Le livre du roi, de Arnaldur Indridason ***

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Le livre du roi d’Arnaldur Indridason, Métaillé (2013)

En 1955, un jeune étudiant islandais arrive à Copenhague pour faire ses études. Là il va se lier d’amitié avec un étrange professeur, bourru, érudit et buvant sec, spécialiste des Sagas islandaises, ce patrimoine culturel inestimable qu’ont protégé les Islandais au long des siècles comme symbole de leur nation. Il découvre le secret du professeur, l’Edda poétique, le précieux Livre du roi, dont les récits sont à l’origine des mythes fondateurs germaniques, lui a été volée pendant la guerre par des nazis avides de légitimité symbolique.
Ensemble, le professeur et son disciple réticent, qui ne rêve que de tranquillité, vont traverser l’Europe à la recherche du manuscrit. Un trésor pour lequel certains sont prêts à voler et à tuer. Un trésor aussi sur lequel on peut veiller et qu’on peut aimer sans en connaître la valeur.
Une histoire inhabituelle et une aventure passionnante sur ce qu’on peut sacrifier et ce qu’on doit sacrifier pour un objet aussi emblématique qu’un livre.

Pas de commissaire Erlendur dans ce roman d’Indridason, qui nous rappelle qu’avant d’être l’auteur de romans policiers à succès que le monde entier connaît, il a étudié l’histoire à l’Université d’Islande. On peut avoir un moment d’inquiétude quand Indridason se lance dans un cours sur la littérature islandaise pour les nuls, mais le roman d’aventure l’emporte sur le roman d’histoire et on se laisse prendre aux péripéties rocambolesques de l’enquête menée par le vieux professeur et son jeune assistant.

Randonnée autour de l’Hortus ***

Au nord de Montpellier, il y a le pic St Loup, et en face de lui, la falaise de l’Hortus. Les randonneurs saussinois se sont retrouvés à Valflaunès ce matin, pour un tour de 18Kms passant par le sommet de la falaise et le château de Viviourès ou château de la Roquette, construit il y a sans doute près de 1000 ans, belle ruine aujourd’hui.

Le pic St Loup (à gauche) et l'Hortus (à droite)
Le pic St Loup (à gauche) et l’Hortus (à droite)
L'Hortus est surtout connue pour la qualité des vins produits à ses pieds.
L’Hortus est surtout connue pour la qualité des vins produits à ses pieds.
Pique-nique dans la garrigue, .au sommet de la falaise, face au pic St Loup
Pique-nique dans la garrigue, .au sommet de la falaise, face au pic St Loup
Le château de la Roquette
Le château de la Roquette
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L’un des grands murs encore en place du château de la Roquette.
Le p.ic St Loup vu du château de la Roquette
Le pic St Loup vu du château de la Roquette

Le soleil était de la partie et les polaires enfilées le matin sont vite rentrées dans les sacs. Quelques passages très près du bord de la falaise suggèrent que la rando n’est pas à faire un lendemain de pluie. Nous étions 24 et nous avons croisé un groupe presque de même taille (22) venant de Lodève. Sur une terrasse du mazet, au pied de la falaise, un magnifique éléphant en bois (hauteur 1m), originaire de Côte d’Ivoire. Je n’ai pas eu le temps d’interroger sa propriétaire pour savoir si elle avait vécu là et quand. Demain je fais une reconnaissance autour de Corconne (12kms). Avec les 14 kms de dimanche dernier à Montpezat et les 18kms de la rando d’aujourd’hui, j’aurai marché 44kms cette semaine. Un record.

Les gens heureux… **

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Les gens heureux lisent et boivent du café, de Agnès Martin-Lugand, Lafon (2013).

Bon, comme le titre de ce blog a été inspiré par un petit livre, je commence par celui-ci.  Nouvellement arrivé dans ma bibliothèque, qui l’a sans doute acheté 15 euros pour être fait de papier et édité chez Lafon au lieu d’être électronique et vendu 3 euros par Amazon, je me suis laissé attirer par la 4ème de couv. “Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier (…) J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.” Attiré aussi par le fait que le livre a connu son succès par le bouche à oreille façon internet avant de bien marcher en version papier, j’ai bien aimé le démarrage et ses promesses.
Malheureusement à peine l’héroïne a-t-elle mis les pieds en Irlande terre d’exil que le bouquin tourne à la caricature. La veuve inconsolable qui ne lavait plus ses draps depuis un an parce qu’ils exhalaient encore l’odeur masculine de feu son mari (tu parles!) tombe soudainement amoureuse de l’ours tête à claque irlandais son voisin et réciproquement. Ce beau célibataire a une ex improbable qui surgit au moment où on va enfin se régaler de quelques lignes coquines après un wagon de pages où on s’ennuyait gentiment, entre promenade du chien sur la plage et cuites au pub de l’endroit. On se fâche, on s’aime encore, et quand on croit que tout est réglé, la belle se touche le front et joue l’effarouchée “ah non je n’peux pas encore, oublie-moi”… Le moins qu’on puisse dire est que tout ça manque de finesse et de crédibilité. Je ne parle pas de l’Irlande puisque l’auteur n’en écrit pas un mot, en dehors de quelques clichés du style les mecs, c’est tous des rugbymen qui boivent de la bière brune dès le petit déjeuner. Bref, c’est raté. Reste le titre. Qui me plait toujours.