Agatha Raisin enquête: la quiche fatale, de M.C.Beaton ***

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Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.
Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Trouvé sur le site de Babelio:

Marion Gibbons, née McChesney, est écrivain depuis 1979.
Elle publie ses romances historiques sous le nom de Marion Chesney.
Elle a commencé à travailler comme libraire au département fiction de John Smith & Sons Ltd. Le Scottish Daily Mail lui propose à la même période d’écrire des critiques de théâtre : elle accepte et diversifie peu à peu ses articles pour eux.
Après son mariage avec Harry Scott Gibbons et la naissance de leur fils Charles, ils déménagent aux États-Unis pour la carrière de Harry. C’est là que Marion commence à écrire, se consacrant d’abord aux romances historiques, avant de s’intéresser à la littérature policière suite à un voyage dans le Sutherland qui lui inspirera le cadre des aventures de son héros Hamish Macbeth.
La famille reviendra ensuite s’installer à nouveau en Grande-Bretagne, déménageant dans le Sutherland, passant par Londres, avant de finalement s’établir dans les Cotswolds, où Marion créera le personnage d’Agatha Raisin.
Marion Chesney utilise le pseudonyme de M.C. Beaton pour signer ses romans policiers (les séries “Agatha Raisin” (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde) et “Hamish Macbeth”).
Ses romans de type romances sont quant à eux publiés sous les pseudonymes d’Ann Fairfax, Jennie Tremaine, Helen Crampton, Charlotte Ward et Sarah Chester.
son site : http://www.mcbeaton.com/uk/author/marionchesney

La dame a aujourd’hui 81 ans.

15 millions d’exemplaires d’Agatha Raisin vendus dans le monde !!! Et la première traduction française qui sort en 2016, celle du tome 1 d’une série qui en compte déjà 28 ! C’est presque comme d’imaginer qu’on découvre maintenant Agatha Christie en France… stupéfiant.

Agatha Raisin, c’est la comédie policière à l’anglaise. Du bon humour, second degré. Le petit village et ses habitants, bien caricaturaux. Même s’ils ne sont qu’à une heure et un peu plus de Londres. Le pub, les soirées entre dames, les ventes de charité, le sermon du pasteur, la voisine acariâtre, le bon bobby du village, etc. dans la campagne anglaise, les petits cottages et leurs jardins fleuris. Histoire sans prétention. Lecture hygiénique. Vite fait, bien fait, vite lu. Un bon moment.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Black Water Lilies (Nymphéas noirs), de Michel Bussi ****

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“Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. Elles possédaient pourtant un point commun, un secret en quelque sorte : toutes les trois rêvaient de fuir… “

Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps. Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme.

Ma chère épouse, qui voyage beaucoup entre la Suisse et la France et bouquine dans le train, essentiellement des livres en anglais, avait trouvé une quatrième de couv intéressante dans sa librairie préférée et acheté le livre d’un certain Bussi… avant de s’apercevoir, mais un peu tard, qu’elle venait d’acheter un roman français traduit en anglais. So what? Les Black Water Lilies sont aussi un très bon bouquin dans la langue de Shakespeare. Un roman policier, français donc, où, pour une fois, l’auteur est bien documenté. J’ai déjà parlé plusieurs fois de ces pages de remerciements à la fin des bouquins. des pages et des pages quand l’auteur est anglo-saxon. Pas seulement parce que les anglo-saxons sont plus polis que les français. Parce qu’ils ont, effectivement, beaucoup de monde à remercier. Parce qu’ils se documentent avant d’écrire sur un sujet qu’ils ne connaissent pas. Au contraire de la vaste majorité des écrivains hexagonaux.  C’est dit, na. Qui donc ne remercient personne. Bref, Giverny, l’impressionnisme, Monet, Bussi a bien étudié et du coup son roman tient la route, même si l’intrigue est quelque peu compliquée. On y est, on s’y croit, on voit des nymphéas partout. Et on ne sait plus lâcher le bouquin. Jusqu’à la fin. Inattendue.

Le Pic Saint Loup par les crêtes

BAVÉ ! J’en ai bavé. 10 kms. 670m de dénivelé. Rien d’exceptionnel tout ça. Sauf que dans le dénivelé, il y avait de sacrées marches, des passages très très près du vide, et surtout des parties dans le caillou, en montée ou en descente, qui était de l’escalade. Certes, avec beaucoup de prises pour se tenir, mais quand même, nos randonnées pépères ne nous ont pas habituées à ça. Je me suis coincé deux fois la chaussure dans les cailloux, avec toutes les peines du monde pour la ressortir. Je me suis écorché de partout. Au moins je n’ai pas atterri trois fois sur les fesses – pierre qui roule… – comme certain compagnon d’aventure. Mais je rentre cassé de chez cassé, mal au dos, mal aux cuisses, mal aux genoux, je n’ai plus une fois, mais deux fois 35 après tout. Une fois pleuré, reste que cette ballade était superbe. Soleil, ciel clair, des vues extraordinaires, un peu trop de mistral quand même, et plusieurs centaines de personnes qui montent au Pic Saint Loup par la voie normale, personne sur la notre, on apprécie. Beau dimanche. Merci Francis.

