Randonnée au refuge de Tré la Tête ****

Semaine de randonnées aux Contamines-Montjoie. Jour 1. On part du parking sous la chapelle de Notre-Dame de la Gorge (alt. 1210m) et on suit les pancartes indiquant le refuge de Tré la Tête. La montée démarre avec une forte pente. On arrive au refuge en près de 3 heures et les premiers se font engueuler parce qu’ils sont allés trop vite – alors que le topo dit 2h35… Problème classique dans un groupe qui mélange escargots de Bourgogne et petit chamois? Pas grave, la randonnée était très belle, avec des paysages extraordinaires, des fleurs partout (une mer de rhododendrons), y compris la mythique petite gentiane bleue… Merci à notre guide !

Photos:

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Notre-Dame de la Gorge
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Vue du refuge de Tré la Tête

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L’île des morts, de P.D. James *

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A la manière de. Inventez une victime avec une vie hyper compliquée, et les tas de gens qui vont avec et qui ont des raisons plus ou moins abracadabrantes de lui en vouloir. Vous mettez tous ce beau monde-là dans un train, sur un bateau, dans un petit coin de désert du Sahara, bref dans un endroit bien isolé. Cette fois-ci ce sera une toute petite île, propriété d’un des assassins présumés. Bien sûr vous tuez la victime lors d’une réception sur l’île qui rassemble, comme par accident, tous ses ennemis connus ou inconnus. L’assassin est parmi nous. Chic. Et l’un des invités, bien sûr, est un détective privé. Pas Hercule Poirot tout de même, ça c’est déjà fait. Disons Cordelia Gray. Et vous avez du P.D. James, façon A. Christie. Pas plus que toutes les femmes françaises sont rousses, tous les romans de P.D. James ne sont sans doute pas d’aussi mauvaises parodies. Mais c’est bien le cas ici, l’auteur étant encensé outre-Manche (comme aux Etats-Unis) au point que la reine, dans sa grande sagesse, a décidé que P.D. James devait devenir baronne et membre permanente de la chambre des Lords. Je ne suis pas prêt de relire du Lady James. Après un gros tiers du bouquin, pendant lequel j’ai pensé arrêter ma lecture au moins une paire de fois, on se laisse prendre par l’action et on se dit que le truc n’est finalement pas si mauvais que ça. Pendant une centaine de pages. Mais quand Cordelia devine enfin, grosso modo, ce qui s’est passé et qu’elle retourne sur l’île pour tomber dans les bras de Machiavel au lieu de courir chez la police montrer ce qu’elle a découvert, on tombe dans le pire, l’invraisemblable, le grotesque façon Indiana Jones. P.D. James n’arrive pas à la cheville de la grande dame dont elle s’inspire.

Lu en anglais: The Skull beneath the Skin.

Les 4000 marches *****

Je l’ai déjà écrit, j’adore les Cévennes. Cette rando des 4000 marches, outre le petit défi physique (peu de randos, dans notre région, offrent un tel dénivelé), est surtout caractérisée par une diversité d’environnements et des paysages, des vues extraordinaires. Nous avions le temps avec nous: pas d’orage ce jeudi contrairement à la semaine dernière. La montée depuis Valleraugue est rude (la fin se passe dans un endroit appelé “combe rude”). On l’a faite particulièrement lentement, l’un d’entre nous connaissant des problèmes d’essoufflement. Du coup, les 24 kms nous ont ramenés au point de départ après 8h de marche. Le retour, par le GR, le gîte (et sa menthe à l’eau) d’Aire de Côte, puis la descente dans les cailloux, sans passer par le Col du Pas mais en bifurquant à droite peu avant pour plonger sur la vallée, fait traverser plusieurs très belles forêts. Il faut presque deux heures de voiture pour rentrer et quand on sort du véhicule… quelques minutes pour se décoincer!

Les photos:

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Du parking dans Valleraugue et jusqu’en haut, la signalisation est très claire.
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Pas l’Asie et pas du riz. Les terrasses cévenoles sont construites avec de gros murs en pierres et on y cultive essentiellement l’oignon doux (AOC).
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Sorti des châtaigniers, le chemin suit une crête fréquentée par les moutons.
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En regardant derrière nous…
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L’observatoire du Mont Aigoual (1565m) est aussi un gîte d’étape pour randonneurs.
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Sur le chemin, des rhododendrons sauvages.
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La transversale vers Aire de Côte (par le GR) puis la descente nous font traverser des forêts très diverses.
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ici des mélèzes…
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Un coup d’oeil sur la vallée?
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bucolique, non?

La randonnée du pont du Tarn *****

Je suis partiel, mais j’aime les Cévennes, et cette randonnée est une très belle randonnée dans les Cévennes, faite à une époque où la nature est magnifique – les genets en fleur, des orchidées partout, une étonnante diversité de violettes, et puis le Tarn… et l’étonnant canal de Felgérolles où j’ai mouillé mon chapeau pour me rafraichir la tête, tant le soleil était de plomb, avant la pause déjeuner puis la grêle, l’orage et quelques trombes d’eau. Ce qui nous a fait marcher un peu plus vite qu’à l’habitude en fin de parcours.

Ce parcours suivait le topo du site de la randonnée cévenole. En page d’accueil, un avertissement: “Sur ce parcours, vous allez longer le canal de Felgérolles. C’est un lieu fragile. Une habitante du village nous livre le message suivant :
Ce béal a plus de 500 ans. Il s’est fait avec les mains et de la sueur. Il avait et a toujours une utilité vitale : arroser les prairies, les jardins, donner à boire aux animaux. Sa dégradation et sa destruction seraient une vraie catastrophe écologique et économique. C’est un espace très fragile.”

