Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez *****

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Cent ans de solitude. En évoquant ce livre, un jour de randonnée, j’ai compris qu’il était de ceux qui provoquent des ressentis très contrastés. On aime beaucoup ou pas du tout. Peut-être parce que si l’on n’a jamais mis les pieds en Amérique latine, qu’on ne s’est jamais intéressé à l’histoire, la géographie, l’environnement, la vie, les hommes de ce continent, on n’y verra peu être qu’un livre fou, excessif, l’histoire trop loufoque d’une famille trop improbable sur une version tropicalisée (dans le tropical humide) de la planète du petit prince. Ce livre est l’Amérique latine. Un condensé de la violence de son histoire, de sa nature, de ses hommes. Un condensé de son imaginaire, de ses légendes, de ses plaies en tout genre. Il est vrai qu’il y a beaucoup trop d’Aurelianos, beaucoup trop de Buendias pour ne pas s’y perdre à un moment ou un autre, mais qu’importe ? Et si l’on navigue toujours entre rêve et réalité, les 32 guerres civiles perdues du colonel Aureliano Buendia, comme les quatre ans, onze mois et deux jours de pluie continue ne seraient pas trop loin des choses perçues si l’on pouvait encore revivre un moment du siècle passé dans une petite ville perdue de la Colombie amazonienne. L’Amérique latine est un continent qui, 500 ans après sa « découverte », n’a toujours pas totalement éliminé ses caudillos d’opérette et leurs excès, et continue de vivre au jour le jour, sous le soleil et dans l’insouciance, la vie d’une ancienne colonie devenue indépendante du reste du monde. En visite au Brésil dans les années 1960, le général de Gaulle aurait dit un jour : « le Brésil n’est pas un pays sérieux ». Vingt ans plus tard, les brésiliens en riaient encore. Et justifiaient ainsi tout ce qui n’allait pas dans le pays. Notre général aurait pu dire ça du continent. Derrière les impressions de modernité qu’on y trouve aujourd’hui dans ses grandes villes il ne faut pas chercher beaucoup pour retrouver un petit chef guerrier local, régional, voire national, et tout le folklore qui l’accompagne tel l’Aureliano de Macondo. L’Amérique latine de Gabriel Garcia Marquez est toujours bien vivante. Comme sa langue, ses mots et leur musique.

 

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