The Golden Egg, de Donna Leon ***

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Je vais me contenter de reprendre (largement) le commentaire d’un lecteur (une lectrice plutôt) qui correspond complètement à ce que ressent à la fin de ma lecture: le n° 22  des enquêtes du commissaire Brunetti est sans route le plus noir jusqu’ici. Sûrement le plus dérangeant à un niveau personnel – pour Brunetti mutant que pour les lecteurs – parce que le crime implique une cruauté plus choquante que toute description de violence. Brunetti se bat contra les moulins à vent de la corruption dans la police vénitienne et dans route l’Italie moderne,  menant des enquêtes pas ordinaires, en nous promenant dans Venise.  On s’y croirait, au milieu des gens et de leurs habitudes.  Quelques clins d’oeil sur sa vie de famille, comme en opposition à la vie de la famille de la victime.  Peut être un peu moins d’humour que dans les autres romans de la série, mais plus de coeur, plus de ce qui nous touche. Attendez la traduction en français braves gens !

Lac des Pises, version courte ***

J’ai utilisé le topo du site des randonnées cévenoles, mais le départ était au nord du circuit proposé, 4kms sur la route forestière du Lingas depuis le col du Minier. Le parking est à droite, comme le départ du chemin, juste avant le pont.

On commence par longer le ruisseau, d’abord rive droite puis rive gauche. Très bel environnement, forêt d’un côté, prairie de l’autre.

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Ensuite on suit le topo jusqu’au col des portes, en passant à côté de la baraque de Pialot. Où en cette saison on entend brailler un ou deux chevreaux pas contents d’être enfermés quand tout le reste du troupeau batifole au loin. Très belles vues sur le Lingas.

A partir du col des portes on suit le GR. La version longue bifurque au sud à un moment, délaissant le GR, quand notre version courte suit le GR jusqu’au col de l’Homme mort. On pique-nique un peu en dessous, à l’abri du mistral.

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De là, toujours suivant le topo, on passe par le col des Pises et une très belle forêt mixte pour tomber, peu après sur le lac du même nom.

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On le contourne pas la droite après être passé tout près du petit observatoire.

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Le petit circuit – environ 12kms et 3h30 – fait dans ce sens là, permet de terminer en beauté:

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Randonnée effectuée le 27 juillet avec Sebastian.

Le dernier Lapon, d’Olivier Truc ****

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Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l’obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu l’un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées – le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent: malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté?

Comme souvent, si le bouquin est excellent, le résumé de la quatrième de couverture n’est vraiment pas à la hauteur. Le livre a reçu deux prix. Mérités: c’est le meilleur policier français que j’ai lu depuis très très longtemps. Depuis une vingtaine d’années en Scandinavie, Truc a construit son livre sur une solide recherche ethnologique de la Laponie et des Lapons. Avec une dose d’histoire des conflits opposant ces derniers arborigènes européens aux peuples modernes – Norvège, Suède et Finlande – qui se sont découpés leur territoire. Et un zeste d’humour. Une très bonne recette.

Mémé, de Philippe Torreton °

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°… Je dois inventer une nouvelle catégorie, celle des livres tellement nuls que je n’arrive pas à les lire jusqu’au bout. Celui-ci dépasse tout. Après 30 pages j’en avait déjà plus qu’assez. Un coup d’oeil à deux autres endroits, plus loin dans le bouquin, pour vérifier que cette prose sans aucun intérêt ne s’améliorait pas. Et donc une nouvelle catégorie. Pas “à éviter” mais “à jeter, à brûler, etc.” J’ai commandé ce livre à la médiathèque de Lunel, sur la base de critiques dithyrambiques. Maintenant je sais comment les personnes qui écrivent ces critiques arrondissent leurs fins de mois. Nul doute que chacune d’entre elles a reçu le livre avec un chèque en guise de marque-page. Plus nul tu meurs.

L’Exception, de Audur Ava Olafsdottir **

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Un joli drame raconté avec humour. Onze ans de mariage, deux très beaux jumeaux de deux ans et demie, fille et garçon, et patatras, monsieur quitte madame pour se mettre en ménage avec son meilleur ami. Dans la foulée, madame apprend que monsieur l’a trompé maintes fois au cours de ces onze ans, et toujours avec de beaux mecs.

Ajoutez à cela la voisine du dessous (de l’entresol pour être précis), naine, psychologue spécialisée dans les problèmes de couple, et écrivaine d’histoires policières à ses heures, pour le compte d’autres (c’est donc une nègre islandaise, ça existe!). Et amie de madame chez qui elle entre comme dans un moulin parce qu’elle n’aime pas manger seule. Mais qui donne un coup de main pour garder les enfants aussi s’il le faut vraiment. Parce qu’officiellement elle n’aime pas les enfants.

Au fait, madame et monsieur ont entamé une procédure d’adoption depuis plusieurs années et on apprend que leur attente sera récompensée… alors que monsieur vient tout juste de vider son placard de toutes ses chemises roses, mauves, violettes ou jaunes.

Bref, j’étais parti pour mettre une bonne note. Lu le livre dans la journée. Et puis hier soir, au moment des dernières pages, l’horreur. Le truc que je ne supporte pas. Il n’y a pas de conclusion, pas de fin, rien. Comme si l’auteure avait cherché, cherché, et puis laissé tomber. Elle nous plante avec une page en italique, du style “j’ai un peu réfléchi à la fin…”. Pourtant pas compliqué, non? Madame est super canon nous a-t-on dit depuis le début. L’étudiant d’à côté passe tous les jours avec des fleurs pleines de bave. Il suffit qu’elle sorte un peu et il y aura la queue sur le palier. Ou bien elle se découvre un amour fou pour sa copine de l’entresol. Ou elle entre chez les soeurs et part faire de l’humanitaire au Mozambique en emmenant ses deux petits. Merde, c’est pas compliqué. Qu’est-ce qu’elle nous a fait, la fille d’Olaf?

