Dans le silence du vent, de Louise Erdrich ****

dans le silence du ventRécompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l’année (2013) par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d’un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera plus jamais comme avant. Il n’aura d’autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l’innocence.

Comme l’écrit Louise Erdrich dans sa postface, l’action de ce livre se déroule en 1988, mais l’enchevêtrement de lois qui dans les affaires de viol fait obstacle aux poursuites judiciaires sur de nombreuses réserves existe toujours. « Le Labyrinthe de l’Injustice », un rapport publié en 2009 par Amnesty International, présentait les statistiques suivantes : une femme améridienne sur trois sera violée au cours de sa vie (et ce chiffre est certainement supérieur car souvent les femmes amérindiennes ne signalent pas les viols) ; 86 pour cent des viols et des violences sexuelles dont sont victimes les femmes améridiennes sont commis par des hommes non-amérindiens ; peu d’entre eux sont poursuivis en justice.

Encore un roman attachant, bien écrit, avec pour héros un jeune adolescent indien, fils d’un juge, et ses trois meilleurs amis. On y découvre une Amérique inégalitaire, où des lois qu’il faut bien appeler racistes perdurent, comme si la vie des uns valait toujours plus cher que la vie des autres. Les survivants du génocide indien ont bien du mal à conserver la vie tribale et les traditions auxquelles ils sont si fortement attachés. Leurs réserves sont moins protégées que les parcs nationaux face aux appétits des populations blanches voisines. Louise Erdlich nous montre pourtant des familles comme les autres et des jeunes ayant les aspirations de tous les jeunes, même si… Quand la justice ne s’applique pas et que des hommes en profitent en toute impunité, qui peut blâmer ceux qui se révoltent ?

Emprunté à la Médiathèque de Lunel, publié en français en 2013.

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