Un chemin des vignes, entre Aigle et Bex

Randonnée vaudoise, entre la gare d’Aigle et celle de Bex. Prononcer “bè”, pas “bé” ni ‘bèèèèèè’. On monte au château d’Aigle (photos) et ensuite… on se débrouille plus ou moins bien. Le balisage n’est pas top, et le descriptif trouvé sur “la Suisse à pied” n’est pas top non plus. Donc la rando vendue 14 km se termine à près de 17, mais on a l’habitude. Il faisait beau, TRÈS beau même – 25° à Aigle au retour (par le train entre Bex et Aigle) – une vraie journée d’été suisse. Beaucoup de monde partout, et donc embouteillages pour revenir à Lausanne. Mais une belle journée quand même.

Quelques photos:

Daddy’s gone a-hunting, de Mary Higgins Clark ***

MHC-daddy

“Une chanson douce”, c’est le titre en français de ce n-ième roman de celle qui est, depuis cinquante ans, la grande dame du roman policier (et de suspense, souvent) américain.

Kate gît, inconsciente et grièvement brûlée, sur un lit d’hôpital. La jeune femme a réussi à échapper aux flammes qui ont ravagé, en pleine nuit, la manufacture familiale de meubles anciens et le bâtiment attenant où étaient stockées de précieuses antiquités. Simple accident ? Pour la police qui enquête sur la l’explosion à l’origine de l’incendie, Kate est suspecte : que faisait-elle là à une heure si tardive, elle qui travaille aujourd’hui pour une des plus grandes sociétés d’audit ? Pour innocenter sa sœur, Hannah est décidée à aller chercher sous les cendres la clé de cette inquiétante énigme. Au risque de découvrir un dangereux secret… La douce mélodie du passé devient vite entêtante quand la reine du suspense nous entraîne au cœur d’un fascinant mystère familial, hanté par un tueur sans scrupules.

Pas grand chose à en dire. MHC connait toutes les ficelles pour écrire un livre facile à lire. Si elle avait fait du suspense une spécialité, ici il n’y en a pas. Ni de grande surprise, non plus, quant à savoir qui est le méchant de l’histoire. Mais bon, ça se lit vite, c’est gentil… après tout, elle a fêté ses 90 ans, la dame, il ne faut plus lui demander de danser le rock !

Lire à Saussines


” Les gens qui lisent sont moins cons que les autres” (Bernard Pivot dans Le Figaro de ce matin)

On s’en réjouit. Et à Saussines, ce vendredi soir comme une fois tous les deux mois, on est une bande de moins cons que les autres qui avons partagé gaiement un autre de nos apéros-lecture, les “millefeuilles”. Au programme du jour Norek, Bussi, Ferrante, Ledig, Jablonka… et Almudena Grandes. J’en oublie sans doute.

La guerre d’Espagne ne s’est pas arrêtée en 1939. Le quatrième roman de la série des “épisodes d’une guerre interminable”*, Los patientes del doctor Garcia, raconte le combat de ceux qui ont cru que, faute de pouvoir le faire tomber par les armes, le régime de Franco pourrait être ébranlé par la diplomatie. Les héros du roman prennent des risques énormes pour constituer un dossier accablant sur l’aide apporté par Franco (et Peron en Argentine) aux criminels de guerre nazis, quand le monde occidental, américains en tête, a déjà les yeux ailleurs, vers l’URSS de Staline et les dangers qu’elle représente. L’Espagne est abandonnée à son sort. Il est vrai qu’elle sera loin d’être l’unique dictature de l’après-guerre…

Almudena Grandes écrit un roman historique remarquable. L’histoire écrite par les historiens est tout aussi peu lisible que la science des revues scientifiques peut l’être pour l’homme de la rue. Le roman historique est souvent une belle histoire racontée dans un contexte historique rigoureux. Grandes réussit une fusion plus importante en faisant se mélanger, dialoguer, agir ensemble ses personnages de fiction et les personnages réels. Plusieurs fois je me suis plongé dans Google pour savoir si tel ou tel personnage était réel ou inventé. Il y a beaucoup (trop?) de personnages, et quelques longueurs, c’est vrai, mais l’histoire et ses acteurs, comme racontée et présentés par Grandes, impressionnent beaucoup. C’est sans doute ma meilleure lecture cette année.

 

* Inès y la Algeria publié en 2010 (chez Lattes: Inès et la joie)
El lector de Julio Verne en 2012 (id: Le lecteur de Jules Verne)
Las tres bodas de Manolita en 2014 (id: Les trois mariages de Manolita)

Les collines d’Aujargues

Jolie randonnée entre pinède et garrigue, entre quatre communes du Gard (Aujargues, Congenies, Aubais et Junas) avec une visite des anciennes carrières de Junas qui servent de cadre chaque été à un Festival de Jazz renommé.