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Aigoual et Hort de Dieu ***

Le Vigan puis l’Espérou, et la D986 en direction de l’Aigoual. Au col de la Serreyrède, on prend à droite la D269 direction Prat-Peyrot et après 1300m environ on trouve à gauche un parking et un petit monument à la gloire de Georges Fabre*. C’est là que démarre la randonnée. Enfin, en principe. J’ai un moment de doute en m’arrêtant sur le parking: 10°, zéro visibilité et 100% d’humidité. Je suis dans les nuages.

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Après avoir traversé la petite station de ski de Prat-Peyrot, le chemin monte vers l’observatoire. Le topo du site La Randonnée Cévenole me dit de “dépasser les immenses pylônes et viser le bâtiment de l’Observatoire de l’Aigoual”. Moment humoristique: je devine à peine les pylônes alors que je suis à quelques mètres. Quant à viser l’Observatoire… je ne vois rien. Et puis, miracle, le ciel s’ouvre, et je vois la grosse bâtisse.

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Le ciel est de plus en plus bleu. Et je commence à me déshabiller. D’abord la polaire. On rejoint le menhir qui marque l’arrivée de la randonnée des 4000 marches. La randonnée fait une petite boucle qui revient au menhir en passant d’abord dans les myrtilles. Puis sur la crête.
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On trouve l’arboretum de l’Hort de Dieu en descendant quelque peu le chemin des 4000 marches. Jusqu’à un carrefour et un chemin à droite, avec un indicateur…P1010932P1010934

 

Créé par Georges Fabre et Charles Henri Marie Flahaut, botaniste montpelliérain, l’arboretum de l’Hart de Dieu présente une étonnante collection de conifères du monde entier. Le sentier traverse plusieurs petits ruisseaux et cascades. La fin est moins intéressante, mais le chemin est encore bordé, mi juillet, de fleurs de toutes les couleurs P1010942P1010957

Retour au parking après 4h30 dont une demi-heure d’arrêt pique-nique. Jolie ballade !


* Georges Fabre est l’ingénieur forestier (né en 1844) qui a reboisé le massif de l’Aigoual et joué un rôle clé dans la construction de l’observatoire.

Someone to Watch Over Me, de Yrsa Sigurdardottir ****

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Ce livre, publié en 2013 et traduit aussitôt en anglais, n’est pas encore listé sur la bi(bli)ographie de Yrsa Sigurdardottir dans le wikipedia français. Autre scandale (de mon point de vue), c’est que deux des quatre premiers romans de cette auteur publiés en français on été traduit… de l’anglais, et non de la version originale islandaise. Bref, Mme Sigurdardottir n’est pas encore considérée, chez nous, comme une des très grande du roman policier d’aujourd’hui. Et c’est une erreur.

En plus d’une intrigue compliquée à souhait (mais pas du tout invraisemblable) et d’une construction qui maintient le suspense jusqu’à la fin, l’ambiance des livres de Sigurdardottir est très spéciale, celui-ci peut-être un peu moins “à la marge” que les autres, les fantômes et le surnaturel n’étant pas complètement absents. Elle touche néanmoins à un monde qui nous est, pour la majorité d’entre nous, très mystérieux: celui des grands handicapés physiques et mentaux. Le héros malgré lui est un jeune homme trisomique, Jakob, accusé d’avoir mis le feu à l’établissement dans lequel il a été placé contre son gré, tuant cinq personnes. Une avocate est chargée d’étudier la possibilité de rouvrir le dossier par un étrange et violent pensionnaire de l’établissement psychiatrique sécurisé dans lequel Jakob est enfermé depuis son procès. Et on découvre peu à peu la vie cachée surprenante de l’établissement qui a brûlé et de tous les personnages qui le fréquentaient, handicapés, visiteurs et employés…

Les tricheurs, de Jonathan Kellerman ***

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Bien ficelé. Monsieur Kellerman (madame écrit aussi) a déjà pondu 25 romans policiers et ma mémoire étant ce qu’elle est, je crois que je viens de lire mon premier. Prêt à en lire un autre assez vite – et très vite puisque celui-ci m’a duré deux jours, pas plus.

A l’entrée de la salle où l’on passe le bac on doit présenter convocation et carte d’identité. Mais qui scrute sérieusement cette dernière pour savoir si la personne qui entre est bien la même que la personne convoquée? Imaginez par ailleurs un jeune bachelier très brillant dont la famille n’a pas un rond pour payer ses études. Il peut avoir une bourse me direz-vous. Sans doute. Il peut aussi travailler tous les soirs au McDo voisin. Ou bien il peut se couper les cheveux, se les teindre aussi, et passer à votre place le bac avec la mention bien dont vous avez besoin pour intégrer l’école prestigieuse de vos rêves, moyennant une grosse “compensation”… Voyez plus grand: un prof monte sa petite entreprise de triche pour gosses de riches. C’est ce que raconte Kellerman, mode ouest américain, compétition et universités prestigieuses où l’on rentre au compte-gouttes et seulement avec de super notes. Quand l’un des acteurs de cette combine devient trop gourmand, le système déraille…