite d’une exceptionnelle rareté enfouie sous les glaces du cercle polaire, cela tombe à pic pour l’agence spatiale, impatiente de faire oublier une série d’opérations ratées.
À la veille de l’élection présidentielle, alors que son avenir politique est en jeu, le président des États-Unis envoie dans l’Arctique Rachel Sexton, analyste des services secrets, vérifier l’authenticité de cette découverte. Elle y rejoint une équipe d’experts, dont le charismatique océanologue Michael Tolland.
Ce que Rachel va découvrir est presque inconcevable : une mystification audacieuse qui menace de déclencher un scandale mondial.
Aux prises avec une équipe de tueurs implacables, en fuite dans un univers aussi sauvage que dangereux, Rachel et Michael n’ont qu’un espoir de survie: découvrir qui se cache derrière une si magistrale supercherie.

Encore une histoire invraisemblable. Beaucoup moins compliquée (ou sophistiquée?) que le Da Vinci code. Mais un excellent suspense. Et près de 700 pages qui se lisent aussi vite (ou presque) que le Patrick Modiano d’hier. Et avec plaisir. Happy end of course.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Rue des boutiques obscures, de Patrick Modiano ***

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Qui pousse un certain Guy Roland, employé d’une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ?
Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d’autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier. 

Ce roman met en scène la quête d’un amnésique. Les pistes s’ouvrent, se diluent, se referment en champ de points d’interrogation devant Guy Roland, détective privé, qui tente de recueillir les bribes de la vie d’un certain McEvoy. Est-il lui-même ? Est-il un autre ? Peu importe en réalité puisque l’opacité identitaire est le terreau même de la fiction de Modiano, son obsession déjà talentueusement mise en mots dans ce texte de jeunesse. Passages clandestins, pièges fumeux, fantômes interlopes, ombre de la guerre et de l’Occupation : la partition modianesque est en place et sa musique impalpable n’aura plus qu’à égrener ses notes têtues et inquiétantes dans une recherche qui probablement n’aura jamais de fin.

Il ne m’a fallu que quelques heures pour relire ce livre – 250 pages -le jour où Patrick Modiano est surpris de recevoir le Nobel de littérature. Un détective privé qui enquête sur sa propre identité. Un style presque télégraphique. Un forme presque plus convaincante que l’histoire elle-même, si floue, si pointillée, et donc si pleine d’invraisemblances. Il faut que je relise autre chose, ou bien je penserai que le Prix Goncourt pour ce livre, et le Prix Nobel pour l’oeuvre, n’étaient guère mérités.

La vie sans fards, de Maryse Condé *

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“La Vie sans fards répond à une double ambition. D’abord je me suis toujours demandé pourquoi toute tentative de se raconter aboutissait à un fatras de
demi-vérités. Trop souvent les autobiographies et les mémoires deviennent des constructions de fantaisie. Il semble que l’être humain soit tellement désireux de se peindre une existence différente de celle qu’il a vécue, qu’il l’embellit, souvent malgré lui.
Il faut donc considérer La Vie sans fards comme une tentative de parler vrai, de rejeter les mythes et les idéalisations flatteuses et faciles. C’est aussi une tentative de décrire la naissance d’une vocation mystérieuse qui est celle de l’écrivain. Est-ce vraiment un métier ? Y gagne-t-on sa vie ? Pourquoi inventer des existences, pourquoi inventer des personnages sans rapport direct avec la réalité ? Une existence ne pèse-t-elle pas d’un poids déjà trop lourd sur les épaules de celui ou celle qui la subit ? La Vie sans fards est peut-être le plus universel de mes livres.
J’emploie ce mot universel à dessein bien qu’il déplaise fortement à certains. En dépit du contexte très précis et des références locales, il ne s’agit pas seulement d’une Guadeloupéenne tentant de découvrir son identité en Afrique ou de la naissance longue et douloureuse d’une vocation d’écrivain chez un être apparemment peu disposé à le devenir. Il s’agit d’abord et avant tout d’une femme cherchant le bonheur, cherchant le compagnon idéal et aux prises avec les difficultés de la vie.
Elle est confrontée à ce choix capital et toujours actuel : être mère ou exister pour soi seule. Je pense que La Vie sans fards est surtout la réflexion d’un être humain cherchant à se réaliser pleinement. Mon premier roman s’intitulait En attendant le bonheur : Heremakhonon, ce livre affirme : il finira par arriver”.

