Betty, d’Arnaldur Indridason **

Betty

Dans ma cellule je pense à elle, Betty, si belle, si libre, qui s’avançait vers moi à ce colloque pour me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister ? Ensuite, que s’est-il passé ? Je n’avais pas envie de ce travail, de cette relation. J’aurais dû voir les signaux de danger. J’aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J’aurais dû… J’aurais dû… J’aurais dû…
Maintenant son mari a été assassiné et c’est moi qu’on accuse. La police ne cherche pas d’autre coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable.

Rien à voir avec la série des commissaire Erlendur. Cela commence comme sur une base archi galvaudée: le naïf héros tombe dans les filets d’une femme qui veut se débarrasser de son riche époux pour toucher le gros lot et cherche le dindon de la farce. Sujet traité maintes fois sur le papier et sur l’écran. J’ai eu du mal à m’accrocher au début, tant cela sonnait cliché. La belle trop belle et trop séduisante pour être honnête. Le couillon trop couillon pour ne pas tomber dans ses gros filets. Et puis patatras, vers le milieu du bouquin plus rien ne ressemble à rien. On a une grosse surprise. Puis plus rien. On retombe dans tous les clichés du piégé-coupable-parfaitement-innocent que tout condamne parce que le complot a été soigneusement monté. Une pirouette, une bonne idée, mais pas deux. Betty est un des premiers romans d’Indridason, traduit sur le tard pour que l’éditeur puisse surfer sur la popularité d’Erlendur et vende du papier. Quand après ça je lis que la majorité des lecteurs ont trouvé le bouquin génial (cinq étoiles), encore une fois je ne me demande plus pourquoi Patrick Sebastien a tant de succès. C’est pas aussi nul que Sebastien, j’exagère, mais c’est très loin des derniers romans du même auteur. Alors cinq étoiles, c’est du grand n’importe quoi.

Qu’attendent les singes, de Yasmina Khadra ****

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” Merveilleusement maquillée, les cheveux constellés de paillettes, les mains rougies au henné avec des motifs berbères jusqu’aux poignets, on dirait que le drame l’a cueillie au beau milieu d’une noce.
Dans ce décor de rêve, tandis que le monde s’éveille à ses propres paradoxes, la Belle au bois dormant a rompu avec les contes.
Elle est là, et c’est tout.
Fascinante et effroyable à la fois.
Telle une offrande sacrificielle… ”

Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d’Alger. Une femme, Nora Bilal, est chargée de mener l’enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles.
Qu’attendent les singes est un voyage à travers l’Algérie d’aujourd’hui où le Mal et le Bien se sentent à l’étroit dans la diablerie naturelle des hommes.

Si vous allez sur le site de la FNAC – par exemple – pour jeter un oeil à l’avis des lecteurs, vous ne trouvez rien que de très prévisible. Ou bien c’est très mauvais (une étoile), pour ceux qui ne peuvent accepter la critique de l’état pitoyable dans lequel se trouve l’Algérie aujourd’hui malgré toutes ses richesses. Ou bien c’est excellent (cinq étoiles) parce que cet écrivain (oui c’est un homme) écrit quelque chose de très fort avec une maîtrise de la langue française peu ordinaire. Une enquête policière chez ceux qui sont au-dessus des lois. Et rien ne se passe comme prévu ni comme le veut la morale. C’est décoiffant (pour ceux qui peuvent encore être décoiffés). Du début à la fin. Un livre policier vraiment pas comme les autres.

Dans le grand cercle du monde, de Joseph Boyden **

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Après Le Chemin des âmes et Les Saisons de la solitude qui l’ont imposé parmi les grands écrivains canadiens contemporains, Joseph Boyden poursuit une œuvre ambitieuse. Situé dans les espaces sauvages du Canada du XVIIe siècle, ce roman épique, empreint tout à la fois de beauté et de violence, est d’ores et déjà considéré comme un chef-d’œuvre.

Trois voix tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron, et d’une captive iroquoise. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour s’allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.

Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d’une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l’absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d’une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent. » 

J’aime les romans historiques. Je n’aime pas quand on me dit que le livre que je vais lire est un chef-d’oeuvre. C’est bien construit – trois personnages principaux, trois narrateurs qui nous racontent l’histoire chacun à leur tour de leur perspective – mais il y a beaucoup trop de pages de violence primitive (la rencontre fréquente du crâne et du casse-tête le bien nommé) et surtout de descriptions détaillées de tortures, comme si l’auteur s’en délectait. Je n’ai pu m’empêcher de penser, tout au long de la lecture, que James Michener aurait tiré tout autre profit de la même base historique. Un coup d’oeil sur internet me montre que les avis des lecteurs sont très positifs, comme si afficher en quatrième de couverture qu’on va lire un chef d’oeuvre les avait convaincus. Bon, ce n’est pas mauvais, mais un chef d’oeuvre, fichtre !

