Rando pour tous *****

Cinq étoiles pour une randonnée à Saussines ??? J’en connais qui vont crier au chauvin. Bon, la randonnée des capitelle de la Bénovie mérite bien ses trois étoiles. Mais quand le “père” de cette randonnée, Jean Masduraud, associe ses efforts à ceux du Comité départemental de la randonnée pédestre (CDRP34) pour organiser une “rando pour tous” – le “pour tous” signifiant que de nombreux handicapés venus de tout le département ont pu participer – alors on assiste à quelque chose de vraiment grand. Plus de 250 randonneurs, la commune largement mobilisée, le ciel bleu qui ne tombe sur la tête de personne pendant toute la journée, les belles capitelles, le pique-nique au pré avec dégustation des vins locaux, démonstration de tir à l’arc, promenade sur le dos des ânes (pour les enfants) et pour finir une superbe chorale à la salle des fêtes… merci Jean, c’était magique !

Photos:

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Un adjoint qui commence sa journée en trempant son croissant dans le café, d’accord avec vous, c’est pas classe. Mais on rigole bien…
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et les filles de Saussines… pas mieux !!!
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Une foule prête à courir sur 10kms
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Le chef a donné le signal… c’est parti !
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Sur la place de la mairie… un garde-champêtre.
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Très écouté, il raconte l’histoire de Saussines.
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Devant l’église, Mme Plagniol raconte celle de ce monument classé.
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La sortie du village
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Une des six capitelles restaurées du parcours.
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Devant la capitelle n°4, notre berger (venu en 2CV) explique à quoi ces capitelles servaient autrefois.
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Pique-nique au pré.
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Le domaine des Escarelles… un vin très apprécié des conseillers municipaux, n’est-ce pas Pamela?
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D’autres mangent à l’ombre… comme notre “garde-champêtre”, en charge de la commission fêtes et animations au sein du conseil municipal.
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Petit tour sur les ânes pour les enfants.
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Avant les discours… Jean Masduraud à gauche. A droite, Henry Sarrazin, maire de Saussines.
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Et pour le final, du gospel avec une voix superbe, celle de notre secrétaire de mairie, Françoise Bruchet. Bravo !!!

Randonnée autour du cirque ****

Le cirque de Navacelles est un endroit très fréquenté, toute l’année. Bien sûr, l’été, les touristes ne s’éloignent pas trop des voitures: la rivière (la Vis), ses pierres, ses cascades, son eau (très) fraiche ne sont pas loin. Au printemps, si l’on croise davantage de randonneurs, ils s’éparpillent sur les différentes options possibles autour du cirque. Christiane avait choisi de nous faire monter au sud, sous le belvédère de la Baume Auriol, puis de nous faire marcher sur le causse, vers l’ouest, en longeant la falaise, pour redescendre sur le village de Vissec, dont le nom est tout un programme (“là où la Vis est à sec”, l’eau coulant sous la surface). De là, 4kms pour rejoindre le moulin de la Foux, puis 4 à 5 de plus pour revenir à Navacelles et aux voitures. Total 19kms avec un beau soleil, pas ou peu de vent, et une température maximale de 24 degrés. Une superbe journée et une magnifique randonnée en excellente compagnie.

Photos

Navacelles
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Les petites bêtes qui montent…
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C’est le cirque !
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Sens du vent?
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Tapis d’orchidées
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Orchidée 1
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Orchidée 2
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Orchidée 3
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Champ de blé et champ de cailloux
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Vissec
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Pas fou ce facteur !
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Moulin de la Foux
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Les pierres du moulin
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arbre danseur
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Une jolie Vis
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Ancolies
ancolies

L’homme qui a vu l’homme, de Marin Ledun ***

ledun-editions-OmbresNoires-policier-fichelivre Pays basque nord, janvier 2009. La tempête Klaus vient de s’abattre sur la façade atlantique. Les rumeurs autour de la disparition d’un militant basque, Jokin Sasco, enflent. Iban Urtiz, reporter, comprend que cette affaire n’est pas un cas isolé. La jeune Eztia, soeur du disparu, lui ouvre les portes d’un monde de mensonges et de trahisons où enlèvements, tortures et séquestrations sont devenus les armes de l’ombre. Tandis que deux tueurs tentent d’étouffer la vérité, la vie d’Ivan bascule dans une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom.

Un roman sous tension qui vibre des cris des familles de disparus et de la folie des hommes.