J’avais lu deux livres d’elle, il y a longtemps, et bien aimé. Ségou, et Les derniers rois mages. Si j’ai aussi lu beaucoup de biographies, je lis rarement des autobiographies. Celle-ci n’est pas celle qui m’encouragera à en lire davantage. Il faut être sacrément fan de Maryse Condé pour s’intéresser à ses coucheries de jeunesse, son incapacité à assumer les enfants qui en naissent, comme son extrême lenteur à se prendre en main et cesser de vivre aux dépends des uns et des autres. Quel besoin avait-elle, sinon un besoin alimentaire, de publier un tel bouquin? Nul.

Emprunté à la médiathèque du Pays de Lunel

Le tailleur de pierre, de Camilla Läckberg **

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“La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l’avoir esquintée. Il jeta un coup d’oeil par-dessus bord mais ce qu’il vit n’était pas le casier. C’était une main blanche qui fendit la surface agitée de l’eau et sembla montrer le ciel l’espace d’un instant.
Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs…” Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une pe tite fille ?
Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tran quilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

Too much? C’est compliqué à souhait, un zeste de suspense, des personnages sympathiques et des vilains un peu caricaturaux… justement, ces vilains !… Il semble que tous les vilains suédois (voire scandinaves) se soient concentrés en un seul point de la carte: Fjällbacka. Mme Läckberg exagère. Et pas seulement sur les vilains. Aussi sur les difficultés de ses personnages préférés dans leur vie de tous les jours. Bref, je commence à trouver que toute cette prose manque un peu trop de réalisme.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Pizol, la classique des cinq lacs *****

Départ de Wangs (canton de Saint Gall, CH). Un télécabine et deux télésièges plus tard, on arrive au restaurant du Pizol (Pizolhütte), à 2227m. Derrière le restaurant (côté soleil) on trouve le magique poteau indiquant le premier lac, le Wangsersee (lac de Wangs), à quelques minutes à main gauche. On fait vite l’aller et retour pour partir cette fois à droite… derrière un flot continu de randonneurs. C’est vendredi, donc ni samedi ni dimanche. C’est octobre, donc ni juillet ni août. mais sur ce chemin de randonnée, le 3 octobre 2014, il y a des centaines et des centaines de randonneurs. Et ce n’est pas étonnant: les cinq lacs valent largement les cinq étoiles de mon classement. Et cette randonnée restera, au moins dans ma mémoire, comme ma plus belle randonnée de 2014. J’arrête les superlatifs. Lac après lac, vue après vue, on se régale. Un peu plus de 750m de dénivelé en montée, quelque 1100m en descente. Mes genoux, ça va. Ceux de-qui-vous-savez… moins bien. Un peu plus de 11kms (seulement!!!) et 4h30 plus tard, on souffle.

Plus qu’un long discours… les photos:

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Départ de la maison à Trogen: brouillard.
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Arrivée au parking du télécabine à Wangs (SG): grand soleil !
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En haut des remontées, lac n°1, le lac de Wangs
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Première montée, du monde devant, du monde derrière.
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On arrive au col, pour découvrir le lac sauvage (n°2). Le sommet à gauche est le Pizol.
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Le Pizol (2844m)
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Lac n°3, le Schottensee (le lac des cailloux?)
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Schottensee: encore un pique-nique dans un lieu magique
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des vues et encore des vues
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Mr lac n°4: le lac noir (hum… le lac ou celui qui lui a donné ce nom?)
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mer de cailloux
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n°5… et il ne s’appelle pas le lac vert, mais le Baschalvalsee
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je ne présente plus
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retour vers les nuages
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oh, notre ombre sur la prairie (les deux de gauche)