Quelques photos:

 

Une soirée avec Janine Teisson

Les absents ont toujours tort. Pas plus de monde que d’habitude hier soir, lors de notre “apéro-culture”, le millefeuilles de la médiathèque de Saussines, malgré un gros effort de publicité. Et pourtant nous recevions une écrivaine prolifique – plus de quarante ouvrages à son actif – ayant publié cette année deux livres remarquables: Janine Teisson.

Le douzième corps est paru dans une toute petite collection, polars, d’une toute petite maison d’édition (qui connait le chèvre-feuille étoilé?). Et à peine ouvert, on découvre un superbe roman historique. L’histoire nait en 1944, déjà presque la fin de la guerre. La compagnie Das Reich se retire du sud-ouest de la France pour aller porter main forte aux troupes qui se battent plus au nord. Cette retirada s’accompagne d’attaques incessantes par les résistants français, et de représailles par les troupes allemandes. Janine Teisson a construit son intrigue à partir d’une histoire bien réelle, révélée soixante ans après les faits par un vieil homme de 92 ans sur son lit de mort: il a participé au massacre de prisonniers allemands, des jeunes soldats épuisés qui s’étaient rendus dans les jours précédant, en représailles au massacre d’une douzaine d’hommes de son village par les troupes en retrait. Le roman fait de l’un d’entre eux le grand amour d’une jeune française, Marguerite. Un amour interdit, un amour condamné, mais l’amour de toute une vie. Quand la mémoire de Marguerite s’effacera, dans la maison de retraite où elle vit ses dernières années, il ne lui restera plus que ce souvenir, toujours aussi vivant. Et sa petite fille, désespérément, et dangereusement, cherchera à savoir ce qu’il est advenu du beau Hans, depuis sa dernière lettre, postée de ce petit coin de France, en 1944.

Janine Teisson nous a aussi lu une nouvelle, liée à un épisode douloureux de la libération, Brushing, qui fait partie de Repas de fiel, l’autre livre remarquable évoqué plus haut, un recueil de vingt toutes petites nouvelles publiées dans la collection Les Lunatiques, chez Le mot fou éditions.

Une soirée… R E M A R Q U A B L E, quoi!

PS. Ces deux ouvrages méritent bien ****

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Le masque de Venise, de Rosalind Laker***

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Je ne me rappelle plus qui m’a recommandé cette lecture. Merci quand même !

Cela ressemble au livret d’un opéra italien du XVIIIème siècle. Venise, deux grandes familles qui se cherchent querelle depuis la nuit des temps, des temps où les femmes qui parviennent à exister ont bien du mérite. Les héroïnes, Marietta et Elena, sont deux orphelines élevées au conservatoire de la Pietà, école de chant qui fournit les prima donna des soirées musicales vénitiennes de l’époque. Une époque où le carnaval et les fêtes privées ne s’arrêtent que lors des grosses chaleurs de l’été. On les marie, contre leur gré, aux chefs des deux familles ennemies. L’une découvre l’horreur, l’autre qu’un mariage arrangé peut cacher une agréable surprise. Face à l’adversité, elles se battent, et si leurs aventures sont bien romanesques, la vie à Venise, les politiques locales et internationales sont bien présentes, comme l’exige le décor de tout bon roman historique sinon d’un opéra. La fin m’a tenu éveillé jusqu’à une heure avancée de la nuit…

 

Emprunté à la bibliothèque de Saint-Christol

Le circuit de Rabuchon

La randonnée ne fait que 6 kms, parait-il, mais on met plus de trois heures parce que 500m de dénivelé cumulés en forêt tropicale humide, ça use. On trouve le sentier dans la forêt de Rabuchon en passant par Saint Joseph, départ au parking de Coeur Bouliki.

 

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Les photos:

 

Les règles d’usage, de Joyce Maynard ****

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Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, son monde est complètement chamboulé : sa mère part travailler et ne revient pas. L’espoir s’amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre.
Le chemin de la jeune fille la mène bientôt en Californie chez son père biologique qu’elle connaît à peine – et idéalise. Son beau-père et son petit frère la laissent partir le cœur lourd, mais avec l’espoir que cette expérience lui sera salutaire. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais qui lui manque. Elle délaisse les bancs de son nouveau collège et, chaque matin, part à la découverte de ce qui l’entoure, faisant d’étonnantes rencontres : une adolescente tout juste devenue mère, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune à la marge qui recherche son grand frère à travers tout le pays. Wendy lit beaucoup, découvre Le Journal d’Anne Frank et Frankie Addams, apprend à connaître son père, se lie d’amitié avec sa belle-mère éleveuse de cactus, comprend peu à peu le couple que formaient ses parents – et les raisons de leur séparation. 
Ces semaines californiennes la prépareront-elles à aborder la nouvelle étape de sa vie ? Retournera-t-elle à Brooklyn auprès de ceux qui l’ont vue grandir ? 
Émouvante histoire de reconstruction, Les règles d’usage évoque avec brio la perte d’un être cher, l’adolescence et la complexité des rapports familiaux. Un roman lumineux.