Visorando propose un excellent topo, très détaillé, et tout le chemin est balisé jaune, donc pas moyen de se perdre. Selon Visorando la randonnée est de 17,79 km. On ne donne pas les centimètres et se demande pourquoi. Moi j’avais fait un tour de 16,3 km selon mon podomètre. J’ai corrigé la longueur de mon pas depuis dans les paramètres (70cm par défaut, correspondant à une personne d’1m68). Visorando donne une durée de 5h25, pas 20 ni 30. Je suis parti d’Aujargues à 9h30 et revenu à 14h précises, soit 4H30, dont seulement 3h, 42mn et 44s de marche, le reste étant utilisé pour les photos (ci-dessous) et un pique-nique de luxe, assis sur un banc et à une table en pierre de taille au milieu des carrières.

 

Gorges du Gardon 1: pas mon jour !

Trois mois avant le départ, il est temps de commencer l’entrainement. En fait, au départ, ce n’était pas ça du tout. C’était une gentille ballade, une douzaine de kilomètres au-dessus puis le long du Gardon, en amont de Collias (Gard). J’avais mon topo imprimé (Visorando) dans la poche. Quelle poche ? M… il est tombé. Je suis encore dans le village, je repars en marche arrière, et je le trouve, par terre, entre deux voitures. Je change de poche. Passées les dernières maisons, je grimpe dans la garrigue. Brûlée. Randonneurs ne fumez pas ! Et si vous ne pouvez vraiment pas, mais vraiment pas vous en passer, alors ne jetez pas vos mégots dans la nature. 140 pompiers et pas moins de 13 avions bombardiers d’eau avaient été mobilisés en août dernier pour éviter que ce feu n’atteigne le village. Et 30 hectares étaient partis en fumée. Heureusement que j’avais retrouvé le topo, très détaillé, parce que le balisage, sur les arbres brûlés, avait été totalement effacé sur quelques centaines de mètres. La randonnée serpente dans la garrigue, au-dessus des gorges, avant de descendre sur le Gardon. Il ne s’est pas passé une heure que je cherche le topo… plus de topo. Il a encore sauté de ma poche ! Le chemin est bien balisé (GR et PR) et j’ai suffisamment lu ce topo avant pour continuer tranquille. Je fais quand même un bon kilomètre pour rien dans un chemin qui part à gauche. Pas de balisage, ça ne doit pas être celui-là. J’arrive enfin à un carrefour, avec un panneau de randonnée qui m’indique “La Baume” à droite, à 1,1 km. Je sais que cette Baume est une ruine sur le Gardon, donc c’est tout bon. Quelques centaines de mètres plus loin, je rate une bifurcation, une petite entrée discrète dans le sous-bois, et je continue tout droit jusqu’à une vigne. Carrefour en T. Pas de balisage visible. C’est à droite ou à gauche? Je décide en faveur de la gauche… et je fais le tour de la vigne sans trouver de sortie. Près de deux kilomètres inutiles de plus au compteur. Revenant sur mes pas, je trouve le bon chemin. Grosse descente dans des cailloux, avec quelques passages un peu difficiles mais aménagés (grosses poignées en acier pour se tenir) et j’arrive enfin sur les berges du Gardon. Un bel endroit. Je me trouve un coin sympa pour le pique-nique là où il n’y a que des coins sympas pour le pique-nique. Et je repars. Je croise un couple qui arrive dans l’autre sens. On discute. Ils m’informent que le Gardon recouvre totalement le chemin à un endroit, et qu’ils ont du remonter, passer au-dessus de la falaise, pour pouvoir franchir l’obstacle. J’arrive bientôt à l’endroit. Pas moyen de passer, effectivement. Je repars en arrière, cherchant où monter pour éviter l’obstacle. La végétation est dense et la pente est forte, partout. Je fais un essai. Après une bonne bagarre, souvent à quatre pattes, contre ronces et salsepareilles, je me redresse pour me trouver devant une jolie falaise infranchissable et incontournable ! J’abandonne. Je redescends… pour refaire (presque) toute la randonnée en sens inverse. Mes 12 kilomètres se sont transformés en plus de vingt.

 

Gorges du gardon “1” parce que… je retourne faire la reconnaissance d’une randonnée plus en amont, sur le Gardon, vendredi prochain, randonnée que nous ferons avec tout le club deux jours plus tard, le dimanche 4 février. Un bel endroit, si si.

Tortues à l’infini, de John Green ****

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Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s’empare d’elle? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et vous aimerez Davis, fils d’un milliardaire mystérieusement disparu.
Un trio improbable qui va mener l’enquête, et trouver en chemin d’autres mystères et d’autres vérités…

Ça, c’est le résumé sur le site de Babelio.

AZA, SEIZE ANS, n’avait pas l’intention de tenter de résoudre l’énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l’enquête. Ensemble elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett: Davis. Ala essaie d’être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles. Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d’autres mystères et d’autres vérités, celle de la résilience, de l’amour et de l’amitié indéfectible.

Ça, c’est la quatrième de couv.