20km750 au compteur à l’arrivée, sans grande difficulté en dehors de la longueur. Une randonnée que je referais volontiers, peut-être un mois ou trois semaines plus tôt.

Et maintenant, quelques photos:

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une ruine, peu après le départ.
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puis un joli gué
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plusieurs apiculteurs sur le trajet. Les abeilles ont de quoi faire en ce moment.
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l’aïl aux ours
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j’en veux une comme ça !
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vestiges du passé
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la nature en fleur, et les genêts jaunisse le paysage à perte de vue.
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le long du “béal”, canal d’irrigation vieux de plus de 500 ans fait et entretenu par la main de l’homme.
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Le Tarn. Endroit magique pour un pique-nique.
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rafraichissant!
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En amont, le Tarn se glisse entre les pâturages.
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et le voilà: c’est “le pont du Tarn”!
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derniers amis rencontrés, entre grêle et pluie d’orage.

Just one evil act, d’Elisabeth George ***

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Le sergent Barbara Havers ne sait plus quoi faire: la fille de son ami Taymullah Azhar a été enlevée par sa mère, et Barbara ne peut rien faire pour aider — Azhar n’a jamais épousé Angelina, et son nom n’apparait même pas sur le certificat de naissance de leur fille Hadiyyah. Il est légalement sans moyen d’intervenir. Azhar et Barbara engagent un détective privé, mais la piste de l’enfant est perdue.

Azhar commence tout juste à accepter l’inacceptable quand Angelina réapparait avec une nouvelle choquante : Hadiyyah a disparu, kidnappée sur une place de marché en Italie. La police italienne mène l’enquête, et Scotland Yard n’intervient pas, jusqu’à ce que Barbara prenne les choses en mains – en mettant sa carrière en danger. 

Comme Barbara et son partenaire, l’inspecteur Thomas Lynley ne tardent pas à le découvrir, l’affaire est beaucoup plus compliquée qu’un enlèvement typique, mettent en lumière des secrets pouvant avoir un impact bien au delà de l’enquête. Avec son emploi et la vie de la petite fille en jeu, Barbara doit décider ce qui est le plus important, et jusqu’où elle est prête à aller dans la voie qu’elle a choisie.

Pas encore traduit en français – mais ça ne saurait tarder – « le 18ème Linley » (la série a commencé en 1988) nous fait d’abord dire qu’avec Elisabeth George, « on en a pour son argent ». Autrement dit, 800 pages, même si on lit vite, que c’est bien écrit, et que l’histoire est intéressante, on en a pour quelques heures ! Après, je ne suis pas un spécialiste d’Elisabeth George – plus de 7 millions d’exemplaires vendus aux Etats-Unis – et je lis que les fans et/ou spécialistes sont pour la plupart déçus… plus de dix mille pages avec les mêmes personnages, cela doit être dur de se renouveler tout en restant dans les rails chers aux puristes. L’histoire de ce 18ème volume est un peu compliquée – si elle ne l’était pas, 300 pages auraient suffi – et quelque peu tirée par les cheveux, surtout pour ce qui est des degrés de liberté que Havers s’octroie avec la discipline policière. Mais bon, je n’ai pas lâché le bouquin une fois commencé parce que les personnages sont sympathiques, l’action et ses rebondissements ne manquent pas, et que c’est franchement plus détendant que de regarder les informations françaises à la télévision.

Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez *****

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Cent ans de solitude. En évoquant ce livre, un jour de randonnée, j’ai compris qu’il était de ceux qui provoquent des ressentis très contrastés. On aime beaucoup ou pas du tout. Peut-être parce que si l’on n’a jamais mis les pieds en Amérique latine, qu’on ne s’est jamais intéressé à l’histoire, la géographie, l’environnement, la vie, les hommes de ce continent, on n’y verra peu être qu’un livre fou, excessif, l’histoire trop loufoque d’une famille trop improbable sur une version tropicalisée (dans le tropical humide) de la planète du petit prince. Ce livre est l’Amérique latine. Un condensé de la violence de son histoire, de sa nature, de ses hommes. Un condensé de son imaginaire, de ses légendes, de ses plaies en tout genre. Il est vrai qu’il y a beaucoup trop d’Aurelianos, beaucoup trop de Buendias pour ne pas s’y perdre à un moment ou un autre, mais qu’importe ? Et si l’on navigue toujours entre rêve et réalité, les 32 guerres civiles perdues du colonel Aureliano Buendia, comme les quatre ans, onze mois et deux jours de pluie continue ne seraient pas trop loin des choses perçues si l’on pouvait encore revivre un moment du siècle passé dans une petite ville perdue de la Colombie amazonienne. L’Amérique latine est un continent qui, 500 ans après sa « découverte », n’a toujours pas totalement éliminé ses caudillos d’opérette et leurs excès, et continue de vivre au jour le jour, sous le soleil et dans l’insouciance, la vie d’une ancienne colonie devenue indépendante du reste du monde. En visite au Brésil dans les années 1960, le général de Gaulle aurait dit un jour : « le Brésil n’est pas un pays sérieux ». Vingt ans plus tard, les brésiliens en riaient encore. Et justifiaient ainsi tout ce qui n’allait pas dans le pays. Notre général aurait pu dire ça du continent. Derrière les impressions de modernité qu’on y trouve aujourd’hui dans ses grandes villes il ne faut pas chercher beaucoup pour retrouver un petit chef guerrier local, régional, voire national, et tout le folklore qui l’accompagne tel l’Aureliano de Macondo. L’Amérique latine de Gabriel Garcia Marquez est toujours bien vivante. Comme sa langue, ses mots et leur musique.