Le pont du Tarn depuis le Mas de la barque ***

Une randonnée presque à plat. Au frais aussi parce qu’au mois d’août il y a facilement une dizaine de degrés de mois là-haut qu’ici bas. Une randonnée avec presque exclusivement de la marche sur piste. Je préfère les petits chemins. Mais une fois n’est pas coutume et ne pas avoir constamment à regarder où l’on met les pieds permet de goûter des paysages. Et ils sont beaux.

Seul on marche plus vite. Trois quarts d’heure pour arriver à Bellecoste, deux heures pour le pont du Tarn en passant par le Mas Camargue, écomusée du Parc national, puis le hameau de l’Hôpital. En groupe, je serais arrivé au pont à l’heure pour déjeuner au bord de l’eau. J’ai poursuivi. Arrivé au carrefour entre le GR et l’allée cavalière, qui tous deux retournent vers le Mas de la barque, je décide de tourner à gauche dans le GR pour pique-niquer au bord de l’eau. Cela me fait ensuite reprendre le même chemin qu’à l’aller, entre Bellecoste et le parking.

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Des épilobes encore en fleurs. A 1400m la végétation a du retard.
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La dernière fois, Bellecoste était sous la neige. Et moi en raquettes.
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La neige a fondu et les vaches sont venues.
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O.K.Corral
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Une piste et le temps de regarder autour de soi.
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Le Tarn passe sous le pont
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Et je pique-nique un peu en amont.
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Je rêve… on dirait une gentiane bleue !
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Sur les fleurs des chardons les abeilles se régalent.

La reine des morts (A pecadora), de Tess Gerritsen ***

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L’abbaye de Greystone, par un hiver glacial. Camille, une jeune novice, est retrouvée sauvagement assassinée dans la chapelle. À côté d’elle, une religieuse entre la vie et la mort… Maura Isles, médecin légiste surnommée ” la Reine des Morts ” par ses collègues, et l’inspecteur Jane Rizzoli sont chargées de l’affaire et découvrent une terrible vérité : la jeune fille venait d’accoucher secrètement d’un petit garçon dont le corps sans vie a été retrouvé au fond d’une mare. De quoi ébranler fortement la petite communauté de religieuses… Plus tard, dans un vieux restaurant désaffecté, un étrange cadavre est retrouvé : les pieds et les mains coupés, le visage arraché, tel un vulgaire masque. Et ce ne sont pas les rats qui ont dépecé cette pauvre femme, d’origine immigrée. Un serial killer sèmerait-il la terreur dans les faubourgs de Boston ? Jane Rizzoli va devoir jongler entre une enquête qui s’annonce difficile et une vie privée quelque peu tourmentée.

Entre deux passages à la médiathèque… la panne sèche. Plus rien à lire. Je me suis donc rabattu sur notre bibliothèque et là, tout en haut d’une pile, un poche sans doute acheté lors de notre passage à Lisbonne, histoire de ne pas oublier complètement le portugais. Je l’ai déjà lu. Et déjà oublié. Donc je m’y replonge. Rizzoli et Isles forment un couple de héros assez sympathiques. Bien sûr, elles sont toutes deux très compétentes, sinon la série ne serait pas déjà arrivée à la douzaine. La reine des morts est le n°3. Un peu glauque, non? Pas seulement parce que l’essentiel se passe dans un couvent de religieuses du quatrième âge vouées à la prière et au silence. Toiles d’araignées. Salles non chauffées. La neige et le froid qui s’infiltrent partout. Et une petite fille qui vit là et s’ennuie. Alors elle observe.

La recette est bonne (vous savez… une dose de suspense, une dose de bonne intrigue policière, une dose de bonnes infos de contexte, une dose de vie sentimentale compliquée, etc.), et donc on ne s’arrête plus quand on l’a commencé, même à la seconde lecture ! Je vais relire du Gerritsen…

Six years, de Harlan Coben ***

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Six ans déjà vient d’être publié chez Belfond (2014). J’ai lu le livre en poche anglais.

Depuis six ans, Jack tente d’oublier Natalie, la femme qui lui a brisé le cœur en épousant un autre homme, Todd. Quand il découvre l’avis de décès de ce dernier dans le journal, Jack ne résiste pas et décide de se rendre aux funérailles. Mais surprise, la veuve éplorée n’est pas Natalie ! Et le couple était marié depuis dix ans… Jack part à la recherche de son grand amour, mais leurs amis communs semblent tous avoir disparu ou avoir oublié son existence…

Un livre facile et rapide à lire, un bon suspense. Les habitués réclament que c’est du déjà “écrit”, mais je ne fais pas partie des habitués donc j’ai assez bien aimé.