Un roman très prenant, une adolescente – une “survivante” – qui se construit une vie sur des ruines, celles du mariage de ses parents, celles du World Trade Center où travaillait sa mère, celles de sa deuxième famille qui tarde à reprendre pied, et quelques rencontres marquantes, mais de passage, pendant son épisode californien (et déjà évoquées ci-dessus). Il en sort une forte personnalité, attachante au point qu’on aimerait savoir ce qu’elle fera de toute cette force nouvelle. Il a intérêt a être franchement génial, le mec qui lui fera tourner la tête.

Emprunté à la médiathèque de Saussines

Born a Crime, de Trevor Noah ****

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Je ne sais pas si ce livre sera un jour traduit en français. Il était mentionné, dans un article de journal – je ne sais plus lequel – sur l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, comme l’un des grands succès du moment de la très riche littérature sud-africaine. Né en 1984, alors qu’une loi punissait de cinq ans de prison (pour les hommes, seulement quatre pour les femmes) tout rapport sexuel entre blancs et noirs, il est donc « né un crime » (Born a Crime) parce si sa mère est noire (Xhosa), son père est suisse-allemand, donc blanc de blanc. Noah raconte sa jeunesse dans cette phase de transition post-apartheid où si le président est enfin noir et Xhosa, comme lui, toute la machine du pouvoir politique, économique et social, change à la vitesse de l’escargot. Noah est un témoin extraordinaire, parce qu’il est comme un peu extérieur parce que ni noir ni blanc, parce qu’il sait parler aussi bien anglais, qu’africaans, xhosa ou zulu, et plus encore, parce qu’il est aussi doué pour la débrouille, les affaires que les études, et surtout parce qu’il est doté d’une étonnante dose d’humour pour quelqu’un qui vit dans ce monde en ruines…

Sa mère est une ultra de la prière. Pour être sûre de ne déplaire à aucun Dieu – on ne sait jamais – elle passe tout son dimanche à l’église. Pas une église, non, trois : celle des blancs, l’analytique, une « mixte », la jubilante, et celle des noirs, la passionnée. Noah ne tarde pas à trainer des pieds, mais il doit suivre sa mère, et mettre un mouchoir sur un sens critique déjà bien affuté : « si vous êtes un indien d’Amérique et que vous priez les loups, vous êtes un sauvage. Si vous êtes africain et que vous priez vos ancêtres, vous êtes un primitif. Mais si vous êtes blanc et que vous priez pour un type qui change l’eau en vin, eh bien, c’est juste du bon sens ».

On accompagne Noah dans sa vie de débrouilles, commerce illégal et petites arnaques des années post-apartheid, où le chômage des noirs atteint des sommets inégalés. On découvre une Afrique du Sud qu’on ne connaît pas, à l’époque où les médias ne parlent que de Nelson Mandela et de sa révolution tranquille. « Le triomphe de la démocratie sur l’apartheid est quelquefois appelé la révolution sans sang (bloodless révolution). Mais on l’appelle comme ça seulement parce que très peu de sang blanc a été versé. Il y a eu des rivières de sang noir dans les rues ». Dont les medias n’ont pas beaucoup parlé. Pourquoi ?

« la langue, c’est lié à une identité et une culture, ou la perception que l’on en a. Quand on partage une langue, on « est pareil ». Quand on parle et que l’autre ne comprend pas, on « est différent ». Les architectes de l’apartheid on parfaitement compris ça. Dans les mesures qu’ils ont prises pour assurer que les noirs restent divisés (pour régner tranquille), et pas seulement physiquement, ils ont joué sur les langues. Dans les écoles bantu, les enfants n’entendaient parler que bantu. Les enfants zulu apprenaient en zulu, les enfants tswana en tswana. Exclusivement. À cause de cela on est tombé dans le piège du gouvernement et on s’est battus les uns contre les autres, persuadés qu’on était différent »

Comédien, humoriste, et surtout homme de télévision dont les one-man-shows sont suivis par des millions de sud-africains de toutes races, Noah a rassemblé ses petites histoires – épisodes de sa jeunesse – en une biographie témoignage sans prétention qui reçoit, localement, l’agrément de tous ses lecteurs. On ne peut qu’espérer que ce beau livre, qui illustre bien les réalités de l’Afrique du Sud en transition, sera bientôt traduit en français.

 

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