Etonnant. Prenant. Dérangeant. Où placer le curseur, entre roman et imaginaire d’un côté, triste réalité de l’autre? Entre les deux, bien au milieu? Une chose me semble sûre: le monde, ce monde-là inclus, n’est ni tout blanc ni tout noir. Il n’y a pas les vilains basques d’un côté, les gentils policiers de l’autre. Les assassins et les victimes.  Bien sûr personne ne peut cautionner la violence, les bombes, les victimes innocentes. Mais peut-on dire que le terrorisme justifie tout, y compris les enlèvements, la torture et les exécutions? Ne devrait-on pas s’interroger aussi sur les causes du terrorisme? Il n’y a pas de génération spontanée des terroristes.

C’est un roman, oui, mais de ceux qui à la fois envoutent, par la qualité de l’écriture, les personnages, le suspense, et font se poser bien des questions. Ledun est un écrivain prolifique. Il faut que je lise autre chose de lui.

Emprunté à la médiathèque départementale de l’Hérault.

Alma, de Manuel Alegre ***

Alma

Les souvenirs d’enfance. Les odeurs, les voix, les émotions d’un temps ou le temps n’a pas de fin et où l’important est présent dans les plus petites choses. Ils sont là pour toujours, comme des cicatrices de l’âme, comme des principes qui guident nos premiers pas dans la vie. La nostalgie des endroits magiques de l’enfance. D’Alma, la ville enchantée ou coexistent la tradition et la subversion, la mélancolie et l’audace, les croyances, l’idéologie et le football… A travers la voix audacieuse de l’enfant qui n’a jamais peur de se dénoncer nous parvient l’écho d’un Portugal divisé entre République et Monarchie, un pays qui était, à l’époque, le monde d’un enfant plein d’espoir et d’attention. Toute sa vie est née d’Alma. (traduction très approximative de la quatrième de couverture)

Pas de traduction française, malheureusement, pour l’oeuvre de Manuel Alegre. Mobilisé et envoyé en Angola, il prend part à une révolte interne des forces armées portugaise et passe six mois en prison à Luanda, où il commence à écrire des poèmes. Opposant à la dictature de Salazar, il travaille pour une radio en exil, depuis l’Algérie et revient au Portugal après le printemps des oeillets, en 1974. Manuel Alegre passera son temps entre écriture et politique. Député de gauche au parlement, il sera deux fois candidat à l’élection présidentielle, en 2006 et en 2011, où il est second avec près de 20% des voix.

Certains de ses poèmes ont été chanté par Amalia Rodriguez. Alma, l’un de ses nombreux ouvrages en prose, raconte une enfance haute en couleurs, dans les années 1940, ponctuée par les matchs de foot d’une médiocre équipe locale, les passions politiques des adultes, l’éveil de tous les sens, et les inondations. C’est écrit avec humour. Et c’est peut-être parce qu’il est bien difficile de traduire odeurs, couleurs, poésie et humour mélangés que ce beau petit livre ne peut encore être lu qu’en portugais.

Prêté par une amie brésilienne. 1000 mercis.

 

Falaises de Lauret ***

On part du Domaine Départemental du Mas Neuf, pas loin de Valflaunès (Hérault). Un site qui est assez joli, avec des bâtiments qui mériteraient une restauration pendant qu’il en est encore temps. On continue vers le sommet du Rocher du Causse où se situe un site préhistorique et depuis lequel on bénéficie d’une vue panoramique à partir d’une structure d’un goût assez douteux.

Mais ce seul secteur n’aurait pu à lui seul justifier la création d’une randonnée.
Un chemin assez mal balisé nous emmène au lac de Claret ou Lac de la Matane, surprenante retenue d’eau au milieu de la garrigue et de la pinède, créée artificiellement mais laissée à l’état sauvage et seulement fréquentée par les locaux (et nous).

De là on poursuit jusqu’au site du Moulin de Lafous, où une source distribue son eau en une admirable suite de cascatelles (ou des cuvettes naturelles qui se suivent comme autant de mini-piscines à débordement) dans un environnement frais et boisé contrastant avec la sécheresse de la végétation alentour. Le moulin lui-même disparait dans la végétation et ne sera bientôt plus qu’une ruine. On peut encore y voir deux belles meules circulaires.

Relier ces différents sites entre eux en passant par le haut et par le bas des falaises qui dominent Lauret et Claret, voilà maintenant de quoi justifier la randonnée du jour. 16kms sous un beau soleil, et un thermomètre qui est monté de 20 degrés au fur et à mesure que les heures avançaient. Ce qu’on avait sur le dos est passé sur ou dans le sac. La semaine prochaine ce sera Navacelles. Magique.

Photos:

Une falaise
Déjà sec en avril
Le lac de la Matane
Petite pose à l’ombre
La Matane
Les “cascatelles”
Le moulin de Lafous
Intérieur du moulin

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La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt ***

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Jocelyne, dite Jo, rêvait d être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c est Jocelyn, dit Jo, qui s est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l épouse) a courbé l échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff Esthétique, 18.547.301 lui tombent dessus.