Ceux qui tombent, de Michael Connelly ***

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Bosch vient de décrocher un sursis de trois ans avant d’être mis à la retraite d’office lorsqu’il se voit confier un cold case datant de 1989. Viol suivi de meurtre, ADN, antécédents judiciaires et profil psychologique, tout incrimine un certain Clayton Pell. Un suspect… qui n’aurait eu que huit ans au moment des faits! Erreur du labo ou faute impardonnable de deux inspecteurs? Les conséquences de ce cafouillage s’annonçant monumentales, Bosch se met immédiatement au travail lorsqu’il appelé sur une scène de crime. Un homme se serait jeté du septième étage du célèbre hôtel de Los Angeles, le Château Marmont. La victime, John Irving, est le fils d’un conseiller municipal très influent à L.A., un homme qui n’a jamais porté Bosch dans son coeur. Pourquoi exige-t-il que ce soit lui qui mène l’enquête?
Deux intrigues menées en parallèle, l’une révélant la corruption de politiciens obnibulés par leurs profits, l’autre la monstruosité de prédateurs sexuels, et une description de Los Angeles qui fait froid dans le dos.

A part le froid dans le dos, l’introduction au livre de la quatrième de couv est un assez bon reflet de la situation. C’est, encore une fois, bien écrit et ça se lit vite. J’ai lu le bouquin en deux jours. Personnages intéressants. Le contexte – Los Angeles – par contre est très léger. Mais l’histoire est assez dense, avec assez de rebondissements, pour qu’on n’ait pas trop besoin d’en savoir plus sur les fleurs ou la pollution qui poussent autour. Un bon Connelly.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Miss Alabama et ses petits secrets, de Fannie Flagg *

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Birmingham, États-Unis. Ex-Miss Alabama, Maggie Fortenberry a pris une grande décision : elle va mettre fin à ses jours. Elle n’est ni malade ni déprimée, son travail dans une petite agence immobilière est plutôt agréable, mais elle a trouvé malgré tout seize bonnes raisons d’en finir, la principale étant peut-être que, à 60 ans, elle pense avoir connu le meilleur de la vie.
Maggie a donc arrêté la date de sa mort et se consacre désormais en toute discrétion à en régler les détails.
Or, peu de temps avant de passer à l’acte, Maggie est invitée par une collègue, Brenda, à un spectacle de derviches tourneurs. La représentation étant dans moins d’une semaine, elle décide, pour faire plaisir à Brenda, de retarder l’ultime échéance.
Elle est alors loin de se douter combien les jours à venir vont être riches en secrets dévoilés et en événements imprévus, lesquels vont lui montrer que l’existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu’elle ne le croyait.

C’est l’été et je suis paresseux. Donc je reprends LE commentaire qui me convient le mieux. Tous les autres sont dithyrambiques… alors que l’histoire est… BOF.

Avis d’un lecteur: Il y a quelques avantages à posséder cet ouvrage
– il est facile à lire et à oublier
– on peut aussi le laisser et passer à autre chose sans regret et… le reprendre sans difficultés
– on peut dormir tranquille sans se soucier du contenu des pages suivantes.
– on voit venir la fin avec un vrai sentiment de soulagement.
Mais sa lecture présente aussi pas mal d’inconvénients :
– il est impossible de s’attacher à des personnages sans intérêt en dépit des nombreuses péripéties plus ou moins vraisemblables que l’auteur s’est acharné à imaginer
– on ne croit pas une seconde au suicide de Maggy, car les raisons que cette héroïne évoque avant de passer à l’acte sont confondantes d’imbécilité puérile. Jugez en par vous même : plus besoin de se faire teindre les cheveux, plus d’insomnie, plus d’embouteillage ! et il faudrait donc ajouter : plus de mauvais livres !
Le précédent ouvrage de l’auteur “beignet de tomates vertes “sur lequel s’était construite sa réputation largement usurpée avait donné lieu à une adaptation cinématographique agréable sans plus. Je prie le ciel pour que personne n’achète les droits de celui ci ! 

Conclusion: c’est cul-cul la praline en diable, et donc catégorie livre de plage bas de gamme pour personnes n’aimant pas se fatiguer le neurone quand il se repose au soleil. Fanny Flagg? Pour moi, plus jamais!

Emprunté à la médiathèque de Saussines