Dans le grand cercle du monde, de Joseph Boyden **

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Après Le Chemin des âmes et Les Saisons de la solitude qui l’ont imposé parmi les grands écrivains canadiens contemporains, Joseph Boyden poursuit une œuvre ambitieuse. Situé dans les espaces sauvages du Canada du XVIIe siècle, ce roman épique, empreint tout à la fois de beauté et de violence, est d’ores et déjà considéré comme un chef-d’œuvre.

Trois voix tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron, et d’une captive iroquoise. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour s’allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.

Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d’une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l’absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d’une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent. » 

J’aime les romans historiques. Je n’aime pas quand on me dit que le livre que je vais lire est un chef-d’oeuvre. C’est bien construit – trois personnages principaux, trois narrateurs qui nous racontent l’histoire chacun à leur tour de leur perspective – mais il y a beaucoup trop de pages de violence primitive (la rencontre fréquente du crâne et du casse-tête le bien nommé) et surtout de descriptions détaillées de tortures, comme si l’auteur s’en délectait. Je n’ai pu m’empêcher de penser, tout au long de la lecture, que James Michener aurait tiré tout autre profit de la même base historique. Un coup d’oeil sur internet me montre que les avis des lecteurs sont très positifs, comme si afficher en quatrième de couverture qu’on va lire un chef d’oeuvre les avait convaincus. Bon, ce n’est pas mauvais, mais un chef d’oeuvre, fichtre !

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