Elle a “gagné” au Loto. Reçu son chèque. Passé un long moment avec une psychologue de la Française des jeux qui lui explique que tous les gagnants (ou presque) pètent les plombs. Ensuite elle a caché son chèque sous la semelle d’une vieille chaussure dans son placard. Décidée à ne pas l’encaisser. Pour que sa vie reste ce qu’elle est. Et c’est raté.

Le livre a connu un certain succès à sa sortie (2012) et fait connaître Grégoire Delacourt. Justifié. C’est court, petits chapitres, écriture dense, beaucoup d’humour, quelques belles tranches de vie. J’ai lu ce livre en deux heures. Et passé un très bon moment. Un auteur à suivre.

Emprunté à la bibliothèque de Saussines

Allmen et les libellules, de Martin Suter ****

Allmen et les libellules

Johann Friedrich von Allmen, la quarantaine élégante, collectionne les oeuvres d’art. Une occupation devenue dangereuse pour ce dilettante séducteur et raffiné depuis qu’il a dilapidé la fortune familiale et s’est attiré la rancoeur de certains proches, victimes de ses trafics. Il doit se résoudre à se séparer de bon nombre d’oeuvres et s’installe dans la maison du jardinier en compagnie de Carlos, son fidèle majordome guatémaltèque. La chance semble tourner lorsqu’il rencontre Jojo, une belle femme dans la fleur de l’âge. Dans sa demeure, il découvre cinq coupes Art nouveau ornées de libellules, chacune porteuse d’un secret. Il décide aussitôt de s’en emparer, à grand renfort de ruses et de précautions, en espérant régler ses dettes. Reprenant la tradition des duos d’enquêteurs, Martin Suter nous livre ici le premier volume d’une série dont Allmen, gentleman cambrioleur et enquêteur, est le héros.

C’est un language simple, facile à lire, amusant. Je n’éclate pas souvent de rire en lisant un bouquin. Mais les aventures d’Allmen ne sont ni banales ni tristes. Le livre se lit très vite. On le referme en ayant passé un bon moment. Rare. Bien sûr, pour ceux qui peuvent, il vaut mieux le lire en allemand.

Emprunté à la bibliothèque de Saussines

L’étrange disparition d’Esme Lennox, de Maggie O’Farrell **

EsmeLennox

Entre l’Inde et l’Écosse, des années 1930 à nos jours, l’histoire déchirante d’une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens. Un roman d’une beauté troublante, où s’entremêlent des voix aussi profondes qu’élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l’amour à la trahison. 
À Édimbourg, l’asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d’enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n’avait jamais entendu parler d’elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ? 
Toutes ces années, les mêmes souvenirs ont hanté Esme : la douceur de son enfance en Inde, le choc de son arrivée en Écosse, le froid, les règles de la haute bourgeoisie et, soudain, l’exclusion… Comment sa propre soeur, Kitty, a-t-elle pu cacher son existence à ses proches ? Et pourquoi Iris se reconnaît-elle tant dans Esme ? 
Peu à peu, de paroles confuses en pensées refoulées, vont ressurgir les terribles drames d’une vie volée…

Deuxième roman de Maggie O’Farrell et deuxième déception. En fait, c’est une superbe histoire, gâchée par le style déplorable de l’auteur qui saute d’une narratrice à l’autre, d’un espace dans le temps à un autre, le tout sans même une marque de chapitre ou tout autre signe, et vous laisse toujours plusieurs lignes comme un suspend avant de vous donner de quoi entrevoir qu’on a sans doute changé d’époque et/ou de narratrice. C’est exaspérant. Comme dans l’autre roman lu récemment, si l’histoire se passe en Ecosse elle aurait tout aussi bien pu se passer à Madrid ou à Paris. L’histoire, du moins le fond, est pourtant extraordinaire. C’est l’histoire de la toute puissance des pères de la petite bourgeoisie universelle au début du XXème siècle. De connivence avec le médecin de famille, ils pouvaient d’un simple geste décider de l’internement à vie d’un parent dérangeant. Esme ne veut pas se plier au carcan des convenances de ces petites gens qui se croient si grands, et elle en est cruellement punie.  Il est vrai qu’elle va pousser l’inconvenance jusqu’a se faire violer et en tomber enceinte. C’est donc bien une criminelle, n’est-ce pas? Sa famille la condamne à une mort légale, la perte de son enfant, l’enfermement à vie. Invraisemblable? Pas vraiment. Une histoire formidable, dont un bon écrivain aurait tiré un grand roman. Qu’on ne me propose plus de lire un Maggie O’Farrell.

 

Emprunté à la médiathèque de Lunel