… et je découvre, la dernière page tournée, qu’il s’agit d’un livre pour ados, publié par Gallimard Jeunesse ! Dois-je plaider coupable ? C’est le premier livre de John Green que je lis, j’ai adoré, et puisque ceux qui connaissent bien cet auteur disent, en général, qu’il a fait mieux que celui-là, je vais chercher ce que notre réseau de médiathèque à d’autre à me proposer. C’est un bouquin que j’ai lu en deux jours, et jusque tard le soir, parce qu’on ne peux pas ne pas sympathiser avec l’héroïne, Aza, malgré sa névrose, et son amourette avec le fils de. Lui-même est un autre personnage attachant, pas du tout fils de riche (où ce qu’on s’en fait comme idée). Daisy et la mère d’Aza sont des personnages secondaires, moins bien dessinés. Un zeste de roman policier, avec “l’enquête” des filles sur la disparition du vilain Pickett père, et un zeste d’humour en plus, et on a un très bon roman, à lire avant de le confier à vos ados…

Seule contre la loi, de William Wilkie Collins ****

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Le lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, la jeune Valeria découvre qu’elle a épousé un homme dont le vrai nom est Macallan.
Cette découverte pique sa curiosité. Contre l’avis de tous, et bientôt en opposition violente avec tous ou presque, elle va s’employer, dans une angoissante solitude, à lever l’un après l’autre les masques supposés protéger une société (celle du meilleur monde) qui n’existe dirait-on que pour dissimuler ses propres turpitudes – assassinat, chantage, extorsion -, la Loi elle-même n’étant destinée, à fort peu près, qu’à fournir à cette société des alibis sur mesure. 
On comprend ici, comme jamais peut-être, les raisons de l’admiration conjointe de Borges et de Hitchcock pour Collins : l’enquête de l’intraitable Valeria (qui n’est elle-même qu’un alibi littéraire) est avant tout pour le lecteur l’occasion de s’égarer quatre cents pages durant dans un labyrinthe aux mille miroirs trompeurs.

Un policier écrit en … 1875 ! Surprenant, décoiffant, inclassable. Et inlachable surtout, jusqu’à la dernière page. Il faut se rappeler que Collins est un homme, que sa détective est une femme qui a toutes les qualités qu’une femme de son époque ne peut pas ou ne doit pas avoir, puisqu’on vous parle d’un temps où… la place des femmes était au salon ou à la cuisine, selon leurs origines et leur bonne ou mauvaise fortune. Pas étonnant que Collins soit considéré comme le père du roman policier anglais. Impressionnante lecture !

Agatha Raisin enquête: la quiche fatale, de M.C.Beaton ***

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Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.
Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Trouvé sur le site de Babelio:

Marion Gibbons, née McChesney, est écrivain depuis 1979.
Elle publie ses romances historiques sous le nom de Marion Chesney.
Elle a commencé à travailler comme libraire au département fiction de John Smith & Sons Ltd. Le Scottish Daily Mail lui propose à la même période d’écrire des critiques de théâtre : elle accepte et diversifie peu à peu ses articles pour eux.
Après son mariage avec Harry Scott Gibbons et la naissance de leur fils Charles, ils déménagent aux États-Unis pour la carrière de Harry. C’est là que Marion commence à écrire, se consacrant d’abord aux romances historiques, avant de s’intéresser à la littérature policière suite à un voyage dans le Sutherland qui lui inspirera le cadre des aventures de son héros Hamish Macbeth.
La famille reviendra ensuite s’installer à nouveau en Grande-Bretagne, déménageant dans le Sutherland, passant par Londres, avant de finalement s’établir dans les Cotswolds, où Marion créera le personnage d’Agatha Raisin.
Marion Chesney utilise le pseudonyme de M.C. Beaton pour signer ses romans policiers (les séries “Agatha Raisin” (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde) et “Hamish Macbeth”).
Ses romans de type romances sont quant à eux publiés sous les pseudonymes d’Ann Fairfax, Jennie Tremaine, Helen Crampton, Charlotte Ward et Sarah Chester.
son site : http://www.mcbeaton.com/uk/author/marionchesney

La dame a aujourd’hui 81 ans.

15 millions d’exemplaires d’Agatha Raisin vendus dans le monde !!! Et la première traduction française qui sort en 2016, celle du tome 1 d’une série qui en compte déjà 28 ! C’est presque comme d’imaginer qu’on découvre maintenant Agatha Christie en France… stupéfiant.

Agatha Raisin, c’est la comédie policière à l’anglaise. Du bon humour, second degré. Le petit village et ses habitants, bien caricaturaux. Même s’ils ne sont qu’à une heure et un peu plus de Londres. Le pub, les soirées entre dames, les ventes de charité, le sermon du pasteur, la voisine acariâtre, le bon bobby du village, etc. dans la campagne anglaise, les petits cottages et leurs jardins fleuris. Histoire sans prétention. Lecture hygiénique. Vite fait, bien fait, vite lu. Un bon moment.

Emprunté à la médiathèque de Saussines